Chicha: Une lente descente aux enfers

Par LANATION,

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chicha

Au nombre des actes auxquels les jeunes s’adonnent, figure la chicha. Contrairement aux idées que se font ces jeunes, la chicha a des conséquences assez graves sur la santé. La sensation parfumée agréable n’est qu’illusion, car les fumeurs ne soupçonnent pas la quantité de produits toxiques qu’ils inhalent et leurs effets nocifs à long terme.

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Malgré sa saveur douce et fruitée, la chicha contient les mêmes poisons que toute autre forme de tabac, voire un peu plus.
D’aucuns, pour justifier leur attrait à cette consommation revendiquent que la chicha n’est pas pareille à la cigarette et par conséquent, en fumer ne serait pas synonyme de fumer de la cigarette. C’est le cas de Kevin Dossou qui, avec naïveté, soutient : « Il n’y a pas de conséquence, vu que ce n’est pas du tabac ; ce ne sont que des extraits de fruits…». Et pourtant ! Si l’on devrait se référer aux avis des spécialistes de la question, fumer la chicha est bien pareil au fait de fumer la cigarette. La chicha est même l’antichambre du tabagisme. L’organisation mondiale de la Santé relève que « le narguilé est non seulement un risque sanitaire mais constitue aussi une porte d’entrée dans le tabagisme pour un certain nombre de jeunes ».
C’est ce que confirme sans équivoque le professeur Gildas Agodokpessi, médecin tabacologue et des maladies respiratoires : « La consommation de la chicha est une forme particulière de consommation de tabac». Pour le professeur Gildas Agodokpessi, la chicha est autant dangereuse que la cigarette, voire deux fois plus nuisible. Lors de la combustion de la chicha, soutient-il, près de 4000 substances chimiques sont émises. A l’en croire, une session de chicha équivaut à deux paquets de cigarettes puisque la chicha contient deux fois plus de nicotine, 25 fois plus de goudron et 11 fois plus de monoxyde de carbone qui est une substance cancérigène très dangereuse pour la santé sur le plan cardiovasculaire.
En outre, elle contient aussi du cobalt, du chrome et du plomb. Le médecin tabacologue ajoute que la chicha, tout comme la cigarette, présente de nombreuses conséquences sur la santé telles que les risques cardiovasculaires, respiratoires et de survenue de cancer. « Les études sur les effets sanitaires de la chicha montrent que fumer la chicha accroît les risques du cancer du poumon, de l’œsophage, de l’estomac, de la vessie et des voies aéro-digestives supérieures », fait-il savoir.

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Illusion

Devenue un effet de mode depuis quelques années, la chicha, encore appelée narguilé, houka, chilam ou water-pipe est une pipe orientale à long tuyau flexible, reliée à un vase rempli d’eau et par lequel la fumée passe. Composée de plusieurs parties dont un réservoir à eau, une cheminée, un plateau servant de cendrier, un tuyau flexible, une pipe immergée, un petit bol au sommet de la cheminée dans lequel on met le tabac, la chicha a un goût, sucré et fruité. Elle est devenue pour certains jeunes l’accessoire indispensable de leur passe-temps. Pour la plupart des jeunes, la chicha est perçue comme un symbole de convivialité, d’apaisement, de regroupement. La chicha, disent-ils, leur permet de changer d’idées, d’oublier les soucis du quotidien et de s’évader. En d’autres termes, c’est le symbole de la « zen attitude » dans un monde de pression.
« Pour moi, c’est un pur délice. Lorsque j’en consomme, le temps semble être suspendu. La sensation qu’elle procure est presque indescriptible, un pur bonheur. Je ne vois même plus le temps passer », fait savoir Yves Agossou, un jeune de la vingtaine rencontré au quartier Ménontin.
Pour certains jeunes, la chicha n’est pas nuisible. Elle leur permet de se distraire et les substances toxiques qu’elle contient selon eux, sont édulcorées. Contrairement à ce que ces jeunes pensent, le professeur Agodokpessi certifie que toutes les substances toxiques ne sont pas filtrées par l’eau. Les expertises démontrent d’ailleurs que seulement 3% sont retenues dans l’eau et les 97% restants demeurent dans la fumée pour être inhalés par le fumeur. Les consommateurs de la chicha savent désormais à quoi s’en tenir et comme le dit-on: « Tout ce qui est bon n’est pas utile ».

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Par Mathilde ASSOGBA (Stag.)