Conception moderne de la beauté: Les femmes noires entre snobisme et complexe

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Dans le constant souci de se mettre en valeur, de nombreuses femmes en Afrique et particulièrement au Bénin se sont tournées vers les standards de beauté occidentaux mésestimant leurs atouts physiques et rejetant même leur teint naturel. Sont-elles insatisfaites de leur apparence physique ou voient-elles dans le profil des Occidentaux une référence ?

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Beyonce, Shakira, Angélina Jolie, Thalia (Marimar)…, des artistes et cinéastes occidentales adulées, constituent des modèles de beauté que se sont choisis les femmes en Afrique. 

Complexée par la révolution esthétique, les femmes africaines tendent à s’identifier aux femmes occidentales en qui elles voient les attributs d’un idéal chimérique de beauté moderne. Elles trouvent dans les stars, leurs idéaux de beauté. Tous les moyens sont bons pour se rapprocher physiquement de ses ‘’top modèles’’. Se maquillant de façon outrancière, elles deviennent méconnaissables, à peine identifiables par leurs proches. Elles s’adonnent également à une extraversion vestimentaire spectaculaire, exhibant tout et renonçant à leur intimité pour le délice des mâles qui s’en délectent bon gré mal gré. Avec des tresses fantaisistes, elles ne sont plus si loin de leurs idéaux… Le comble, elles veulent leur ressembler en tout, même par la couleur de la peau. Les produits cosmétiques sont alors mis à contribution, s’enchaînant comme les vagues de la mer. Ces femmes noires extraverties sont en grand nombre des artistes et cinéastes africaines. Celles-là mêmes qui, à travers la valorisation de la beauté naturelle de la femme noire dans les médias, pouvaient influencer leurs consœurs de race. Hélas ! Elles sont, pour la plupart, les plus friandes des standards de beauté occidentaux.
L’exercice devient pitoyable quand des femmes bien fournies, aux rondeurs reconnues de femmes d’Afrique, sous prétexte de rechercher un physique de mannequin, conjuguent les régimes et la fréquentation des salles de gymnastique pour mincir, se créant des ennuis de santé. Or pendant qu’elles s’efforcent pour mincir, d’autres femmes d’Occident, elles sont de plus en plus intéressées par les rondeurs de la femme africaine. En témoignent les interventions esthétiques, les chirurgies et les implants fessiers et mammaires auxquels elles s’adonnent de plus en plus.

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Modernité ou mondanité ?

Il n’est pas rare d’entendre certaines femmes se justifier en brandissant le fallacieux prétexte des exigences de la modernité, comme lors des concours de beauté Miss. Se jugeant ainsi hors normes à moins de copier les standards venus d’ailleurs.
S’il est vrai que les enjeux de développement imposent à l’Afrique de prendre exemple sur les autres continents, il est loin d’être vrai que les cultures et habitudes exogènes soient les meilleurs modèles, la référence. La beauté de la femme noire réside non seulement dans sa peau mais aussi dans ses mensurations. Or les femmes rondes d’Afrique, semblent avoir honte de leur physique. Elles sont complexées et préfèrent se conformer au profil classique des femmes d’Occident à tout point de vue. Il s’agit en réalité d’un snobisme, d’une inclinaison à des velléités mondaines. Plutôt parler de mondanité que de modernité. La modernité joue plutôt un rôle déterminant dans l’extraversion des femmes noires avec la profusion des feuilletons, des téléréalités, des émissions et magazines de mode qui en mettent plein la vue et attisent leurs ambitions.
Toutefois, il faut reconnaître que certaines femmes, malheureusement peu nombreuses, œuvrent pour inverser la tendance, pour refaire place aux rondeurs féminines, identité de la femme africaine. C’est le cas des groupements de femmes rondes tels que « Rondes et Jolies » militant au Gabon et le réseau « Rondement Belle » en Côte d’Ivoire. Mais l’extraversion persiste. Pour combien de temps encore ?