Coups mortels (Cour d’assises de Parakou / 10e dossier): Sept ans à Yaya Béhika pour avoir ôté la vie à son frère

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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La cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a examiné, jeudi 31 mai dernier, une affaire de coups mortels. Inculpé pour cette infraction, Yaya Idrissou Béhika a écopé de 7 ans de réclusion criminelle.

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Une réunion familiale qui tourne au drame, suite à de simples soupçons de sorcellerie portés sur un de ses membres. Telle est l’affaire qui, le jeudi 31 mai dernier, a conduit Yaya Idrissou Béhika à la barre, pour expliquer les circonstances dans lesquelles, poussé par son élan impulsif, il a utilisé un pilon pour ôter la vie à son frère Kouassi Béhika accusé d’être un sorcier. 

La cour présidée par Richard Limoan qui avait comme assesseurs Gabriel Affognon et Lucien Djimènou, l’a déclaré coupable de l’infraction de coups mortels, selon les dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Elle le condamne à 7 ans de réclusion criminelle. Mis en détention le 14 juillet 2016, il passera encore cinq ans derrière les barreaux.
Si à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, Yaya Idrissou Béhika, né vers 1994 à Djougou, a reconnu les faits, à la barre jeudi dernier, il a tenté de les nier. Mais, sur les interpellations-réponses du président de la cour et de l’avocat général, Léon Pape Yèhouénou, il va finir par se ressaisir en crachant le morceau.
Dans son réquisitoire, Léon Pape Yéhouénou s’est assuré que les éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels sont réunis. Selon lui, ce n’est pas pour caresser ou faire plaisir à la victime que l’accusé lui a donné des coups de pilon à la tête, une partie sensible. La preuve, soutient-il, c’est des suites des coups qui lui ont fait des blessures qu’il a rendu l’âme. Par rapport à l’intention, l’avocat général a mis en exergue le caractère impulsif de son geste. L’enquête de moralité étant favorable à Yaya Idrissou Béhika, il demande qu’il lui soit accordé de larges circonstances atténuantes et requiert une application douce et bienveillante de la loi pénale. Il requiert qu’il plaise à la cour de le déclarer coupable de coups mortels et de le condamner à 8 ans de travaux forcés.
Me Maximin Cakpo Assogba, assurant la défense de l’accusé, a loué l’objectivité du représentant du ministère public. « La sorcellerie fait partie de notre réalité. A cet effet, que ne ferions-nous pas pour nous débarrasser de quelqu’un qui, à tort ou à raison, en est soupçonné ?», s’est-il demandé. Il invite la cour à tenir compte dans sa délibération de la lettre de demande de liberté provisoire que son client avait introduite, pour aller contribuer à l’éducation de ses neveux orphelins. « Donnez-lui une chance pour se racheter », a-t-il lancé, en souhaitant que la cour inflige plutôt à son client, entre 5 et 6 ans de prison?

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Les faits

Pour trouver une solution aux nombreux cas de décès qu’ils enregistrent au sein de leur famille, une réunion est convoquée par leur mère, dame Mariama Kondoli, le lundi 11 juillet 2016 au quartier Djakpingou dans le deuxième arrondissement de Djougou, aux environs de 20 heures. Présent à cette séance, Kouassi Béhika a été à nouveau accusé d’être le sorcier à l’origine des cas de décès survenus dans la famille, pour n’en avoir pas enregistré dans son foyer. En signe de protestation, il s’est levé et a décidé de quitter la réunion. Une attitude que Yaya Idrissou Béhika n’a pas approuvée. Subitement, il s’est saisi d’un pilon et lui en asséna un coup sur la tête, avant de prendre la fuite. Evacué à l’hôpital de l’ordre de Malte à Djougou, Kouassi Béhika rend l’âme quelques instants après.