Campagne agricole 2020-2021: 3,15 millions de tonnes d’ignames produites

Par Fulbert Adjimehossou,

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Ces deux dernières décennies, le Bénin a fait des progrès dans la production des racines et tubercules. La campagne 2020-2021 a donné 3 150 248 tonnes d’ignames. Néanmoins, des menaces climatiques et biotiques sont à suivre de près.

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Sans pour autant bousculer les rangs dans la sous-région, le Bénin marque des points. C’est ce que révèlent les données obtenues à la direction de la Statistique agricole du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep). La campagne 2020-2021 a donné 3,15 millions de tonnes d’ignames. Comparée à 20 ans en arrière, c’est-à-dire à la campagne 2000-2001 qui avait enregistré 1,74 millions de tonnes, c’est presque le double. Pour ce qui est du rendement, il est de 13, 76 tonnes à l’hectare contre 11,18 tonnes deux décennies plus tôt.
Le Borgou se positionne comme le bassin de cette denrée fêtée chaque année le 15 août à Savalou. La production y est de 1,32 million de tonnes. Le département des Collines en a produit 576 558 tonnes, l’Atacora 527 174 tonnes, la Donga
339 601 tonnes, le Zou 193 114 tonnes et l’Alibori 133 625 tonnes. La production est faible dans les départements du Sud du Bénin et quasiment rare dans l’Atlantique-Littoral. « Le Sud n’est vraiment pas propice à cette culture. Ce n’est pas les mêmes conditions qui prévalent dans les zones agro-écologiques», souligne Dr Alban Etchiha, chercheur au Laboratoire de Biotechnologies, Ressources génétiques et Amélioration des espèces animales et végétales (Biorave).
En ce qui concerne la superficie cultivée, elle est de 228 998 ha pour la campagne 2020-2021. Deux décennies plus tôt, l’espace sollicité tournait autour de 160 000 ha. « L’igname est une culture exigeante en fertilité des sols. Le rendement en dépend. Ce qui fait que les producteurs sont souvent à la recherche de sols fertiles en détruisant les forêts », explique Dr Alban Etchiha.

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Des menaces à prendre en compte

Les données de la campagne 2021-2022 ne sont pas encore disponibles. Les récoltes ne font que commencer. Cependant, si la campagne 2020-2021 a donné 3,15 millions de tonnes, les deux précédentes avaient été plus productives, soit 3,36 millions de tonnes pour 2019-2020 et 3,35 millions de tonnes pour 2018-2019. En réalité, plusieurs contraintes entrent en jeu. Selon des études, il s’agit de la baisse de fertilité des sols, des variabilités climatiques, du manque de cultivars performants. « Il faut trouver des variétés résistantes et adaptées à chaque zone. Pour ce qui concerne les vagues de sécheresse, on préconise que la production des variétés plus sensibles à la chaleur soit déplacée vers les plaines inondables dans de grosses buttes, avec un lit de semis en profondeur pour protéger les semenceaux. Il est aussi préconisé de mettre des pailles pour conserver un peu l’humidité dans les buttes. Par rapport à la fertilité des sols, une association de la culture d’igname avec les plantes légumineuses est souhaitée », recommande le chercheur.
ll y a aussi les ravageurs dont les nématodes viennent en rajouter au stress des producteurs. Le Laboko, une variété très prisée à cause de ses qualités organoleptiques y est très sensible. « Certains producteurs pensent que l’attaque des nématodes est liée à un mauvais sort alors que ce sont des vers qui restent dans le sol et provoquent des dégâts. Il y a plusieurs nématodes qui attaquent l’igname. Le plus abondant au Bénin cause la pourriture sèche. Elle se manifeste par des taches jaunes, brunes ou noires qu’on remarque en pelant l’igname. Mais il y a un autre nématode qui cause des boutons un peu partout sur les tubercules, les rendant assez vilains avec une dépréciation de leur valeur marchande », précise Dr Alban Etchiha.
Des efforts restent à faire pour bousculer le classement dans la sous-région, surtout avec le Nigeria qui totalise 70% de la production mondiale.

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