Changement climatique et migration: Les avertissements de la Banque mondiale

Par Fulbert Adjimehossou,

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Changement climatique


Elle va s’accentuer, la crise des migrations, avec l’aide cette fois-ci des caprices du climat. Les projections faites par la Banque mondiale dévoilent des chiffres inquiétants. D’ici à 2050, pas moins de 216 millions de personnes pourraient être des migrants climatiques internes dans l’ensemble des six régions couvertes par la Banque mondiale. Ce chiffre représente quasiment 3 % de la population totale prévue dans ces régions. Assez fragile, l’Afrique subsaharienne pourrait enregistrer pas moins de 85,7 millions de migrants climatiques internes soit 4,2 % de la population totale. Ailleurs, comme dans le Nord de l’Afrique, les estimations indiquent 9 % de la population totale.
Les effets ne sont plus trop loin. Les résultats de la modélisation montrent des schémas spatiaux d’immigration et d’émigration climatique à l’intérieur de chaque pays et de chaque région, notamment des foyers qui apparaissent dès 2030. Pis, ils vont s’intensifier d’ici 2050. Ces prévisions sont presque des avertissements quand on sait que déjà, sous la pression de dame nature, les populations sont à la conquête de nouveaux espaces de subsistance. « Les problèmes liés au climat tels que la pénurie d’eau, la baisse de la productivité des cultures et l’élévation du niveau de la mer jouent un rôle dans cette migration. Même les endroits qui pourraient devenir des points chauds d’émigration climatique en raison d’impacts accrus supporteront probablement encore un grand nombre de personnes», précise Juergen Voegele, vice-président de la Banque mondiale pour le Développement durable. Pendant ce temps, les zones d’accueil sont souvent mal préparées pour accueillir des migrants climatiques internes et leur fournir des services de base, voire utiliser leurs compétences.

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Un coût humain considérable

La crainte du changement climatique réside surtout dans le coût qu’il engendre. Au Bénin, les autorités se préoccupent de plus en plus du poids des dégâts causés surtout par les inondations cycliques. « L’évaluation des dommages, pertes et besoins post catastrophes a révélé que les inondations de 2019 ont coûté environ 53 milliards de F Cfa de dommages et pertes», renseigne Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur lors de la session de la Plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes le 7 septembre 2021. Et les indicateurs contenus dans le rapport Groundswell sur le coût humain du changement climatique sont préoccupants pour les plus pauvres.
Il y a lieu, selon la Banque mondiale, d’anticiper pour planifier dès aujourd’hui des migrations climatiques internes ordonnées et bien gérées. « Le rapport explique comment y parvenir, notamment en intégrant les migrations climatiques dans la planification du développement et en comprenant mieux les facteurs qui les motivent afin d’élaborer des politiques bien ciblées. Cela suppose également que chaque phase des migrations avant, pendant et après le déplacement soit planifiée en fonction des différents besoins des communautés et des pays», insiste Juergen Voegele. Ce rapport permet donc aux décideurs d’envisager plusieurs scénarii. Des recommandations y sont formulées pour ralentir les facteurs sous-jacents des migrations climatiques et se préparer à des flux migratoires inévitables.

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