Coups mortels portés à Débo Habé Adah: Bani Alou condamné à cinq ans de réclusion criminelle

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Dans le cadre de l’examen du sixième dossier inscrit à son rôle pour cette première session de 2021, le tribunal de première instance de deuxième classe de Natitingou s’est penché sur le sort de Bani Alou qui a répondu des faits de coups mortels portés à sa charge. Reconnu coupable desdits faits et condamné à 5 ans, il retourne en prison pour quelques mois encore.

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Bani Alou reconnu coupable des faits de coups mortels sur sa femme Débo Habé Adah et ayant déjà passé presque cinq ans en détention préventive retourne encore en prison pour quelques mois. Ayant été mis sous mandat de dépôt le 20 juillet 2016,
Bani Alou a reconnu les faits mais a précisé qu’il n’avait nullement l’intention de donner la mort à la victime. Il avait simplement voulu rétablir son autorité de père bafouée.
Requérant à charge mais également à décharge, le ministère public lui a trouvé des circonstances atténuantes. Ce qui lui permettra de rentrer dans cinq mois afin d’aller s’occuper de ses enfants, sa deuxième femme ayant abandonné le domicile conjugal, étant entendu que la victime est sa première femme.
Pour le ministère public, c’est le cœur contrit doublé d’une atonie vocale, qu’il prenait ses réquisitions. Les statistiques de l’Oms, relève-t-il, révèlent que pas moins de 38 % des violences à l’égard des femmes sont l’œuvre de leurs partenaires intimes. Il rappelle néanmoins les faits qui constituent des coups mortels. Ils sont prévus par l’article 509 alinéa 5 du code pénal. Les coups donnés ont pourtant occasionné la mort sans intention de la donner. L’élément matériel est constitué. En ce qui concerne l’élément intentionnel, il est basé sur le caractère volontaire des coups tendant à rétablir l’autorité bafouée de l’accusé. Par rapport à la mort qui est survenue, ce dernier a du remords : « C’est un incident malheureux que je regrette », a déclaré l’accusé qui soutient par ailleurs que nul ne peut vouloir donner la mort à sa femme qu’il aime. Le ministère public voit dans son remords et l’aveu des coups donnés des circonstances atténuantes. Il a requis contre lui 5 ans.
Face à ce réquisitoire, la défense va même avancer deux ans de peine, car soutient-elle, les charges familiales plaident en sa faveur.
Le ministère public va répliquer en réitérant ses réquisitions à quelques nuances près. Les contre-répliques n’ont pas apporté d’éléments nouveaux.
Le tribunal va condamner Bani Alou à cinq ans de réclusion criminelle.

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Résumé des faits

Le lundi 22 septembre 2014, le nommé Bani Alou demanda à l’un de ses fils, le prénommé Tchoumon de conduire les bœufs au pâturage. Ce à quoi dame Débo Habé Adah s’est opposée sans raison.
La nuit du lundi 22 au mardi 23 septembre 2014, aux environs d’une heure du matin, Bani Alou interpella son épouse par rapport à son refus d’autoriser le jeune Tchoumon à conduire les bœufs au pâturage. En réponse, Bani Alou a reçu des injures de dame Adah. Pris de colère, Bani Alou administra une gifle à cette dernière. Alors que la victime aurait voulu attraper Bani Alou par le col, l’accusé l’aurait poussée violemment contre le mur. Sa tête a cogné le mur. Elle a rendu l’âme sur-le-champ.
Pris de peur, Bani Alou alla informer son fils aîné Bani Goro Yérabè du drame qui venait de se produire avant de prendre la clé des champs cette nuit même pour une destination inconnue. Ce n’est que courant avril 2016 qu’il a été rattrapé et appréhendé par la police.
Interpellé et inculpé de coups mortels, il a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure.

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Composition du tribunal

Président : Hervé Gnansounou

Assesseurs :

1- Robert Tito
2- Christine Akohouhouè-Aballo
3- Pierre Codjia
4- Michel Agbodjogbé

Ministère public: Sovidé Gahou

Greffier : Ghislain Kanlinhanon