Concertation des acteurs du Pctl Uemoa à Cotonou: Mieux se connaître pour une bonne coopération transfrontalière

Par CM,

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Dans le cadre du Programme de coopération transfrontalière locale (Pctl) financé par la Coopération suisse et mis en œuvre par le Conseil des collectivités territoriales (Cct) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), un atelier de concertation entre acteurs locaux et structures nationales en charge de la gestion des frontières, se tient à Cotonou du mercredi 21 au vendredi 23 décembre. L’objectif est d’amener les principaux acteurs à se connaître et à définir un cadre d’accompagnement conjoint et harmonisé autour des populations transfrontalières.

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Le cadre de concertation transfrontalière de l’espace Dendi-Ganda, instance faîtière des collectivités transfrontalières du Sud Bénin et le Togo, les structures nationales en charge de la gestion des frontières et les partenaires techniques et financiers en la matière, sont réunis à Cotonou dans le cadre du Programme de coopération transfrontalière locale. L’objectif du Pctl est de faire en sorte que les populations vivant dans les zones transfrontalières de l’Afrique de l’Ouest aient un accès renforcé aux services socio-économiques et culturels délivrés par les collectivités territoriales dans un environnement juridique, institutionnel et sécuritaire national et régional favorable.
L’organisation de cette rencontre entre faîtière et structures nationales en charge de la gestion des frontières vise à mieux faire connaître les espaces transfrontaliers du Dendi Ganda et de la bande côtière Sud Bénin-Togo, à définir un cadre pour l’accompagnement technique et à assurer le suivi des activités mises en œuvre par la faîtière. Il est question de présenter les accords-cadres de coopération bilatérale entre les Etats et les missions des structures nationales en charge de la gestion des frontières ; de présenter la faîtière notamment la structuration, l’organisation, le fonctionnement, les résultats acquis et les perspectives ; puis de définir les pistes de collaboration et d’accompagnement de la faîtière.
Cette concertation est, selon Marcel Baglo, directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief), le fruit d’une prise de conscience, car les questions frontalières sont de véritables enjeux de développement en Afrique de l’Ouest. Björn Schranz, chef suppléant de coopération internationale suisse à Cotonou, ajoute que la gestion des frontières et la coopération transfrontalière sont devenues des enjeux majeurs des stratégies nationales et régionales.
Et pour Ahmed Bello Ky-Samah, préfet de l’Alibori, aménager les espaces frontaliers, plus qu’un défi, est une opportunité. Les collectivités territoriales sont les plus proches des frontières et elles représentent un maillon important dans le processus d’’intégration. Énonçant les défis, Yaovi Batchassi, représentant résident de la Commission de l’Uemoa au Bénin, évoque la nécessité de continuer à réduire la pauvreté et l’insécurité et à renforcer les bases du développement durable pour le bien-être des peuples. Il a, par ailleurs, salué l’engagement de tous les acteurs et partenaires du Pctl. « Votre mobilisation est l’expression d’une solidarité entre non seulement les Etats membres, mais aussi, entre les populations unies dans une communauté de destin », a-t-il
reconnu. A l’en croire, cette initiative répond à la volonté de la commission de l’Uemoa de promouvoir « l’intégration par les Etats, mais aussi et surtout l’intégration par les peuples dont le Conseil des collectivités territoriales (Cct-Uemoa) est une cheville ouvrière ».

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Pourquoi un cadre de concertation ?

Dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme de coopération transfrontalière locale (Pctl), il est prévu de renforcer les cadres juridique, institutionnel et les mécanismes nationaux dans le but de promouvoir la coopération transfrontalière locale et d’accompagner les inter-collectivités transfrontalières dans l’animation territoriale et la mise en œuvre des projets prioritaires. Il s’agit en l’occurrence pour l’espace Dendi-Ganda, de la redynamisation du cadre de concertation transfrontalière avec l’intégration de huit nouvelles communes du Bénin, du Niger, et du Nigéria. En avril 2022, l’organe faîtière des collectivités transfrontalières du Sud Bénin et le Togo a déjà été mis en place pour la bande côtière Sud (Bénin-Togo). L’opérationnalisation de ces deux cadres institutionnels locaux de coopération permettra d’accompagner le processus d’élaboration des schémas d’aménagement transfrontaliers intégrés (Sati) et de porter, plus tard, la mise en œuvre des projets d’investissements locaux. Les autorités locales qui assurent le pilotage institutionnel de cette coopération transfrontalière devront bénéficier de l’accompagnement des autorités administratives déconcentrées et des structures nationales chargées de la gestion des espaces transfrontaliers compte tenu des capacités relativement faibles en maitrise d’ouvrage des collectivités territoriales et de la nécessité de renforcer le processus de décentralisation. D’où la nécessité d’un cadre de concertation régional entre acteurs locaux et centraux.