Création du centre de transit des mendiants de Kpomassè : les premiers pensionnaires accueillis cette semaine

Par Isidore Alexis GOZO (gozoalexis6@gmail.com),

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Création du centre de transit des mendiants de Kpomassè Les premiers pensionnaires accueillis cette semaineOeuvrer à restaurer la dignité humaine au niveau des mendiants

« Dans nos villes, les personnes en situation de mendicité occupent souvent des carrefours, des places publiques et des axes routiers afin de quémander l’aumône. Cette pratique les expose aux intempéries et aux maladies, en même temps qu’elle constitue un risque d’endommagement des infrastructures qu’elles squattent et de perturbation des usagers de la route », a relevé le communiqué du Conseil des ministres en sa séance du mercredi 6 avril dernier. Le même communiqué note que le phénomène expose à la violation des droits humains et constitue aussi une source d’insécurité. Reçu sur l’émission ‘‘90 minutes pour convaincre’’ du dimanche 10 avril, Bruno Edgard Gbèhinto, directeur général des Affaires sociales, confirme que les mendiants sont réellement à la base de l’insécurité dans les feux. « Vous pouvez retrouver dans les rues des mendiants recrutés par des bandes organisées. Ils vous agressent et vous arrachent vos biens. La question de l’insécurité liée à la mendicité est une problématique réelle », a-t-il déclaré. Il martèle que le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance a trouvé qu’il était opportun de chercher des solutions plus durables pour les mendiants de Cotonou et autres agglomérations. «Ce n’est pas la peine d’aller chercher des hommes et des femmes dans les rues, de les mettre quelque part deux jours, de les renvoyer dans leur maison et d’attendre une semaine pour les retrouver à nouveau dans les mêmes rues», ajoute Bruno Edgard Gbèhinto.

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Trois mois de réparation

L’opération de réinsertion des mendiants s’organise avec la police républicaine, les services sociaux et autres. Ces acteurs, à en croire le directeur des Affaires sociales, iront chercher les mendiants tout en évitant les situations de maltraitance. Une fois identifiés, des véhicules conduiront les mendiants directement vers le centre de Kpomassè pour une durée de trois mois au plus. Il fait savoir que le centre de transit n’est pas une prison mais une structure d’accueil et d’hébergement où les pensionnaires seront pris en charge, totalement réparés et préparés à quitter la situation de rue. Bruno Edgard Gbèhinto souligne que l’animation d’un centre regroupe trois choses à savoir : l’accueil, la réflexion et la discussion. « Une fois à l’intérieur du centre, les pensionnaires ne peuvent pas sortir en désordre avant la période fixée. Si nous permettons que les gens sortent du centre, c’est que nous avons créé une passoire. Nous sommes dans le social et dans ça, il est créé des canevas », informe-t-il, avant de préciser que le quotidien de ces pensionnaires sera riche et convivial. Des activités manuelles et récréatives seront initiées pour les occuper. Et en termes de prévisions, plus de 500 mendiants seront réinsérés au plus dans une période de six mois. « La solution du gouvernement de créer un centre de transit est une approche parce que le problème de la mendicité est un phénomène consubstantiel à la société », affirme pour sa part, Arnaud Amanssouhoui, sociologue. Il rappelle qu’il s’agit d’un phénomène qui existe depuis des millénaires et le croyant a besoin du mendiant pour faire vivre sa foi. Le sociologue appelle le gouvernement à revoir tous les compartiments du projet afin que rien ne soit laissé au hasard.