Centre de traitement des épidémies d’Allada: Un an après

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Hopital de la zone Allada

Environ douze mois déjà que le personnel sanitaire du Centre de traitement des épidémies (Cte) d’Allada est au front dans le cadre de la riposte à la Covid-19 au Bénin. Depuis un an donc, il côtoie la mort dans le souci de sauver les personnes atteintes.

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Le personnel sanitaire du Centre de traitement des épidémies (Cte) d’Allada revient de loin. Réquisitionné depuis un an dans le cadre de la prise en charge des cas de Covid-19 au Bénin, le corps médical ainsi que le site qui l’abrite sont le témoignage vivant du parcours des différentes victimes de la pandémie.
Un an après son déploiement pour la cause, le personnel soignant porte encore dans son cœur le poids d’une maladie qui a fait beaucoup de victimes dans le monde entier. Toutefois, le nombre de vies sauvées en douze mois est un motif de soulagement et d’espoir pour les femmes et hommes en blouse blanche assignés dans les quatre murs de l’hôpital, afin d’assurer la prise en charge des malades. Au bout d’une année, les gros nuages qui obscurcissaient le ciel du médecin coordonnateur du Cte, Rodrigue Grace Aho-Glèlè et ses collaborateurs commencent par se dissiper.
« Même s’il y a des décès, beaucoup de vies ont été sauvées. Après un an, les résultats que nous avons obtenus, la douleur que nous avons connue avec les cas de décès, mais aussi la joie que nous avons partagée avec les patients guéris et sortis de l’hôpital sont les raisons qui ont motivé la messe d’action de grâce que nous avons organisée dimanche 23 mai dernier, afin de remercier l’Eternel pour sa miséricorde et ses bienfaits en notre faveur », souligne-t-il.
Le calme qui règne en ces lieux depuis le démarrage de la prise en charge des cas de Covid-19 en mai 2020, porte son écho au visiteur qui franchit le seuil de l’hôpital. C’est dans cette atmosphère vidée de tout tintamarre qu’exerce le personnel soignant. Chaque cas guéri est un grand soulagement et un motif de fierté. Quelques agents de santé y ont laissé aussi leur peau.
« Malgré le fait que nous sommes désolés pour les cas de décès, nous sommes satisfaits d’avoir contribué à permettre à notre pays de se positionner aujourd’hui comme l’un des pays les plus sûrs en matière de riposte à la Covid-19. En un an de travail sans relâche dans ce contexte de pandémie bien qu’ayant enregistré quelques cas dans le rang du personnel, Dieu nous a fait grâce et nous lui rendons grâce », dit-il.

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Reconnaissances

Les premiers patients de Covid-19 ont été officiellement admis dans l’hôpital le 19 mai 2020. A l’instar du corps médical, les patients guéris expriment tant leur reconnaissance à l’Eternel que leur admiration au personnel sanitaire.
Bruno Hounkonnou, père célébrant de la messe d’action de grâce, est un témoignage vivant de la maladie à coronavirus. Il a frôlé le pire. « Je suis passé dans cet hôpital et je crois en toute sincérité que tout le personnel sanitaire est sous l’autorité de la sainteté. Ce qui m’a le plus interpellé dans ma chair de serviteur de malade, c’est la promptitude du personnel sanitaire », témoigne-t-il.
Désormais sauvés de la
Covid-19, les survivants se positionnent comme des messagers à l’endroit des incrédules : « Quand on est passé par le Cte, on a eu des difficultés respiratoires, on a été mis sous oxygène, on ne peut oser dire que la Covid-19 n’existe pas. La maladie est réelle et grave. Le dépistage précoce permet la prise en charge adéquate ».
Très tôt, le gouvernement a misé sur cette approche afin de maîtriser le mal. La stratégie a été concluante. Emmanuel Kokouvi, directeur départemental de la Santé de l’Atlantique-Littoral, salue la vision des autorités au plus haut niveau ainsi que les efforts consentis par le personnel du Cte. « Le travail qui a été fait dans ce centre est difficile à décrire. Le personnel a sacrifié sa vie à chaque minute sans jamais baisser les bras », précise-t-il.
L’installation du Centre de traitement des épidémies (Cte) fait partie des principales mesures mises en place par le gouvernement aux premières heures de la contamination au Bénin afin de circonscrire le mal. L’historique de sa mise en place renseigne sur le chemin parcouru.
« Le 1er avril 2020, une délégation avec à sa tête, le ministre de la Santé, s’est rendue sur le site de l’hôpital de zone d’Allada pour la mise en place du Cte. En 28 jours, les diligences nécessaires ont été faites et les dispositions adéquates prises pour que les activités démarrent effectivement, soit le 28 avril 2020. Plusieurs formations et simulations ont été organisées à l’endroit du personnel depuis ce jour afin de le préparer à bien gérer la pandémie et bien prendre en charge les patients », raconte Rodrigue Grace Aho-Glèlè.
Aujourd’hui, le Bénin se remet mieux de la pandémie avec une stabilisation des cas. « Le Bénin a enregistré son premier cas le 16 mars 2020. A la date du 17 mai 2021, il a enregistré 8 025 cas dont 101 décès, 7 893 personnes guéries et 1 352 hospitalisée ou en cours de suivi de traitement pour avoir développé une forme grave ou simple de la maladie », relève Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé. Les départements les plus touchés sont le Littoral, l’Atlantique, l’Ouémé et le Borgou.

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Fière chandelle

Dans le cadre de la lutte contre la maladie, le pays a mis en place un paquet complet d’intervention: du transport des cas de Covid vers les centres de traitement, à la prise en charge des cas graves qui nécessitent beaucoup de moyens pour la réanimation. Les patients au Cte sont positivement marqués par les visites de routine du ministre de la Santé, qui effectue la ronde permanente pour doper sa troupe ainsi que les malades.
Le personnel soignant du Cte d’Allada lui décerne une fière chandelle pour la constance de ses efforts. « Nous saluons le leadership du ministre de la Santé, qui n’a jamais manqué d’être à nos côtés, depuis la mise en place de ce centre jusqu’à ce jour. Nous saluons sa promptitude et la facilité avec laquelle nous avons une réponse aux diverses sollicitations, inquiétudes et situations à lui exposées, notamment la disponibilité d’oxygène, d’équipements de dernière génération, de consommables médicaux, de restauration, hébergement, et de transport du personnel comme des malades », salue Rodrigue Grace Aho-Glèlè.
Le défi pour le personnel sanitaire est de maintenir l’élan observé jusque-là tout en accentuant la sensibilisation.
Il affûte ses armes d’ores et déjà afin de faire face à d’éventuelles nouvelles vagues. « Nous voulons continuer à faire du Bénin, un pays sain en matière de lutte contre la Covid. Les cas ne manqueront pas. Mais nous allons continuer à nous préparer afin de gérer au mieux toute autre vague», rassure-t-il.
Au charbon depuis un an, le personnel sanitaire du Cte ne s’est point épuisé. Un regard bienveillant de la nation lui apportera sûrement du baume au cœur. «Le centre d’Allada est l’un des plus performants en matière de matériel, de produits de consommation et du personnel. Nous souhaiterions que l’Etat continue à sensibiliser pour que la nation tout entière puisse savoir le travail qui se fait », exhorte-t-il.

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