Coopération transfrontalière: Le Bénin et le Burkina Faso en quête d’une approche bénéfique

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le Bénin et le Burkina Faso à nouveau en concertation sur la gestion de l’espace frontalier. Des délégations des deux pays prennent part, depuis lundi 21 septembre à Cotonou, à un atelier de validation bilatérale de l’Accord-cadre sur la coopération transfrontalière.

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L’atelier de validation bilatérale de l’Accord-cadre sur la coopération transfrontalière entre le Bénin et le Burkina Faso est bénéfique pour la gestion des espaces entre les deux pays. Il a un double avantage, a expliqué à l’entame des travaux, Déré Chabi Nah, préfet du département de l’Atacora. D’abord, il permettra de renforcer les liens qui existent entre les populations frontalières, à l’effet de faciliter leur collaboration. Ensuite, l’Accord-cadre qui en sera issu constitue une base légale pour bénéficier de projets intégrateurs avec l’appui des partenaires techniques et financiers, soutient-elle, rappelant tout de même que les populations des zones frontalières des deux pays expriment depuis longtemps, les besoins élémentaires pour leur mieux-être.
De son côté, le colonel de gendarmerie Sanou Saidou Toussaint Prosper, gouverneur de la région de l’Est au Burkina Faso, met l’accent sur la politique mise en œuvre par son pays en la matière.
« Les Etats africains ont hérité des frontières définies par le colonisateur sans tenir compte des réalités socioculturelles et identitaires des populations autochtones qui se trouvent ainsi séparées par une ligne imaginaire, le plus souvent après des générations, voire des siècles de vie commune », illustre-t-il. Pour y pallier, « le Burkina Faso depuis son accession à l’indépendance mène une politique de promotion de bon voisinage avec les pays limitrophes et de gestion intégrée des frontières avec pour finalité de préserver la souveraineté de l’Etat tout en permettant à sa population de vivre en parfaite harmonie avec les peuples voisins », appuie-t-il. Le gouverneur de la région de l’Est au Burkina Faso estime en tout cas que la coopération frontalière se présente comme un moyen propice pour opérationnaliser la volonté politique et faire des zones frontalières des zones de brassage entre les populations et d’intégration sous-régionale. Elles constituent, note-t-il, un tremplin pour le développement économique local et un puissant levier de promotion de l’intégration.
Malheureusement, indique-t-il, « la gestion des frontières se fait aujourd’hui dans un contexte marquée des tensions, voire des conflits ». Pire, les zones frontalières sont le plus souvent confrontées à des scénarii instables (flux de réfugiés, trafics illégaux, conflits communautaires, extrémisme violent, terrorisme) et imposent une attention particulière.

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Créer des regroupements en vue d’une réelle intégration#

Une attention que le Bénin et le Burkina Faso accordent aux zones frontalières, en témoigne cet atelier bilatéral qui réunit pour 48 heures, responsables de l’administration territoriale des deux pays, cadres techniques en charge de la gestion intégrée des frontières, hommes en armes… Si les deux pays ont fait cette option, c’est parce que leur espace frontalier sert de cadre de vie à un ensemble de groupes ethnolinguistiques liés par l’histoire.
« Du fait de la colonisation, nos États ont été séparés en plusieurs unités territoriales, renfermant une diversité d’ethnies disparates. Il s’agit d’un micro-nationalisme développé, cultivé au niveau de chaque nouvel État, se traduisant par des réticences, voire des replis sur soi. Chaque appel, de s’associer aux autres pour créer des regroupements en vue d’amorcer le processus d’une réelle intégration, demeure sans réponse du fait que cette démarche exige un transfert de souveraineté par les États », souligne Marcel Baglo, directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief). La question de l’exploitation et de la gestion des ressources frontalières et transfrontalières met en évidence la nécessaire concertation entre les populations locales voisines, précise-t-il. C’est d’ailleurs là, toute la portée de cet atelier qui ambitionne également d’agir pour remedier à certains dysfonctionnements comme l’absence de cadre légal régissant la coopération administrative transfrontalière dans les deux pays, l’insuffisance des actions de communication et de mobilisation des acteurs autour des questions transfrontalières puis l’insécurité et les conflits dans nos zones transfrontalières. L’atelier sera également consacré à l’examen de la forme et du fond de l’avant-projet d’Accord-cadre pour son amélioration à travers les apports, observations et propositions qui tiennent compte des préoccupations des populations en vue d’assurer à cet espace une croissance économique forte et accélérée.