Collecte des ordures ménagères à Cotonou: Un casse-tête pour les acteurs

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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La mairie de Cotonou et les agents collecteurs d’ordures peinent à trouver la solution à l’enlèvement de ces déchets solides ménagers produits dans la ville. La capitale économique du Bénin perd son attrait de ville phare. Et pour cause ! La gestion des ordures que produisent les ménages à Cotonou est presqu’un os dans la gorge des responsables municipaux et de la population en général. Le hic, c’est que ces déchets déposés le long des artères polluent l’environnement et indisposent les citadins. 

Bon nombre de ménages sont abonnés aux services des Organisations non gouvernementales ou structures de collectes d’ordures chargées d’enlever les déchets suivant une fréquence et moyennant rémunération. Mais il est à noter des déviances au nez et à la barbe de la mairie. Les trottoirs servent de lieu de décharge des déchets solides produits par les ménages. La ville de Cotonou est répartie en 95 zones de regroupement avec 54 Ong autorisées et 4 zones de collecte et de transport vers la décharge finale située à Ouidah à environ quarante-cinq kilomètres de Cotonou.
Il sera très difficile de réussir à avoir une ville propre si on n’intègre pas un certain nombre de paramètres, pense l’ancien ministre de l’Environnement, Raphaël Edou, actuel chef du huitième arrondissement de Cotonou. C’était à la faveur de la cinquième conférence de l’Institut des artisans de justice et de paix à Cotonou sur « La problématique de la gestion des déchets dans la cité : à quand la fin de cette situation inconfortable ? ». Une conférence qu’il a co-animée avec Lambert Ayitchéou, directeur des services techniques de la mairie de Cotonou. Le défi aujourd’hui, d’après Raphaël Edou, est de sensibiliser les populations pour que ceux qui sont sur un territoire donné s’organisent et se déterminent rue par rue pour la collecte. Mais la ville, propose-t-il, doit pouvoir l’organiser avec les conseils des quartiers et des arrondissements.

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Entraves à l’assainissement de la ville

Le plus difficile pour la mairie dans la gestion des déchets à Cotonou est la réticence de certains habitants à s’abonner aux services de collecte des ordures. La gestion des points de regroupement et les questions de transport des ordures constituent également l’autre casse-tête. Il est en effet de la responsabilité de la municipalité d’évacuer de la ville tous les déchets produits, ce qui suppose qu’il faille sortir des ménages tous les déchets qui y sont produits.
A en croire le directeur des Services techniques de la mairie de Cotonou, Lambert Ayitchéou, trois points de regroupement sont prévus par arrondissement selon les textes. Mais le constat laisse perplexe : un ou deux arrondissements ont un point de regroupement, les autres n’en ont pas. Ce qui occasionne les actes d’incivisme. Cela peut expliquer en conséquence les difficultés des collecteurs à transférer les ordures ménagères vers les points de regroupement souvent débordés jusqu’à leur reconstruction il y a un an environ, grâce au Projet d’urgence de gestion environnementale en milieu urbain (Pugemu). « Quand la ville n’arrive pas à dégager les ordures pour les amener à la décharge finale, elle est faible devant les structures de pré-collecte », a affirmé le chef du huitième arrondissement de Cotonou, Raphaël Edou.

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Nouvelles dispositions

La propension à la pollution de la ville de Cotonou par des ordures ménagères a amené les autorités à définir de nouvelles règles. Une nouvelle convention élaborée qui indique la responsabilité de chaque partie. D’un côté, les obligations de la mairie et de l’autre, celles des structures chargées de la collecte. Désormais, ces structures appelées Ong disparaîtront au profit des Groupements d’intérêt économique (Gie) et des Petites et moyennes entreprises (Pme). Ainsi, tout promoteur qui tient à exercer son activité devra transformer sa structure en Pme et aura pour obligation la formation périodique de son personnel aux fins d’actualiser ses connaissances ou pratiques en matière de pré-collecte des déchets solides. La convention prévoit des sanctions à l’encontre des Pme qui ne se conformeraient pas aux obligations de leurs cahiers des charges, notamment la fréquence d’enlèvement des ordures. La municipalité sera intransigeante sur les sanctions prévues dans cette convention susceptible d’évaluation au bout de six mois d’expérience. Les mairies, pour être efficaces et implacables dans la lutte, sont équipées pour agir dans le cadre de la mise en œuvre de cette convention à travers la présence dans chaque arrondissement des éléments de la police municipale et celle républicaine. Dans les nouvelles clauses, la mairie va prélever 10 % chez les structures pour contribuer aux charges de la ville, un taux qui sera certainement répercuté sur les ménages. Une hausse des frais d’abonnement des ménages aux structures d’enlèvement d’ordures n’est pas exclue. Il faut souligner par ailleurs que la mairie envisage de faire payer tous les ménages, abonnés ou non abonnés pour enlever leurs déchets solides.

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