Célébration de la reine-mère du roi Glèlè: Nan Zognidi, un trait d’union entre Fon, Mahi, Nagot et Yoruba

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Les manifestations commémoratives en l’honneur de Nan Zognidi, l’une des épouses du roi Guézo et mère du roi Glèlè, se sont poursuivies le week-end écoulé à Abomey pour mieux faire connaître cette reine-mère aux générations actuelle et future.

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Vernissage au palais Sèdéssa, messe d’actions de grâce à la cathédrale Saints Pierre et Paul d’Abomey et une conférence publique à la maison des jeunes de Goho. Tel a été le programme des activités qui se sont déroulées, le week-end dernier, dans le cadre des hommages à la reine-mère du roi Glèlè, Kpodjito Nan Zognidi, dont le but est de rappeler aux générations actuelle future et la place qu’elle a occupée dans l’histoire d’Abomey.
Mahi originaire de Kétou, Nan Zognidi symbolise un trait d’union entre les peuples Fon, Mahi, Nagot et Yoruba divisés par l’histoire. Un hommage qui témoigne du désir de rassemblement de toutes les collectivités de la grande famille royale ainsi que « le rapprochement des peuples Mahi, Yoruba ou Nagot et Fon ».
Selon les témoignages de la lignée des Djêto, Agoï – de son vrai nom – devenue Nan Zognidi, était de teint clair, d’une beauté pure, silhouette fine, captivante, et éblouissante. Elle était de l’ethnie Mahi d’Agonlin-Wogoudo, situé à une douzaine de kilomètres de Kétou. Trois cicatrices raciales sur chaque joue. Repérée par les « agents de renseignement » du royaume du Danxomè, elle fut enlevée et ramenée au Danxomè, puis donnée comme épouse au prince Alavo, enfant du roi Agonglo entre 1789 et 1797. Le prince Alavo décède peu après sans avoir eu de progéniture avec elle. Saisissant rapidement cette occasion en or, le prince Gakpé, futur roi Guézo, la récupéra par lévirat et épousa « l’innocente esclave ». Les deux quittèrent Agbomey pour se retrouver entre Ouidah et Agbodrafo au Togo avec le soutien de Don Félix Francisco de Souza. C’est au cours de cette aventure avec le prince qui deviendra le roi Guézo en 1818 qu’elle prit le nom de Francesca.
Au cours des différentes manifestions, les professeurs Albert Tingbé-Azalou, Jérôme Alladayé, Amélie Dégbèlo, Rachida Ayari de Souza et bien d’autres ont rappelé abondamment le rôle joué par cette reine-mère dans l’intégration de ces peuples. Nan Zognidi, comme dans un conte de fée, a été et reste « une figure de proue dans le royaume de Danxomè, qui a aidé ses frères et sœurs Djêto qui étaient dans la misère, dans la pauvreté, dans l’esclavage et qui vivaient l’humiliation. Nan Zognidi, a été l’une des meilleures femmes, auprès de son époux et de son fils, à défendre les communautés Mahi, Yoruba, Brésilienne, Nagot et Fon dans le Danxomè ».
Ayant aussi subi au cours de cette vie de palais les affres de la polygamie, Nan Zognidi s’est bien résignée. Avait-elle été heureuse ou malheureuse avec son époux de roi ? Une chose est certaine, elle n’était pas heureuse au milieu de ces coépouses, renseigne l’Histoire. Elle a bien souffert des angoisses du ménage à plusieurs bien qu’étant la première. Elle meurt en 1857 à l’âge de 81 ans et fut enterrée à Canan.
Il est à noter que plusieurs personnalités concernées par l’évènement ont choisi de boycotter les manifestations de ce week-end à Abomey parce que déçues par certains des récits véhiculés à travers le livre « Une Reine, Trois rois, un Destin » de Toussaint C. Ahomagnon publié pour la circonstance. Ils ont préféré traduire leur mécontentement par le boycott. Un acte déploré par d’autres qui estiment que les mécontents auraient pu être présents pour faire le débat?

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