Changements climatiques: Les ”panafricaines”, engagées dans la lutte

Par Maryse ASSOGBADJO,

  Rubrique(s): Environnement |   Commentaires: Commentaires fermés sur Changements climatiques: Les ”panafricaines”, engagées dans la lutte


Les défis climatiques mobilisent les femmes journalistes de l’Afrique. C’est à la faveur de la 3e édition du forum les ‘’Panafricaines’’, qui s’est tenue les 6 et 7 mars derniers à Casablanca.

Maryse ASSOGBADJO (depuis Casablanca)

LIRE AUSSI:  Protection côtière à Grand-Popo: Des réalisations d’urgence épargnent Avlo du naufrage

Les ”panafricaines” parient sur les défis en matière de changement climatique. C’est à travers la 3e édition du Forum du réseau des femmes journalistes d’Afrique. Elle vise à mobiliser les « médias africains pour la stimulation de débats publics autour de la problématique du changement climatique et son impact sur les pays africains ».
Les données sont révélatrices des conséquences que subit le continent. L’Afrique en est la première victime, alors qu’elle contribue à moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sept des dix pays les plus menacés par le réchauffement planétaire se trouvent sur le continent : Sierra Leone, Sud-Soudan, Nigeria, Tchad, Ethiopie, Centrafrique, Érythrée.
La question préoccupe les femmes journalistes africaines qui ont décidé d’agir pour sauver la planète. D’où le thème du forum, « l’urgence climatique, les médias acteurs du changement ».
Le choix de ce thème confirme le rôle majeur de la presse pour informer et sensibiliser aux thématiques stratégiques liées à l’environnement et au climat. « Nous pouvons tout changer si nous informons correctement, si nous interpellons les pouvoirs publics, si nous faisons des plaidoyers à l’échelle africaine. Le continent dispose de source d’énergies inépuisables à savoir, l’eau, le soleil, le vent, les sols, les ressources naturelles. Si nous ne faisons rien pour protéger ces richesses, ça va être une catastrophe pour l’Afrique et le monde entier », explique Fathia Elaouni, présidente du comité permanent des panafricaines.
Pour les panafricaines, « l’enjeu est aujourd’hui d’aider les décideurs à changer de paradigmes sur le plan continental, de dégager une vision commune et surtout de faire évoluer les perceptions liées aux réalités du continent », souligne Salim Cheikh, directeur général du groupe de presse 2M, initiateur du forum.
Les panafricaines se veulent des actrices clés en vue des initiatives de haute portée africaine.
« L’heure est grave et nous en sommes conscientes. Les impacts des changements climatiques dans nos pays sont énormes : la raréfaction de la pluie, la sécheresse, la montée des eaux et la pollution provoquée par les gaz à effet de serre. Il est temps pour nous de prendre nos responsabilités pour inverser les tendances », indique Houréyé Thiam, panafricaine sénégalaise.
Jémima Catrayé, panafricaine du Bénin dévoile la feuille de route du réseau : « Les saisons sont déséquilibrées. Nous panafricaines, avons l’intention de fédérer nos efforts pour montrer au monde entier que les changements climatiques ne sont pas une fatalité ».
« Nous devons agir pour montrer aux gens les solutions d’adaptation, de récupération des terres, de la sécurité alimentaire. Il est important pour nos pays de s’engager sur la voie des énergies renouvelables », renchérit Rahamata Diaouré, panafricaine malienne.
Le grand débat qui a introduit les travaux et les discussions en atelier ont permis de dégager des pistes de solutions durables face aux changements climatiques.

LIRE AUSSI:  Protection côtière à Grand-Popo: Des réalisations d’urgence épargnent Avlo du naufrage

La question n’est pas un luxe

A la veille de l’ouverture officielle des travaux à Casablanca, le ministre des Affaires étrangères de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a abordé le sujet avec la délégation de femmes journalistes à Rabat, au cours d’un déjeuner-débat. Pour lui, les panafricaines sont un réseau puissant qui peut faire bouger les lignes en matière de lutte contre les changements climatiques. « Si les femmes baissaient les bras, le monde s’écroulerait. Si les panafricaines baissent les bras, l’Afrique s’écroulerait », lance-t-il, invitant les participantes à des actions fortes, car insiste-t-il « traiter de la question du changement climatique n’est pas un luxe pour l’Afrique, c’est une urgence et une nécessité ».
Il salue la pertinence de la thématique du 3e forum des panafricaines. « La lutte y va de la sécurité alimentaire de l’Afrique, de son développement et de sa sécurité car les changements climatiques ont d’énormes répercussions sur l’économie », relève-t-il.
La question du changement climatique est d’autant plus cruciale qu’elle est liée aussi à la migration. « 80 % des immigrés(86 millions sur 140 millions climatiques) dans le monde seront en Afrique en 2050 », indique le chef de la diplomatie marocaine.
Le Maroc est très engagé sur la question des énergies renouvelables. « Le royaume s’est engagé dans la promotion des énergies propres, et ambitionne de porter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique marocain à 52 % d’ici 2030. Un chantier qui fait de lui, le deuxième pays au monde en termes de performances climatiques », vante-t-il.

LIRE AUSSI:  Initiative d’un Code de l’urbanisme: Un texte ambitieux pour changer le visage des villes

Maryse A. (depuis Rabat)