Carte Postale / Trésor royal restitué : La calebasse au rôle inconnu

Par Ariel GBAGUIDI,

  Rubrique(s): Culture |   Commentaires: Commentaires fermés sur Carte Postale / Trésor royal restitué : La calebasse au rôle inconnu

Carte Postale / Trésor royal restitué La calebasse au rôle inconnuLa calebasse à couvercle

C’est une œuvre qui illustre une fois encore la qualité de l’art du Danxômè. Une calebasse à couvercle totalement gravée de figures géométriques et de dessins comme par exemple sur le couvercle où l’on voit sculptée une sorte de lézard ou margouillat, entre autres.

LIRE AUSSI:  Fitheb 2016/Echanges entre acteurs : Vivement que renaisse le théâtre dans les écoles !

«Ici nous avons une calebasse gravée. Dans d’autres groupes socioculturels, vous avez la biogravure. Lorsque vous allez chez les peuls, c’est aussi un groupe socioculturel dans lequel vous retrouvez l’art de graver sur la calebasse. Et donc, cela montre la dimension très ouverte de l’art du Danxômè sur tous les groupes socioculturels que le peuple du Danxômè a eu à côtoyer », explique Calixte C. B. Biah, conservateur du musée d’histoire de Ouidah et l’un des acteurs clés du rapatriement des 26 trésors royaux à Cotonou et de leur exposition au palais de la Marina.
Cette calebasse était-elle un ustensile de cuisine ou une calebasse rituelle ? Difficile de le dire, selon le conservateur du musée d’histoire de Ouidah, mais toujours est-il que la calebasse était abondamment utilisée à des fins diverses dans le royaume du Danxômè. «Comme dans d’autres milieux culturels de notre pays, il y avait des ustensiles domestiques et cultuels. La poterie et la calebasse ont été utilisées abondamment comme ustensiles de ménage et de culte. Surtout dans la monarchie du Danxômè, la calebasse était utilisée comme crachoir du roi. Lorsque le roi se déplace, il y a toujours une reine à côté pour lui tenir ce crachoir et lorsque qu’il se racle la gorge, il ne crachait pas par terre. Il crachait dans cette calebasse. Est-ce donc l’une de ces calebasses utilisées à cette époque ou était-ce une calebasse ordinaire utilisée pour des besoins culinaires? Je ne saurais vraiment le dire », affirme Calixte C. B. Biah. Néanmoins, ajoute-t-il, d’aucuns pensent, s’agissant des figures géométriques, que ce sont des signes de fâ ou des codes qui y ont été sculptés. D’autres estiment que les motifs sculptés sur la calebasse permettent de transmettre des messages souvent amoureux au destinataire de ladite calebasse. L’œuvre exposée au palais de la Marina fait aussi partie des butins de guerre du général Alfred Dodds, restitués par la France.

LIRE AUSSI:  Salon international de la musique africaine 2015 : Cinq jours de célébration des musiques africaines à Cotonou