Conflits entre éleveurs et agriculteurs: En quête de concorde au sein des communautés

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Les affrontements au Bénin entre éleveurs et agriculteurs au Bénin ont atteint un niveau où l’Etat ne saurait attendre encore longtemps pour trancher définitivement cette question qui resurgit tous les ans. De nouvelles dynamiques mises en place dans ce cadre sont annoncées aux différentes parties prenantes qui doivent suivre les orientations tracées par le gouvernement, pour un mieux-vivre au sein de la communauté.

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Le gouvernement a une nouvelle vision par rapport à la transhumance pour une harmonie au sein de la communauté. Le Bénin, au regard des nouvelles mesures envisagées par le gouvernement, entend désormais éviter les conflits entre éleveurs transhumants et agriculteurs, lesquels ne manquent pas de dégâts. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les choses ne vont plus se passer comme avant et chaque partie prenante doit se conformer aux mesures pour la paix et la fraternité.
Il s’agit, selon les autorités gouvernementales, le 6 août dernier à Tanguiéta devant les acteurs de l’élevage et des élus à divers niveaux, d’une question de responsabilité collective pour la cohabitation pacifique entre éleveurs et agriculteurs. « Nous avons intérêt à prendre les choses au sérieux et très tôt, sinon le mal ira en s’aggravant. Quand on regarde de près, ce qui oppose c’est la terre. L’enjeu, c’est le contrôle de la terre qui devient de plus en plus précieuse. Simplement parce que la population augmente, le nombre de bêtes aussi », a indiqué Alassane Séidou, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Par rapport à cette question, le gouvernement est en train de travailler depuis des années, et des dispositions sont envisagées pour mettre fin à tout ce qui se passe dans ce secteur, affirme Alassane Séidou. Au premier plan des mesures pour régler les conflits qui opposent les agriculteurs aux éleveurs, la sédentarisation de l’élevage et la lutte contre l’impunité. Une mesure radicale, selon Alassane Séidou, mais durable et qui facilitera l’idée de la mécanisation de l’agriculture, l’une des options du régime. Ainsi, un seul producteur peut emblaver des dizaines d’hectares, donc une surface agricole assez vaste. C’est dans cette dynamique que les mesures du gouvernement sont envisagées, à en croire le ministre de l’Intérieur. « Si on ne prend pas des mesures radicales, si on ne trouve pas des solutions radicales et durables, on risque d’aller à des conflits de grande ampleur. Ce qui serait regrettable pour nous. Et pour éviter cela, le gouvernement a décidé de s’inscrire dans une certaine dynamique. Il est question que nous portions à votre connaissance cette dynamique du gouvernement, comment il entend gérer la question de la terre pour que la cohabitation soit pacifique entre agriculteurs et éleveurs, pour qu’il y ait de la tolérance et qu’une vie paisible soit possible», détaille-t-il. Désormais, le gouvernement est catégorique face à la transhumance transfrontalière. Aucune bête de pays étrangers ne doit transiter par le Bénin à travers la transhumance, un mode d’élevage générateur de problèmes, selon le ministre qui souligne que les préjudices subis par les populations sont insupportables.

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Anticipation des conflits

Dans une certaine mesure, le gouvernement anticipe sur les conflits et probables foyers de tensions entre les acteurs agricoles. Tous étant Béninois, ils méritent un minimum pour leur épanouissement et pour apporter leur contribution à l’économie nationale, informe Alassane Séidou. « Un Etat sérieux ne peut rester indifférent face aux conflits alors que nous sommes dans un environnement caractérisé par l’insécurité », note Alassane Séidou qui rappelle que la mesure de sédentarisation est anticipatoire ainsi que la nomination du haut-commissaire qui en a la charge. Désormais, annonce-t-il, le gouvernement va contribuer au dédommagement en cas de destruction des champs, pour éviter qu’il y ait affrontements. Les différents espaces devant accueillir les éleveurs pour les sédentariser seront identifiés pour sortir enfin de l’élevage itinérant générateur de problèmes aux conséquences sociales inacceptables. L’intérêt ici, avec cette mesure, c’est que ces éleveurs pourraient bénéficier des infrastructures sociocommunautaires de base, pour vivre et s’épanouir. L’Etat envisage la construction des écoles pour donner la chance aux peuls de s’instruire pour compter aussi des intellectuels dans leurs rangs. Il faut dire que l’eau et le fourrage nécessaires à la survie des animaux ne feront pas défaut, selon les autorités.

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Les maires et élus locaux désormais impliqués

Le gouvernement compte sur les élus locaux et communaux pour éradiquer les conflits. « Les maires, chefs d’arrondissements, chefs de villages et quartiers de ville doivent participer et dans l’exercice de leurs fonctions, ils doivent faire preuve d’équité, d’impartialité, de sens de droiture, ils ont intérêt à bien faire les choses, pas de prise de position par rapport à votre origine ethnique, ni par rapport à votre attachement à tel ou tel citoyen », informe Alassane Séidou. La participation des maires des communes du Bénin au règlement pacifique des différends entre éleveurs et agriculteurs sera un indicateur de performance qui va déterminer la nomination prochaine des élus au poste de maire.

« Faites les choses normalement et désormais cet élément sera un facteur d’appréciation, un indicateur de performance des maires. Si dans votre commune, on enregistre trop de cas de conflits et d’affrontements entre agriculteurs et éleveurs, ça veut dire que vous êtes contre-performants, vous ne faites pas le travail d’information, de sensibilisation et d’éducation des populations », avertit Alassane Séidou. Il est convaincu que les élus ont les atouts pour aider le gouvernement à atteindre son objectif. « Le gouvernement va présenter les résultats à la fin de l’année, les partis certainement vont en tenir compte pour désigner les maires. On ne désignera pas un maire qui compromet le développement de sa commune. J’insiste parce que dans certaines localités, il y a des élus qui prennent position en faveur de tel ou tel groupe. Nous voulons que vous soyez à l’avant-garde de cette bataille, parce que sans vous, on ne peut pas réussir », affirme-t-il.

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