Cantines scolaires: En attendant la prise en compte des cours maternels

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Cantines scolaires: En attendant la prise en compte des cours maternels


Estimés, pour le compte de cette nouvelle année scolaire, à  183 234, dont 122 258 inscrits dans les écoles publiques, les enfants des cours maternels n’ont pas encore droit aux repas dans les cantines scolaires. Cette catégorie d’apprenants n’est pas prise en compte dans le Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi), cadre contractuel de relance des activités des cantines.

LIRE AUSSI:  Aménagement de la berge lagunaire de Dantokpa: Une transformation spectaculaire

La réouverture des cantines scolaires depuis le lundi 16 septembre dernier, jour de la rentrée est une exigence du gouvernement. Et les apprenants des écoles qui en sont dotées prennent effectivement à midi, leur repas. Ils étaient en tout, 181 écoliers de Epp de Djèhadji à se restaurer avant la reprise des enseignements dans l’après-midi.
Sur le même site de Djèhadji, cohabitent pourtant les enfants des cours maternels qui n’ont pas eu droit au repas. Ils n’ont jamais été d’ailleurs impactés  depuis la relance des cantines scolaires. Leur sort jusqu’à la présente rentrée se résume à regarder, de loin, leurs aînés en train de manger. La situation qui prévaut à Djèhadji n’est, en fait, qu’une illustration de la non-intégration des cours maternels dans le contrat liant l’Etat du Bénin au Programme alimentaire mondial (Pam), bras opérationnel du Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi). Cette situation nécessite une intervention au sommet de l’Etat. Bernard N’Kounou, directeur de l’Epp de Djèhadji, l’a rappelée au ministre Salimane Karimou en charge des Enseignements maternel et primaire en présence des représentants du Pam. C’était au cours de la visite de constat de l’effectivité de la reprise des classes, le lundi dernier. « Les provisions de vivres constituées dans le cadre de la cantine scolaire sont absolument destinées aux effectifs des six groupes pédagogiques du cours primaire et, c’est l’âme en peine que nous assistons à l’exclusion des bouts de chou de l’école maternelle», expose-t-il. A l’en croire, aucune marge de manœuvre ne se dégage en l’état actuel. Du maïs, du riz, du sel et du haricot sont les produits mis en place proportionnellement aux effectifs des écoles primaires. «En prenant le risque d’intéresser les enfants de la maternelle, sans une réévaluation officielle des conditions actuelles, les produits s’épuiseront plus tôt que la période à couvrir et, on ne pourra non plus se justifier devant les organes de contrôle », développe-t-il à son autorité de tutelle. Des enseignants ont déjà été épinglés pour avoir pris ce risque, donner à manger aux enfants de la maternelle avec les provisions destinées au cours primaire. Vu l’ambiance de méfiance,  et si rien n’est fait pour corriger la situation actuelle, aucun des
183 234 enfants de la maternelle, ou du moins aucun des 122 258 inscrits dans le secteur public, n’aura, cette fois-ci encore, droit au repas durant l’année scolaire.
En réponse, le ministre gage que des réflexions sont en cours et que la piste d’un avenant avec le partenaire Pam ne serait pas exclue. Aussi, souhaite-t-il que d’autres partenaires viennent en aide au gouvernement et apportent leur soutien au Pnasi, programme des cantines scolaires dont les effets relatifs au maintien des enfants à l’école et à l’amélioration des résultats scolaires sont probants.

LIRE AUSSI:  Chasse traditionnelle dans la Réserve de biosphère de la Pendjari : « Il y a une pression sur la biodiversité faunique », dixit Dr Daniel Sika Chabi Boni