Cérémonie de Ganmèvo Fifon au palais de Djimè à Abomey: le nouveau roi Béhanzin honore ses ancêtres

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Cérémonie de Ganmèvo Fifon au palais de Djimè à AbomeyInstant solennels au palais de djimè à Abomey

 

Après onze années de crise, la cour royale des Béhanzin à Djimè a fini par désigner le nouvel occupant du trône, à savoir sa majesté Dada Dèwènondé Gbêhanzin installé le 28 février dernier. Conformément à la tradition, le nouveau roi organise du lundi 23 au vendredi 27 mai, la cérémonie dite « Ganmèvo Fifon ». Une cérémonie d’hommage aux ancêtres qu’imposent les traditions royales à Abomey. Elle est faite essentiellement d’offrandes aux ancêtres, de libations, de chants et danses.

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Le palais de Djimè vit à nouveau depuis février dernier. Il n’y a pas de jour où les familles princières ne passent faire allégeance au nouveau roi. Et cette semaine est bien spéciale pour ce palais. Il grouille de monde de gens venus d’un peu partout prendre part à la cérémonie d’hommage aux ancêtres.
Pendant cinq jours, la cérémonie dite « Ganmèvo Fifon » mobilise les filles et fils de la lignée royale Bèhanzin de Djimè autour de leur roi, de même que les autres lignées alliées et amies de la dynastie royale Houégbadja de Danxomè.

Selon Daah Sêlidji Agodéka Béhanzin, secrétaire général du palais de Djimè, la cérémonie « Ganmèvo Fifon » vise essentiellement à communier avec les ancêtres, les anciens occupants du trône et tous les défunts de la collectivité. C’est un moment sacré de communion entre le monde invisible et le monde des vivants. Cette cérémonie permet aussi de purifier le palais en vue d’attirer l’abondance, la paix, l’harmonie et le bonheur sur tout le royaume au cours du règne du nouveau roi.
A en croire ses propos, ce n’est qu’après cette cérémonie que le nouveau roi de Djimè, sa majesté Déwènondé Gbêhanzin pourra entrer dans la plénitude de ses prérogatives royales et chercher à conquérir dans les jours à venir le trône de Houégbadja. Plusieurs temps forts marquent la cérémonie de « Ganmèvo Fifon ».
Il s’agit des libations au cours desquelles des dizaines de bœufs, de moutons et de volaille sont immolés sur des autels des ancêtres avec des repas spirituels constitués de haricot et d’autres mets traditionnels, le tout arrosé par des boissons. Occasion pour les dignitaires de faire des prières, des sacrifices et donner à manger aux divinités et surtout aux mânes des ancêtres.

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Communion entre vivants et morts

La deuxième étape est consacrée à « Wohon » au cours duquel des chants des danses spéciaux sont exécutés et des louanges et panégyriques claniques déclamés en hommage aux anciens rois et chefs de collectivités décédés.
Après, les femmes dignitaires appelées Dada prennent place pour une animation culturelle et cultuelle.
Autre tableau, les lignées royales alliées à Djimè contribuent à l’organisation en apportant des repas, des biens en nature et en numéraire pour accompagner Dada Dèwènondé. Des instants pour savourer les différents tableaux du défilé des dames des différentes collectivités. Tour à tour, les délégations de Gnimavoh, de Adandédjan et de bien d’autres lignées venues faire allégeance à Djimè, se font distinguer par les présents pour donner une touche particulière à la fête. Une véritable communion entre les morts et les vivants au regard du monde qui s’est mobilisé autour de Sa Majesté Dèwènondé Gbêhanzin.
A chacune des étapes, les différents groupes, à travers libations, chants et danses se remémorent la bravoure de leur aïeul Gbêhanzin, roi du Danxomè de 1889 à 1894.