Charte pour l’éducation non violente: L’initiative de Médecins du Monde Suisse pour l’artisanat

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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ONG Medecins du monde

Une charte pour l’éducation non violente au sein des ateliers et centres de formation est au cœur d’un atelier de validation qui se tient à Grand-Popo grâce au soutien financier de l’Ong Médecins du Monde Suisse. Outre la validation de la charte, il est attendu des travaux entamés, hier mardi 6 juillet, un projet d’arrêté interministériel en vue de l’adoption légale du document.

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Quels sont les engagements d’un apprenti ou ceux d’un patron pour une ambiance épanouissante dans un atelier ou dans l’enceinte d’un centre de formation professionnelle au Bénin? La réponse à cette préoccupation et bien d’autres dispositions encadrant les rapports entre les parties prenantes du monde de l’artisanat, sont désormais consignées dans une charte qui se veut un document inédit de référence nationale.
Fruit d’un partenariat entre Médecins du Monde, une organisation non gouvernementale suisse, et la Confédération nationale des artisans du Bénin (Cnab), la charte pour l’éducation non violente au sein des ateliers et centres de formation professionnelle comporte trois parties. La première est consacrée au préambule où sont référencées des lois traitant des violences. La deuxième partie porte sur les engagements qui relèvent des acteurs tels que les artisans, la Cnab et la Chambre des métiers. Quant à la troisième partie, elle contient les engagements que doivent prendre les enfants dont la contribution n’est pas des moindres pour l’avènement d’un milieu d’apprentissage sécurisant et protecteur pour eux. Quelques astuces pour la maîtrise de la colère et des alternatives à la violence sont proposées aux chefs d’atelier, en annexe de la charte. Le document a été présenté par Marleine Fagla, chargée de projets à l’Ong Médecins du Monde Suisse. En tête des engagements attendus des apprentis, la chargée de projets fait cas du respect du règlement d’ordre intérieur des ateliers ou centres de formation. Marleine Fagla poursuit qu’en cas de non-respect desdits engagements, des sanctions peuvent tomber sans donner nullement lieu à la violence.

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Bréviaire des artisans

Relativement à l’objectif poursuivi à travers l’initiative de cette charte, la coordinatrice générale de l’Ong Médecins du Monde Suisse, Morgane Rousseau, soutient qu’il est question de sensibiliser aussi bien les patrons d’atelier que les apprentis à la règlementation, de donner des orientations au niveau éducationnel avec des mesures d’accompagnement pour l’épanouissement des deux parties. A l’en croire, l’ambition est de faire de cette charte, un document de référence au plan national, et réglementaire de protection des enfants dans l’artisanat. Un secteur qui, au regard de la dynamique de réforme de l’enseignement, explique-t-elle, n’est plus une alternative à la déscolarisation mais une voie prioritaire de réussite. Cette Ong internationale, active au Bénin depuis 2008, a décidé de financer l’élaboration et l’adoption de la charte dans le cadre de ses projets relatifs à la prévention et la prise en charge des violences.
Au nom du ministre des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’Emploi, Marcel Bio Orou Fico a souhaité au lancement des travaux : « Que cette charte soit une sorte de bréviaire ». Selon lui, c’est à la charte qu’il faut se référer au quotidien pour savoir
« comment se comporter de part et d’autre, pour régler des problèmes quand ils vont survenir ». L’atelier de validation mobilise, outre les représentants des apprentis et des maîtres artisans, des conseillers techniques et juridiques de quatre autres ministères sectoriels. Il s’agit du ministère du Travail et de la Fonction publique, du ministère d’Etat chargé de l’Economie et des Finances, du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance et enfin du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle.
Outre la validation de la charte, il est attendu de l’atelier la mise en place d’un plan de vulgarisation ainsi qu’un projet d’arrêté à proposer aux ministères sectoriels en vue de l’adoption légale du document.

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