Commerce extérieur des entreprises au Bénin: Entraves aux échanges avec le reste du monde

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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L’indice de l’environnement du commerce extérieur des entreprises au Bénin est peu favorable. Dominées par l’import-export, elles subissent le diktat des pays à travers leur politique protectionniste, les tarifs douaniers et autres exigences relatives aux normes de production et d’exportation.

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Moins de la moitié des entreprises locales trouve qu’il est facile de commercer avec le reste du monde. « L’indice de l’environnement du commerce extérieur des entreprises au Bénin est peu favorable (46 %) », selon le Rapport annuel sur l’environnement des entreprises (Raee) édition 2020.
L’économie béninoise est dominée par les activités de service qui représentent environ 48,8 % du produit intérieur brut (Pib) dont 13 % pour le commerce, selon la direction générale des Affaires économiques du ministère de l’Economie et des Finances (Dgae/Mef). L’activité d’import-export est très pratiquée dans les micro, petites et moyennes entreprises (Mpme) car deux tiers d’entre elles sont impliquées dans les échanges internationaux. De ce fait, le Bénin constitue un portail vers le marché élargi d’Afrique de l’Ouest en raison de sa situation géographique stratégique. Mais ces échanges ne se déroulent pas sans heurt.
Si des difficultés réelles existent quant aux échanges formels avec le Nigeria à cause de sa politique protectionniste, tant sur le plan tarifaire que non tarifaire, les exigences de plusieurs Etats quant aux normes de production et d’exportation, notamment les pays occidentaux, constituent également un important défi à relever pour les entreprises locales exportatrices.
« La facilité d’échanger avec l’extérieur augmente avec la taille de l’entreprise, l’environnement des micro entreprises étant le moins favorable », selon le document de la direction de la Promotion économique (Dpe). L’indice du commerce est peu favorable (45 %) pour les micro entreprises alors qu’il est favorable pour les petites entreprises (70 %) et très favorable pour les moyennes et grandes entreprises (plus de 80 %).

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Contraste

Quelle que soit la taille de l’entreprise, il est relativement plus facile pour les entreprises formelles du Bénin de commercer avec le reste du monde qu’avec le géant voisin de l’Est, excepté pour la catégorie des petites entreprises où l’indice passe de 70 % à 76 %, souligne l’Enquête sur l’environnement des entreprises réalisée du 9 au 30 septembre 2020, et ayant couvert l’ensemble des régions du pays.
Avec le Nigeria, l’indice de commerce n’est favorable que lorsqu’il s’agit des échanges dans le secteur agricole avec 44,8 % contre seulement 0,04 %
pour le reste du monde. Aussi bien dans le secteur de l’hôtellerie et la restauration que dans les Services, les Finances et la Commercialisation, l’indice est peu favorable quelle que soit la direction des échanges.
Les secteurs d’activités Santé et autres services sociaux, Information et communication, et Btp ont des indices assez favorables, favorables et très favorables avec le reste du monde mais pas avec le Nigeria.
L’un des secteurs où il est plus facile d’échanger avec l’Etat fédéral voisin est celui de l’électricité et de l’eau (61 %), en raison des accords de partenariat qui existent entre les deux pays en termes de fourniture de l’énergie électrique. Le Nigeria et le Bénin sont de vieux partenaires en la matière et sont également tous deux impliqués dans le projet gazoduc de l’Afrique de l’Ouest qui permet de transporter le gaz du Nigeria jusqu’au Ghana, en passant par le Bénin et le Togo.
Les entreprises locales trouvent également que, dans le domaine du transport, il est facile d’échanger avec le Nigeria et plus encore avec le reste du monde, avec des scores respectifs de 52,2 % et 86,3 %.

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Contraintes à l’exportation

Les tarifs douaniers élevés aux frontières sont pointés du doigt comme la principale entrave au développement des échanges commerciaux des Mpme, malgré l’application du Tarif extérieur commun (Tec) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) depuis 2015. « Ce système tarifaire favorise l’importation de produits de première nécessité, des matières premières et des produits intermédiaires mais applique une fiscalité dissuasive sur l’importation de produits finis, de manière à promouvoir la transformation locale », analyse la Dpe.
Les responsables d’entreprise enquêtés évoquent aussi comme difficultés les risques de change sur certaines monnaies de l’espace Cedeao, le transport, les contraintes administratives telles que celles relatives à l’obtention d’agrément pour exportation, etc. Le Raee 2020 identifie les fermetures répétées des frontières nigérianes comme l’une des principales raisons à la faiblesse de la dynamique des échanges commerciaux des entreprises du Bénin avec le Nigéria au niveau formel.
L’autre contrainte qui affecte les échanges, c’est la fluctuation du naira (60 %), les autorités nigérianes ayant tendance à laisser la monnaie se déprécier pour exporter plus facilement. Cette contrainte, ajoutée au choc de la baisse du cours du baril de pétrole, aux barrières tarifaires et non tarifaires et aux faux frais, se traduit par des pertes de marchés intérieur et extérieur pour les commerçants du Bénin.

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