Campagne contre les violences basées sur le genre: Plaidoyer en faveur d’un monde sain pour les femmes

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Convergence autour des efforts à fournir pour briser la chaîne de violences à l’égard des femmes. Le Bénin et ses partenaires n’entendent pas s’avouer vaincus. A l’occasion de la campagne « Seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre », les acteurs appellent le monde à plus de retenue.
« Exiger le respect, dénoncer les contrevenants, agir ensemble pour faire reculer les violences, cela doit nous préoccuper », exhorte Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance.
Pour elle, le combat réside dans les dénonciations. « Pour atteindre les cibles des Odd, il est important de briser la chaîne du silence et de l’impunité. L’audace de l’action, c’est ce que traduit la loi 2021 du 20 décembre 2021 portant dispositions spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe des personnes et de protection de la femme en République du Bénin prise par le gouvernement pour criminaliser certaines infractions comme les viols sur mineures, les enlèvements, le harcèlement commis sur un apprenant par un enseignant, le mariage forcé et précoce », précise-t-elle.
Pour rompre le cercle vicieux des violences, Claudine Prudencio, présidente de l’Institut national de la femme, renvoie chacun à sa conscience. « Je voudrais que l’édition 2022 des 16 jours d’activisme contre les Vbg soit l’occasion pour chacun et chacune d’entre nous d’entrer en dialogue intérieur avec soi-même, pour clamer d’une voix silencieuse mais audible: ‘’même la plus insignifiante Vbg ne passera pas par moi’’», souhaite-t-elle.
Cette motivation des acteurs tient de certaines réalités désastreuses. « Les réseaux sociaux sont devenus à la fois des dépotoirs d’histoires horribles et peut-être également des exutoires pour les consciences. Battues à mort, femmes et filles violées, mariages précoces et forcés, harcèlement, privatisation, stigmatisation y sont encore exposés quotidiennement parfois dans la plus simple banalité », se désole Véronique Tognifodé.
Au-delà des situations ventilées sur internet, les Vbg handicapent le développement. « Les violences compromettent l’atteinte des objectifs de développement mis en place par l’Etat, notamment le développement d’un capital humain, sain, compétitif et l’accroissement durable de la productivité et de la compétitivité de l’économie béninoise », fait-elle remarquer.

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Complicité

L’Inf, dispositif témoin de l’engagement du gouvernement pour promouvoir l’émancipation de la femme, vit ce phénomène avec beaucoup de peines. « Il s’agit en réalité d’une gigantesque plaie qui enlève à notre humanité commune ce qu’elle a de plus humain…Les Vbg déshumanisent progressivement notre monde sous nos regards le plus souvent inconsciemment approbateurs, parfois délibérément complices et quelques rares fois timidement réprobateurs », analyse Claudine Prudencio.
Si le Bénin aborde la question avec sérieux, les efforts du gouvernement semblent encore insuffisants pour décourager les auteurs. « Malgré les actions mises en œuvre, notamment l’élaboration et la dissémination des procédures standardisées, la création dans les centres de promotion sociale des services d’écoute et d’accompagnement psychosocial, la création des centres intégrés de prise en charge des victimes et des survivantes de violences basées sur le genre, il n’y a pas une tendance à la baisse des cas de violation des droits des femmes et des filles », se désole Véronique Tognifodé.
De leur côté, les hommes sont bien au parfum des agissements qui exacerbent les violences.
« L’une des violations des droits humains les plus répandues et dévastatrices, les Vbg demeurent moins signalées en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui les entourent », relève Romain Ahouandjinou, représentant du maire de Cotonou.
La présente campagne se veut donc celle du mouvement et de l’optimisme en faveur de la situation des femmes. Durant 16 jours, « nous allons oranger notre environnement pour attirer l’attention sur la nécessité d’un monde sans Vbg. Cette campagne prendra fin au bout de nos efforts, le 10 décembre 2022 (Journée internationale des droits de l’Homme). Elle est une occasion d’œuvrer à la promotion des droits humains des femmes et des filles. La campagne repose sur des valeurs féministes des principes des droits de l’Homme et la certitude qu’il est possible de vivre dans un monde à l’abri des violences », soutient Richmond Tiémoko, représentant résident de l’Unfpa.