Commercialisation du soja: Un mécanisme pour réguler les flux

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Soja

Non-respect du prix plancher fixé par l’Etat, faible démarcation des rôles entre acteurs, non-maîtrise des flux et insuffisance des infrastructures de stockage, sont des problèmes récurrents notés dans la commercialisation du soja-grain au Bénin. En vue d’y remédier et de favoriser une meilleure traçabilité des flux, les principaux acteurs se sont réunis, ce jeudi à Cotonou, pour réfléchir à l’élaboration d’un mécanisme de commercialisation et d’une feuille de route en vue de sa mise en œuvre.
Les investissements consentis par le gouvernement béninois et les partenaires au développement ont permis d’accroitre de manière exponentielle les rendements et la production du soja, se félicite Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. En 2020, précise-t-il, plus de 300 000 tonnes de soja ont été commercialisées dont 250 000 tonnes à l’export.
Au regard de l’ampleur que prend la culture, il importe de canaliser la commercialisation afin que tous les acteurs y trouvent leur compte et en premier le producteur, insiste Denis Agandan, coordonnateur du Projet d’appui au développement des filières protéiniques (Padefip). « Si le producteur ne tire pas le profit du fruit de ses labeurs, il sera découragé très tôt. Aussi, faut-il que l’Etat tire profit de ses nombreux investissements consentis ces dernières années», souligne-t-il.
« L’agriculture nourrit son homme et le producteur de soja doit jouir des fruits de ses labeurs pour avoir une retraite paisible, c’est un vœu cher au président de la République», renchérit Gaston Dossouhoui. « Pour y parvenir, indique-t-il, il urge que la commercialisation du soja soit mieux organisée à travers la mise en place d’un mécanisme au cœur duquel sera placé le producteur de soja qui y adhère librement. »
Le mécanisme qui sera mis en place devra mieux impliquer les collectivités locales des zones de production et prendre en compte l’implémentation des infrastructures de stockage dans les villes de concentration, préconise Moumouni Imorou Karimou, chef de mission de la Composante Soja du Padefip. La maîtrise des flux passera par un meilleur contrôle au niveau des zones d’échanges, la promotion des ventes groupées du warrantage comme levier de financement des exploitations, ajoute-t-il.
Les recommandations vont dans le sens d’un renforcement de l’adhésion des producteurs de soja au dit mécanisme et d’une amélioration des actions projetées pour la commercialisation du sojan

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Encadre

Saisir l’opportunité du marché chinois

Le marché de la Chine qui importe 85 millions de tonnes par an constitue une opportunité pour le soja béninois. Malheureusement, l’exportation du produit et des dérivés est minée par des mauvaises pratiques telles que le non-respect des procédures de contrôle et des exigences phytosanitaires, la falsification des documents officiels d’accompagnement.
Toutes choses qui, si l’on n’y prend pas garde, affecteront l’image et le label du Bénin. D’où il est impérieux pour les acteurs de la filière, en particulier les entreprises exportatrices enregistrées auprès de l’Agence béninoise pour la sécurité sanitaire des aliments (Abssa), de respecter les clauses du protocole d’accord signé, le 18 septembre 2019, entre le Bénin et l’Administration générale des douanes de la République de Chine (Gacc).
Au nombre des documents officiels exigés, l’exportation du soja vers la Chine est subordonnée à la production d’un Certificat phytosanitaire et d’une attestation de fumigation délivrés par la direction de la Protection des végétaux (Dpv), un certificat d’origine de la direction générale du Commerce (Dgc), une attestation de non Ogm (Organisme génétiquement modifié) de l’Abssa.