Construction de la Route des pêches : Plaidoyer pour un tourisme respectueux de la nature

Par Josué F. MEHOUENOU,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Construction de la Route des pêches : Plaidoyer pour un tourisme respectueux de la nature


Aucun projet touristique, aussi important et générateur de ressources ne doit occulter la préservation de l’environnement et de la nature. C’est ce combat que se proposent de mener plusieurs acteurs intervenant dans les arts, l’aménagement et la construction, afin que la Route des pêches, une fois achevée, reflète un visage humain.

LIRE AUSSI:  Présentation de vœux à l’Onip: Un bilan positif et de grandes ambitions pour 2020

A chacun son couloir, son travail, ses ambitions et sa vision. Pendant que les constructeurs affectés sur le chantier de la réalisation de la Route des pêches s’échinent sous le soleil et la pluie pour donner corps à cette initiative qui permettra de booster le tourisme au Bénin, il se trouve sur le même tronçon, un peu plus en retrait au cœur de Togbin, le village des pêcheurs, des artistes, des architectes, des experts en biodiversité, des photographes… qui travaillent, cogitent. La finalité de leur travail, c’est de faire en sorte que l’érection de cette route longue de plusieurs kilomètres ne mette à mal le potentiel naturel de cette zone qui regorge de populations et de peuples très attachés à la nature, à la plage et à la mer. «Kulturforum Sud Nord a lancé cette plateforme d’échange sous la forme d’un atelier concernant le futur de la Route des pêches, pour lancer un appel à la prudence des citoyens, qu’ils soient politiciens ou riverains», explique Stephan Köhler, initiateur du projet. Selon lui, « la Route de pêches avec sa lagune entre Cotonou et Ouidah est un écosystème unique dans le monde». Plusieurs espèces animales et des plantes y vivent de même que des oiseaux migrateurs qui se reposent et se nourrissent sur cet espace au cours de leur voyage migratoire depuis des milliers d’années.

LIRE AUSSI:  Validation des rapports d’activité du PuGEMU: Pour améliorer le cadre de vie des populations

Autant d’atouts qui justifient l’intérêt accordé au site par le projet intitulé «La Route des pêches a besoin de toi». Lequel se veut, selon son initiateur, un catalyseur et en même temps une médiation entre la nécessité pour les Béninois d’avoir un emploi et l’obligation de la protection de la nature et des riverains. L’ambition de Kulturforum Sud Nord, au terme du projet, c’est de voir s’instaurer « une classe moyenne au Bénin et une nouvelle forme de solidarité entre les riches et les pauvres, servant ainsi d’exemple à toute l’Afrique ». Il faut donc pour y parvenir, éviter le développement anarchique des infrastructures pour le tourisme, et préserver la nature. Et c’est là que l’atelier de dix jours initié par Stephan Köhler et ses partenaires trouve sa justification, l’objectif étant de susciter une « discussion démocratique concernant l’avenir de cette zone ». Sévérin Tchibozo, expert en biodiversité, qui a apporté son expertise à l’atelier de Kulturforum Sud Nord estime que « C’est très important qu’on fasse attention à cette biodiversité et à bien la conserver». La mangrove de Togbin, indique-t-il, est un site déjà inscrit dans le patrimoine mondial et international. Pour ce qui est de la Route des pêches, « C’est un projet ambitieux qui va créer des emplois nouveaux», reconnaît-il, invitant ensuite à faire attention au risque de disparition de l’architecture locale, du mode de vie des habitants de Togbin… En somme, soutient-il, il y a aussi des valeurs ancestrales très importantes qui intéressent les touristes, à conserver aussi, certifie-t-il. Cette vision futuriste est aussi partagée par le comédien Christel Gbaguidi. Celui-ci estime que le projet en lui-même n’est pas négatif et est d’ailleurs un très bon projet de développement. «Mais on est obligé de penser à long terme. Il y des points sur lesquels nous devons nous poser des questions. Il s’agit du devenir des habitants de ce village», déclare-t-il. ?