Bonaventure Codjia, ancien arbitre international: « La vidéo en arbitrage ne va pas sans l’intime conviction de l’arbitre »

Par Christian HOUNONGBE,

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Arbitre international de football de 1994 à 2011, Bonaventure Coffi Codjia

Arbitre international de football de 1994 à 2011, Bonaventure Coffi Codjia a officié dans plusieurs compétitions de football à travers le monde entier. Actuellement instructeur Fifa, il a officié pendant deux éditions de Coupe du monde (2002 et 2006), la Coupe d’Asie des nations de football 2004 et surtout six coupes d’Afrique des nations (2002, 2004, 2006, 2008, 2010), apprécie l’assistance vidéo utilisée pour la première fois dans une Coupe du monde.

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La Nation : Comment appréciez-vous l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage ?

Bonaventure Codjia : Je pense c’est la première fois que la Fédération internationale de football association (Fifa) fait recours à l’Assistance vidéo à l’arbitrage (Ava) ou Vidéo assistants referee (Var) dans une compétition majeure de football. C’est une bonne chose car cela permettra de limiter les décisions erronées dans une rencontre de football. Chaque chose à son temps, nous n’avons pas eu cette chance mais nous saluons cette avancée dans l’arbitrage.

Quels sont les cas dans lesquels ont fait recours à cette technique ?

Il y quatre cas où le juge central peut recourir aux arbitres assistants : une situation de but marqué, un penalty, un carton rouge, l’identité d’un joueur fautif. Car, le rôle des arbitres assistants vidéo n’est pas de remettre en cause la décision de l’arbitre mais d’aider l’arbitre à déterminer si une infraction à même d’invalider un but s’est produite, de veiller à ce qu’aucune décision clairement incorrecte ne soit prise au moment d’accorder ou non un penalty, de veiller à ce que l’arbitre ne se trompe pas sur l’identité du joueur à avertir ou à exclure.
Cette nouvelle technique ne démystifie-t-elle pas l’arbitrage traditionnel ?

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Pas du tout. En réalité, l’assistance vidéo à l’arbitrage ne vient pas remplacer l’arbitre qui a le dernier mot. D’ailleurs, l’arbitre joue toujours un rôle principal de l’action litigieuse à la dernière décision en passant par le visionnage. C’est à l’arbitre central d’accepter l’information des arbitres assistants vidéo et à lui de prendre la décision appropriée, ou demander à visionner la séquence vidéo sur le bord du terrain avant de se prononcer. Ainsi, cette innovation ne va pas sans l’intime conviction de l’arbitre qui prend la dernière décision.

Quel jugement pouvez-vous porter après l’utilisation de cette technique pendant les deux premiers tours du Mondial russe ?

Je ne suis pas encore totalement satisfait. Nous avions besoin de la technique mais il faut davantage travailler avec les arbitres pour parfaire cette nouveauté. On peut faire confiance à cette technologie et surtout aux arbitres de la Coupe du monde qui prennent les décisions en respect des textes.

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Ne pensez-vous pas que cette technologie a plus pénalisé les équipes africaines ?
Non. Je pense qu’il faut qu’on évite ces genres de polémiques d’autant plus que l’assistance vidéo à l’arbitrage répond à des règles données. Il est toujours dit que l’arbitrage traditionnel ne favorisait pas les équipes africaines. Maintenant, il faut que tous les acteurs cherchent à maîtriser les règles pour ne pas porter des jugements de valeur sur ce qui se fait, bien qu’aucune œuvre humaine ne soit parfaite.

Qu’est-ce que cela vous fait de ne voir aucun arbitre béninois au Mondial après vous ?

(Rires). Je pense que chaque chose à son temps. En tant qu’instructeur Fifa, je souhaite voir de jeunes arbitres béninois dans les compétitions internationales. Il faut que les jeunes travaillent pour atteindre le haut niveau. Je reste convaincu qu’avec plus de travail, l’arbitrage béninois pourra être à la prochaine Coupe du monde?