Construction du pipeline d’exportation Niger-Bénin: Une plus-value pour l’économie nationale

Par Ariel GBAGUIDI,

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La réalisation de l’oléoduc Niger-Bénin permettra, à terme, le transport du pétrole brut du Niger sur le marché international via le Bénin. Le lancement officiel du chantier, côté béninois, hier jeudi 20 mai, a été l’occasion pour le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, de réitérer l’attachement du gouvernement à la réalisation de cette infrastructure qui boostera l’économie béninoise.

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C’est avec émotion que le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, soutenu par plusieurs de ses collègues dont celui des Mines, Samou Séidou Adambi en présence de l’ambassadeur de la Chine au Bénin, Peng Jingtao, du ministre du Pétrole du Niger, Mahamane S. Mahamadou, a dévoilé, ce jeudi, le panneau du chantier de construction du pipeline d’exportation Niger-Bénin et mis en marche la machine foreuse. Ce geste d’ensemble marque le lancement officiel, au Bénin, des travaux de construction de l’oléoduc devant acheminer le pétrole brut d’Agadem (Niger) sur le marché international en passant par Sèmè-Podji et le quai qui sera construit en haute mer. L’infrastructure, telle que présentée par le ministre Samou Séidou Adambi, mesure environ 1980 km dont 675 km sur le territoire béninois. Elle sera construite suivant les normes internationales et aura une capacité nominale de 4,5 millions de tonnes par an, soit 35 millions de barils et une capacité extensible par ajout de stations de pompage supplémentaires. « La section béninoise du projet sera composée, entre autres, du pipeline proprement dit de 508 mm ou 20 pouces de diamètre, de deux stations de pompage, l’une à Tchaourou et l’autre à Gogounou, de la station terminale qui sera construite à Sèmè-Podji où sera stocké le pétrole brut en provenance du Niger avant son envoi au terminal pétrolier par un pipeline maritime de 711 mm ou 28 pouces et long de 15,4 km», poursuit le ministre béninois des Mines. A tout ceci, s’ajouteront 24 salles de vannes réparties entre la frontière bénino-nigérienne et la station terminale, et 675 km de ligne de fibre optique destinée à la surveillance en temps réel de toute l’infrastructure. Les travaux dureront deux ans et la durée de vie du projet est estimée à 40 ans, voire plus. « Toutes les études techniques exigées pour ce type d’infrastructure ont été réalisées et approuvées par l’Etat béninois», souligne-t-il, plus loin.
Suivant le plan établi, l’oléoduc traversera, sur le sol béninois, cinq départements, 17 communes et 141 villages. Les travaux seront réalisés par l’entreprise chinoise Wapco-Bénin. Au dire du ministre Samou Séidou Adambi, ce projet est le plus gros investissement privé jamais réalisé au Bénin depuis l’indépendance. Sur le terrain, une partie des matériels lourds est déjà acheminée sur le site et les autres sont en cours.

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Engagements

Au regard de la portée économique et diplomatique de ce vaste projet, toutes les parties impliquées se sont engagées à faire en sorte que les travaux aboutissent dans le délai imparti. Le directeur général de Wapco, Jin Jinsong, dit mesurer l’immensité de la tâche qui incombe à son entreprise et s’engage à conduire les travaux avec professionnalisme. Il souligne, entre autres, que les volets environnement et transfert de compétences sont pris en compte dans le projet. L’ambassadeur de la Chine au Bénin, Peng Jingtao, estime que ce projet est le signe d’une coopération fructueuse et la réalisation de cette infrastructure va affermir et diversifier davantage les liens entre les deux pays et pourquoi pas les liens multilatéraux entre les Etats engagés dans ce projet.
Pour le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, le pipeline vient montrer à la face du monde, un nouvel exemple de coopération réussie entre un pays développé et deux pays du sud. Il rappelle que le choix du Bénin pour écouler le pétrole nigérien est la meilleure des trois options qui étaient sur la table. Ainsi, le pipeline béninois formera avec le système de transport nigérien, un système intégré entre les deux pays. « Ce projet traduit donc notre vision de faire du Bénin une plateforme énergique et renforce l’engagement de notre gouvernement à soutenir et accompagner Wapco-Bénin dans le respect des dispositions des accords des gouvernements… », rassure-t-il.

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Emplois

La construction du pipeline d’exportation Niger-Bénin aura des impacts socioéconomiques directs et indirects. Dans la phase de construction, le projet va générer environ 3000 emplois dont 2308 emplois directs avec Wapco-Bénin et son principal contractant, et plus de 700 emplois avec les sous-contractants. Au terme des travaux, et pour la phase d’exploitation, 300 emplois permanents seront créés.
Au plan économique, les retombées seront grandes pour le Bénin mais à long terme, explique le ministre des Mines. D’après lui, le projet favorisera un boom de la croissance économique, la naissance d’une industrie du pipeline pétrolier avec tous les effets induits en matière de transfert de compétences et de formation des cadres béninois. Au niveau local, la construction de l’oléoduc aura également un impact social sur les populations car, il est prévu la construction d’œuvres sociocommunautaires dans les communes touchées par le projet.