Cantines scolaires dans l’Atacora : l’accès au repas chaud assuré dans 632 écoles

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Cantique scolaire Atacora Benin

La rentrée scolaire 2021-2022 est bien partie dans les écoles pourvues de cantine du département de l’Atacora. Les apprenants ont repris avec le repas chaud dans les 632 écoles bénéficiaires de ce programme du gouvernement.

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Le repas chaud est servi aux apprenants des écoles bénéficiaires des cantines scolaires du département de l’Atacora. Au nombre de 632, selon Chabi Abraham, chef service de l’alimentation scolaire (Csas) à la direction départementale des Enseignements maternel et primaire de l’Atacora, les cantines de ces écoles sont opérationnelles depuis lundi 20 septembre dernier, toutes les écoles ayant réceptionné leurs lots de vivres. « Dans les différentes écoles bénéficiaires des cantines scolaires de l’Atacora, la cuisine a démarré dès le premier jour de la rentrée »,
confie-t-il. Les parents, selon ses dires, ont compris les enjeux de l’initiative du gouvernement et se mobilisent pour soutenir le programme.
Pour atteindre les objectifs, rappelle le chef service de l’alimentation scolaire, différentes initiatives ont été prises avec diverses fortunes.

« La participation des parents en termes de vivres à préparer aux enfants à dix heures n’a pas pris à 100 %. Il y a eu les jardins scolaires qui n’ont pas pris non plus, alors que si les parents se donnaient à fond, les cantines scolaires auront un succès », a déploré Chabi Abraham.

La sensibilisation des parents d’élèves et du comité de gestion des cantines s’intensifie pour la bonne marche de l’initiative. Un retour positif découle du programme dans les écoles, d’après le Csas, témoin d’un fait à Kounadorgou dans la commune de Natitingou. Il rapporte qu’une élève souffrante refuse de rentrer à la maison sous prétexte que ses parents sont au champ et qu’elle préfère attendre pour prendre le repas de midi avant de partir. Ce fait, raconte Chabi Abraham, témoigne de l’importance des cantines scolaires. C’est pour cette raison qu’il félicite le chef de l’État qu’il exhorte à en faire davantage. Aussi, invite-t-il les parents d’élèves à soutenir le gouvernement en cultivant les jardins et les champs scolaires.

« L’appui des parents ne doit pas seulement être en argent, même si c’est le piment, des ignames, un coq… qu’ils donnent, le comité de gestion des cantines fera en sorte que les enfants puissent manger », a expliqué Chabi Abraham.

Epp Tagayè, un modèle dans l’Atacora

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L’école primaire publique de Tagayè est citée en exemple en matière de gestion des cantines scolaires dans l’Atacora. Située à environ quinze kilomètres de la ville de Natitingou, l’école est dirigée par Ayédjo Félix Kobi qui y a passé onze années déjà. Pour la rentrée 2020-2021, 172 élèves dont 86 filles et autant de garçons ont fréquenté cette école. Pour 2021-2022, 180 écoliers dont 86 garçons et 94 filles sont inscrits. « Pour la bonne marche de toute chose, il ne faut pas être seul à gérer, ce qui a fait que la communauté s’est bien organisée pour nous aider dans la gestion de la cantine scolaire », indique le directeur de l’Epp Tagayè. L’organisation consiste en la mise en place d’un bureau de cantine scolaire actif qui fait bien son travail, selon ses explications. Le dévouement du président du bureau de l’Association des parents d’élèves (Ape) est aussi un atout qui favorise les choses au niveau de l’Epp Tagayè.
Félix Kobi fait savoir que ledit bureau est responsable de la gestion de la cantine qui est la chose de la communauté.

« Je leur ai donné la pleine responsabilité de gérer la chose. Pour les organisations pratiques, c’est le bureau qui s’est mobilisé pour recevoir les cantines. Chaque fois que les vivres descendent, le président de l’Ape et le comité de cantine font la réception des vivres. Quant à moi, je suis administratif, je m’occupe comme il le faut des cahiers de gestion et je veille sur ce que fait le maître chargé de la cantine »,confie le directeur Kobi.

Les cuisinières sont désignées parmi les femmes des cinq quartiers qui fréquentent l’école de Tagayè. « Les femmes s’entendent par quartier pour désigner deux dames pour passer une semaine de cuisine à l’école. Cette organisation a été très tôt faite et déjà le lundi 20 septembre, la cantine est fonctionnelle. Au 30 septembre, 653 plats ont été servis aux garçons et 734 aux filles, soit un total de 1387 plats servis au cours des deux semaines de rentrée.

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Reconnaissance et défis à relever

« Ces parents accompagnent le gouvernement par les efforts qu’ils font dans les champs et à chaque fin de récolte, ils ont leur contribution. Le statut d’école modèle dont jouit l’école de Tagayè, c’est vraiment à leur actif. (…) Leur disponibilité est un atout pour la réussite du projet du gouvernement », soutient le directeur de l’Epp Tagayè. À partir de cette cantine, poursuit-il, la fréquentation des enfants s’est beaucoup améliorée, chaque enfant qui sait qu’il a à manger à l’école est motivé à venir tous les jours. La prise de repas à la cantine de l’école se fait moyennant 100 francs par mois, une somme imposée juste pour moudre le maïs. L’école dispose pour son stock, du maïs, du riz, de haricot, de pois jaune, d’huile et de sel. Le jardin scolaire n’étant pas prêt, les parents participent en donnant des gousses de gombo, de la tomate, du piment et autres pour assaisonner la sauce qui accompagne soit la pâte, soit le riz selon la programmation hebdomadaire. Soulé Inoussa, instituteur, chargé de la nutrition et de l’alimentation scolaire, précise que les enfants mangent du riz les lundis, mercredis et vendredis, la pâte les mardis et jeudis. « Les cuisinières servent le repas après avoir enregistré le nombre d’enfants qui doivent être nourris dans la journée. On leur remet les bols dans lesquels elles mettent les repas servis à partir de 12 h aux enfants du Ci, du Cp…
Avant de prendre leurs plats, les enfants se lavent les mains à l’eau et au savon sous la supervision d’un adulte. Pour l’instituteur Soulé Inoussa, le gouvernement a bien pensé la reprise des cantines scolaires.

« Cette initiative du gouver-nement de reprendre avec la cantine scolaire a un impact positif surtout sur les enfants du Ci, même ceux qui n’ont pas l’âge de se scolariser viennent s’inscrire. C’est une bonne initiative, mais nous rencontrons un peu de difficultés au niveau de la mouture du maïs », confie-t-il.

Par exemple à Tagayè, par rapport à l’effectif, un sac et demi de maïs est moulu par semaine, ce qui fait 5000 f alors que les parents ne trouvent pas souvent les sous pour couvrir les frais de cantine. Toutes choses qui amènent le bureau Ape à se demener.

« Si on peut nous trouver un moulin pour moudre les vivres de la cantine, cela nous aiderait beaucoup. Cela pourrait aussi servir à moudre les céréales aux paysans, pour faire de l’économie afin de faire face aux différentes charges »,
a suggéré l’instituteur chargé des cantines scolaires.

C’est un défi qui doit être relevé, pour satisfaire au mieux les apprenants.

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