Coups mortels (7e dossier): Fadima Sidi condamnée à neuf ans de réclusion

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Statuant en matière criminelle, le Tribunal de première instance de première classe de Parakou a condamné au cours de sa première session au titre de 2019, mercredi 7 août dernier, Fadima Sidi, à 9 ans de réclusion. Elle a comparu pour une infraction de coups mortels.

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Née en 1993 à Boua, ménagère et mère d’un enfant, Fadima Sidi était devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou, mercredi 7 août dernier, pour répondre des faits de coups mortels. Il s’agit d’une infraction prévue et punie par les dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Au terme de son délibéré, le tribunal présidé par Adamou Moussa l’a condamnée à 9 ans de réclusion criminelle. Mise sous mandat de dépôt le 2 novembre dernier seulement, son séjour carcéral ne vient que de commencer.
Interpellée et inculpée du chef de coups mortels, Fadima Sidi a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure de l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur. A la barre, elle n’a également pas nié les faits reprochés à sa personne, exprimant aussi son remords. L’enquête de moralité lui est peu favorable, son rapport médico-psychiatrique et psychologique ne révèle aucune pathologie mentale pouvant altérer le contrôle de ses actes, au moment des faits.
Dans son réquisitoire l’avocat général, Robert Tito, s’est basé sur l’article 509 alinéa 5 du nouveau Code pénal qui prévoit pour l’infraction de coups mortels, une peine allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle. Il situe l’élément matériel suivant un fait positif, les coups de pilon que Fadima Sidi a portés à la victime. Quant au lien de causalité, il déduit que la victime est décédée des suites des coups qu’elle a reçus. Tout en précisant que l’accusé n’avait pas l’intention de donner la mort à Maïmouna Kanta, le représentant du ministère public conclut à sa culpabilité et demande au tribunal de la condamner à 8 ans de réclusion criminelle.
La jalousie et la colère, reconnaîtra Me Générick Ahouangonou, chargé de la défense de ses intérêts, sont les deux maux qui ont conduit Fadima Sidi à ne pas faire preuve de discernement. Il implore alors l’indulgence de la cour pour tenir compte, dans sa délibération, du pardon demandé par sa cliente, en lui offrant la chance d’être réintégrée dans la société. Au subsidiaire, il l’invite à procéder à l’application bienveillante de la loi à son endroit, ou au pire des cas, à maintenir la peine proposée par le parquet général.

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Du résumé des faits

Fadima Sidi et Kanta Maïmouna sont toutes les deux, des épouses de Guetti Goro Sèbo, un cultivateur peulh résidant à Péonga, commune de Kalalé. Dans la matinée du 17 octobre 2018, elles pilaient des noix de karité lorsqu’une dispute éclata entre les deux. Dans la foulée, Fadima Sidi asséna deux violents coups du pilon qu’elle avait en mains, à la nuque de sa coépouse. Cette dernière s’écroula. Transportée au Centre communal de santé de Kalalé, elle rendit l’âme le même jour, des suites de ses blessures.