Covid-19 et restriction des activités artistiques : le génie qui change le chaos en opportunité

Par La Redaction,

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Activité artistique

Evénements culturels annulés sur les plans national et international du fait de Covid-19. Et donc des rêves avortés avec des contrats résiliés ou revus. C’est désormais la réalité que vivent les artistes qui, face à cette pandémie qui impose des restrictions, font parler leur génie.

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Pendant que certains grincent les dents, d’autres voient plutôt à travers les contraintes imposées par la Covid-19 une opportunité de se réinventer.
Parue le 16 novembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei en Chine, la Covid-19 s’est propagée dans le monde entier. Face à la recrudescence des cas et des décès dus à ce virus, le gouvernement du président Patrice Talon a pris des mesures restrictives des activités culturelles.
En effet, avant la suspension jusqu’à nouvel ordre des manifestations culturelles et festives, par le conseil des ministres du 25 août 2021, cette même mesure fut prise lors du conseil des ministres du 17 mars 2020. Même si entre ces deux dates, il y a eu une once d’espoir avec la décision du conseil des ministres du 6 mai 2020, qui, levant le cordon sanitaire, a autorisé les rassemblements n’excédant pas 50 personnes, beaucoup d’artistes estiment qu’il faut voir le bon côté des choses et avancer.

Les bonnes leçons de Covid-19

«Je vais être honnête, je n’ai pas attendu la Covid-19 pour savoir qu’il faut un retour sur soi et vers nous pour faire avancer notre métier dans l’optique de nous épanouir. Cette pandémie n’a fait que me réconforter dans ma position», affirme la comédienne Florisse Adjanohoun. Elle explique que cette pandémie a permis de se rabattre sur de nouveaux lieux permettant des spectacles intimistes pour un public restreint. «La démarche consiste à nous investir nous-mêmes dans la promotion de notre spectacle en nous référant, dans un premier temps, à notre carnet d’adresses pour garantir l’achat des places. Puis laisser le bouche-à-oreille faire son œuvre afin de voir pleuvoir par la suite des propositions d’achat du spectacle», poursuit-elle.
Le maestro Méchac Adjaho, désormais chanteur, témoigne que la Covid-19 lui a fait réaliser deux choses. «J’avais une liberté d’organisation de mon temps et j’ai décidé de concrétiser mon projet d’album. J’ai réalisé que mes revenus en tant qu’artiste ne devaient pas uniquement dépendre des cachets de spectacles et qu’il fallait innover», confie-t-il sans dévoiler le contenu de ses innovations.
L’artiste polyvalente Carole Lokossou révèle qu’elle a mal vécu la pandémie au début. «Ce fut un vrai coup de massue sur ma tête. J’étais en plein dans la réalisation de certaines activités. J’avais des voyages qui se succédaient et du jour au lendemain, tout s’était arrêté. J’avoue qu’au début, j’ai failli avoir des envies de suicide, car tellement déboussolée», indique-t-elle. Face à cette équation difficile à résoudre, elle se réjouit d’avoir découvert l’essentiel. «Le premier avantage, c’est qu’avec l’arrivée de la Covid-19, j’ai eu du temps pour moi, pour réveiller ma vie spirituelle. J’ai retrouvé une paix intérieure et une sérénité profonde qui m’ont permis de réorganiser ma vie d’artiste, ma vie professionnelle», confie-t-elle convaincue de cette grâce dissimulée derrière cette pandémie qu’elle analyse avec beaucoup de recul face aux manipulations des hommes. «Beaucoup d’artistes en ont profité pour chanter sur la Covid-19. Moi, j’avoue que c’est maintenant que je m’arrête pour réfléchir sur la Covid-19. La maladie en elle-même ne m’intéresse pas beaucoup mais de plus en plus, j’ai un œil d’artiste assez critique sur la gestion de cette maladie sur les plans national et international sans pourtant perdre de vue que c’est une maladie réelle. Ça m’inspire beaucoup et d’ici un an ou plus, je pourrai sortir une œuvre artistique», promet-elle.

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Un réveil artistique pour un journaliste culturel

En dehors des artistes, les journalistes culturels ont fait les frais de cette restriction des activités culturelles. Fortuné Sossa, président de l’Association des journalists culturels du Bénin (Ajcb), révèle combien cette pandémie était bénéfique pour sa vie professionnelle. « Personnellement, des talents d’artiste se sont révélés en moi pendant le confinement de 2020. C’est ainsi que j’ai commencé par créer des œuvres graphiques, des acrostiches que j’ai dénommés ”acrostiches à double résonance”. La première œuvre que j’ai eu à créer est intitulée ”Coronavirus”. D’autres ont suivi jusqu’à ma première exposition d’une série d’œuvres en novembre 2020 à la Maison des Médias. Je continue d’en créer tout en exerçant en qualité de journaliste par ailleurs», confie-t-il, tout en reconnaissant que la pandémie a beaucoup affecté économiquement le secteur des arts et de la culture.

Par Henri MORGAN (Stag.)