Consolidation de la reprise économique dans l’Uemoa : le taux de croissance attendu à 6,4 % en 2022

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Relance de l'économiqueLa relance de l'économie se consolide

Les perspectives macroéconomiques ressortent globalement favorables dans la zone Uemoa, selon la Bceao. La relance se consoliderait au cours des deux prochaines années, avec une croissance de 6,4 % en 2022 et 7,9 % en 2023.

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Le produit intérieur brut (Pib) en volume de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) augmenterait de 6,1 % en 2021, dépassant la performance de 5,7 % réalisée en 2019, selon le dernier Rapport sur la politique monétaire dans l’Umoa de la Bceao. Ainsi, la croissance économique renouerait avec sa trajectoire d’avant la crise sanitaire de Covid-19.
Le Conseil des ministres de l’Umoa, au cours de sa quatrième session ordinaire au titre de l’année 2021, tenue par visioconférence le 17 décembre dernier, s’est félicité de la consolidation de la reprise de l’activité économique, notamment au troisième trimestre 2021. En effet, le taux de croissance du Pib réel est ressorti à 6,7 %, en glissement annuel, après 7,7 % le trimestre précédent, et une réalisation de 1,4 % un an plus tôt.
La relance notée cette année se consoliderait au cours des deux prochaines années. Sur la période 2022-2023, projette la Banque centrale, la croissance économique de l’Union, en termes réels, s’établirait à 6,4 % en 2022 et 7,9 % en 2023. Cette reprise de la croissance serait favorisée par la poursuite des projets de construction et de renforcement des infrastructures socio-économiques de base dans la plupart des Etats membres, le renforcement des productions agricoles, extractives et manufacturières ainsi que le retour à la normale de l’activité dans les sous-secteurs du tourisme, des transports ainsi que des restaurants et hôtels.
L’année 2023 sera marquée en particulier, par l’accélération de la croissance économique qui résulterait de l’exploitation pétrolière au Sénégal, des exportations de pétrole brut du Niger via le Bénin et de la consolidation de l’activité de raffinage de pétrole pour une meilleure satisfaction des besoins de l’Union. Globalement, la croissance serait portée par le secteur tertiaire dont la contribution s’élèverait à 4,0 points de pourcentage (pdp) en 2021, puis 3,5 pdp en 2022 et 3,7 pdp en 2023. L’apport du secteur secondaire croitrait de 1,2 pdp en 2021 à 1,9 pdp en 2022 et à 3,1 pdp en 2023 à la faveur de la hausse de la production manufacturière. Quant au secteur primaire, sa contribution à la croissance économique se chiffrerait à 0,9 pdp en 2021, puis 1,0 pdp en 2022 et 1,1 pdp en 2023.

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Déficit en hausse

Sous l’angle des emplois du Pib, la croissance économique serait essentiellement soutenue par la hausse de la consommation finale et des investissements, dont les contributions ressortiraient respectivement à 4,1 pdp et 3,1 pdp en 2021. En revanche, l’apport du secteur extérieur connaîtrait une baisse de 1,1 pdp, en lien avec la forte progression des importations de biens d’équipement et la hausse modérée des exportations.
Le Conseil des ministres souligne le creusement du déficit public global, base engagements, dons compris. Il est ressorti à 4492,8 milliards à fin septembre 2021 contre 4388,4 milliards un an plus tôt. Cette situation reflète l’accélération des investissements publics dans le cadre des plans de relance mis en œuvre par les Etats membres.
La Bceao projette une consolidation budgétaire avec des réformes visant une amélioration graduelle du taux de pression fiscale et des efforts de maîtrise des dépenses courantes.
Le déficit global (base engagements, dons compris) ressortirait à 5,9 % après 5,6 % en 2020, en dépit de l’amélioration du taux de pression fiscale qui demeure faible à l’échelle communautaire, en passant de 12,8 % en 2020 à 13,3 % en 2021. Le déficit devrait s’améliorer pour s’établir respectivement à 4,9 % en 2022 et à 3,8 % en 2023, avec pour objectif d’atteindre la norme communautaire de 3 % du Pib à l’horizon 2024.
Le déficit courant s’accroîtrait de 1805,6 milliards pour ressortir à 5891,1 milliards en 2021 dans l’Uemoa. Rapporté au Pib, il ressortirait à 5,9 %, en hausse de 1,5 point de pourcentage par rapport à 2020. Le déficit augmenterait de 8,9 % pour ressortir à 6 412,8 milliards en 2022.

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Besoin de financement

Le besoin de financement s’établirait à 4139,7 milliards F Cfa, en hausse de 42,3 %. Il atteindrait 4667,8 milliards F Cfa, soit une hausse de 12,8 % en 2022.
La masse monétaire ressortirait en hausse progressivement à 14,4 % en 2021 puis à 15,8 % en 2022 et à 14,2 % en 2023.
Les dépenses publiques et prêts nets sont attendus à 23,4 % du Pib à fin décembre 2021 après 22,9 % l’année précédente. Cette hausse s’expliquerait principalement par l’augmentation de 20,4 % des dépenses en capital par rapport à 2020.
Les dépenses d’investissement devraient s’établir à 8074,8 milliards F Cfa ou 8,1 % du Pib contre 6 705,4 milliards, soit 7,3 % du Pib en 2020. En revanche, le rythme de progression des dépenses courantes estimées à 13 793,6 milliards ou 13,9 % du Pib ressortirait en baisse comparativement à 2020, en raison du recul des transferts et subventions, prévoit la Bceao.
En ce qui concerne les ressources, les recettes budgétaires sont attendues en hausse en 2021, grâce à l’accroissement de 12,1 % des recettes fiscales, certes atténué par le léger recul de 3,8 % des recettes non fiscales. Les dons budgétaires estimés à 1903,6 milliards en 2021 enregistreraient une progression de 7,6 % par rapport à l’année 2020, en lien avec les appuis budgétaires reçus ou attendus.
Les créances nettes sur l’Administration centrale s’établiraient à 18 302,1 milliards F Cfa, en progression de 3289 milliards, et les créances sur l’économie augmenteraient de 10,4 %, après 8,2 % en 2021. Les réserves de change de l’Union se consolideraient pour s’établir à 14 540,5 milliards en 2022 puis à 15 801,2 milliards en 2023.