Communales de mai 2020: Les grands enjeux politiques dans l’Ouémé/Plateau

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Porto-Novo, Avrankou, Sèmè-Podji dans le département de l’Ouémé et Ifangni dans le Plateau sont quatre communes où la bataille électorale sera rude lors des élections municipales et communales de mai prochain. Le contrôle de ces communes constitue un grand enjeu pour certaines formations politiques qui n’hésiteront pas, chacune, à déployer la grosse artillerie pour sortir la tête de l’eau au soir du scrutin.
Sans risque de se tromper, le jeu se jouera au niveau de ces quatre communes entre le Parti du renouveau démocratique (Prd), l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br). Les autres partis tels que les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), principale force de l’opposition, n’ont plus d’influence depuis le départ de certains de leurs ténors dont la députée de la 19e circonscription électorale (Porto-Novo, Sèmè-Podji, Adjarra et Aguégués), Sofiath Schanou, aujourd’hui au Bloc républicain où elle compte parmi les membres fondateurs. Les autres partis légalement constitués comme l’Udbn de Claudine Prudencio et Moele de Jacques Ayadji n’ont pas tellement pignon sur rue dans la région.
Du coup, le combat politique pour la conquête des mairies de Sèmè-Podji, Porto-Novo, Avrankou et Ifangni s’annonce âpre. Entre le Prd, l’Up et le Br, bien malin qui pourra dire qui de ces trois forces politiques pourra prendre le dessus.
Porto-Novo, Sèmè-Podji et Ifangni sont aujourd’hui dirigées par des maires Prd. Le maire d’Avrankou était aussi du parti Arc-en-ciel de Me Adrien
Houngbédji avant de migrer vers l’Union progressiste. Avec la bataille ouverte, le Prd est désormais seul face à son destin. Il devra, le 17 mai prochain, confirmer sa mainmise politique sur ces communes comme ce fut le cas au soir des communales de 2015. Seulement, les choses risquent de ne pas être faciles pour lui. Tout simplement parce que la donne a changé. Le terrain n’est plus ce qu’il était lors des communales et municipales de 2015. Le Prd a perdu beaucoup de plumes avec le départ de plusieurs grosses cylindrées notamment dans les fiefs traditionnels du parti comme Porto-Novo, Sèmè-Podji,
Avrankou et Ifangni. Ces ex-ténors ont surtout grossi les rangs des partis Up et Br. Pis, depuis l’avènement du renouveau démocratique en 1990, c’est la première fois que le Prd n’a pas de député à l’Assemblée nationale.

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Baroud d’honneur pour Vlavonou

Le parti a été recalé lors des législatives de 2019 par la Commission électorale nationale autonome (Céna) qui a invalidé sa liste en raison de doublons dans les dossiers de candidatures. Mieux, il y a aussi les 10% des suffrages exprimés sur le plan national que la loi électorale exige de tout parti en lice avant d’être éligible à l’attribution des sièges. Cette condition est une innovation du Code électoral en vigueur qui n’a jamais été expérimentée aux élections communales et municipales au Bénin. Cette condition sera expérimentée lors des élections communales de mai prochain. Déjà, beaucoup d’observateurs et d’analystes de la chose politique au Bénin se demandent si le Prd pourra avoir les 10 % pour être éligible à l’attribution des sièges au soir du scrutin.
Mais au niveau du parti, l’heure est à l’optimisme et à la sérénité. Les ténors ne s’inquiètent guère de ce taux éliminatoire de 10 %. Ils fondent leur optimisme surtout sur les scores obtenus par le parti aux précédentes consultations électorales auxquelles a pris part le Prd depuis 1990. Les Tchoco-Tchoco se vantent d’avoir toujours dépassé et largement seuls ou en alliance cette barre. Seulement, l’on se demande si ceci se traduira dans les urnes au soir du dimanche 17 mai prochain.
Le parti ne doit pas sous-estimer la machine électorale de ses adversaires en l’occurrence de l’Up et du Br qui sont aussi de la mouvance présidentielle. Ces derniers ont aussi un fort ancrage sur le terrain avec à la clé, des députés au Parlement, des ministres au gouvernement, des directeurs généraux de sociétés, et même des hommes d’affaires dont certains hier membres du Prd ne lui feront pas du tout de cadeau. Mieux, c’est une question d’honneur pour le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, par ailleurs coordonnateur départemental de l’Up dans l’Ouémé de gagner les mairies de Porto-Novo, Avrankou et Sèmè-Podji. Ne parlons même pas de la commune d’Ifangni, ville natale de la deuxième personnalité de l’Etat béninois.

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Duel Houngbédji-Ahouanvoèbla

Idem à Avrankou où le président Louis Vlavonou pourrait aller en renfort au député Augustin Ahouanvoèbla, qui a tourné le dos au Prd au profit de l’Up dont il est membre fondateur. Ce dernier qui a réussi à convaincre le maire actuel d’Avrankou, Eugène Lonègnon, de quitter aussi le Prd pour l’Up, devrait prendre les élections communales et municipales comme un défi pour démontrer sa force de frappe sur le terrain. Et prendre à défaut ses détracteurs politiques qui pensent à tort ou à raison qu’il ne pèse politiquement rien sans le Prd. Augustin Ahouanvoèbla pourra montrer de quoi il est capable face au Prd.
Outre l’Up, le Prd de Me Adrien Houngbédji aura également à faire face à un autre rouleau compresseur, le Br sous la férule d’Adidjatou Mathys, ministre du Travail et de la Fonction publique et coordonnatrice départementale de ce parti au niveau de l’Ouémé. Ce parti politique a aussi son mot à dire sur le terrain dans les quatre communes en question où le Prd serait incontournable. Il va sans dire que le Prd sera entre le marteau Up et l’enclume Br lors des élections communales de mai prochain. Reste à savoir si le Prd qui totalise déjà trente ans de vie et d’expérience politique va se laisser broyer aussi facilement par deux partis qui viennent à peine de naître. Les résultats du scrutin de mai prochain nous édifieront. Lesquels résultats sont très déterminants pour la présidentielle de 2021 qui oblige les candidats à se faire parrainer au moins par 16 maires et/ou députés avant la validation de leurs candidatures.