Criet/ Affaire Alexandre Hountondji et Joseph Tamègnon: Le ministère public requiert l’incompétence de la cour de céans (La cour tranche le 25 octobre prochain)

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Poursuivis pour participation à des faits présumés d’actes de terrorisme dans le cadre des violences qui ont émaillé dans certaines régions la campagne électorale en vue de la présidentielle du 11 avril dernier, l’ancien ministre Alexandre Hountondji et l’ex-directeur général de la Société générale des marchés autonomes (Sogema), Joseph Tamègnon seront fixés le 25 octobre prochain par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) sur la procédure pénale que suivra leur dossier. Autrement dit, ils sauront à cette date si les faits mis à leur charge sont de nature délictuelle ou criminelle.

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L’affaire a été évoquée ce lundi 9 août à la Criet. L’audience d’hier, la première depuis l’incarcération des deux opposants politiques en avril dernier, a été l’occasion pour le ministère public de demander le renvoi du dossier en instruction préparatoire afin qu’il suive la procédure de crime. Le premier substitut du procureur spécial près la Criet, Regan Hounguè, a requis l’incompétence de la cour de céans à connaitre de cette affaire. Car, les faits reprochés aux deux personnalités sont des infractions de crime et non de délit. Dès lors, la cour présidée par le magistrat Guillaume Laly doit se déclarer incompétente et envoyer purement et simplement le dossier en instruction préparatoire comme le requiert la procédure d’examen des affaires de crime devant la Criet.
Mais ces réquisitions du parquet spécial de la Criet n’ont pas été du goût des conseils des prévenus. La défense se dit surprise que ce soit aujourd’hui que le ministère public qui poursuit les mis en cause vienne se rendre compte qu’il s’agit d’une affaire de nature criminelle et solliciter l’incompétence de la cour à qui lui-même a envoyé le dossier. Elle crie à un abus de pouvoir du ministère public. Partant de là, la défense invite, au principal, la cour à ne pas suivre le magistrat Regan Hounguè et à poursuivre les débats. Au subsidiaire, les conseils plaident la mise en liberté provisoire de leurs deux clients. Lesquels ont clamé, tout au long du procès de ce lundi, leur innocence par rapport aux faits mis à leur charge. Ils se disent étrangers aux faits qui leur sont reprochés, c’est-à-dire s’être mis en intelligence avec le sieur Elie Djénontin également incarcéré, pour commettre des actes de violence et de terrorisme lors des manifestations violentes qui se sont déroulées du 6 au 7 avril dernier dans le cadre d’un mouvement dit de : « Cinq ans c’est cinq ans ». Alexandre Hountondji et Joseph Tamègnon ont plaidé non coupables. Ils disent ne connaitre ni d’Adam ni d’Eve, Elie Djénontin.
Toutefois, l’ancien ministre chargé des Relations avec les Institutions, sous le régime de Boni Yayi, reconnait être membre du Groupe national de contact (Gnc), lequel a organisé à Cotonou un colloque sur les 31 ans de la Conférence des forces vives de février 1990. A cette occasion, dit-il, il a été présenté une communication au cours de laquelle il a été dit «Cinq ans c’est cinq ans ». Cette activité s’inscrit dans le cadre de l’animation de la vie politique nationale qu’il mène depuis 50 ans, précise Alexandre Hountondji. Les actions ne sont pas sorties de ce cadre, insiste-t-il avant de mettre au défi quiconque pourra prouver le contraire et le confondre de ce qu’il a posé un acte de terrorisme à la veille de l’élection présidentielle d’avril dernier. « Je ne me suis jamais battu avec quelqu’un dans ma vie pour être terroriste », se défend aussi Joseph Tamègnon pour tenter de se disculper. La cour de céans a donné rendez-vous aux parties pour le 25 octobre prochain afin de se prononcer sur la demande du renvoi du dossier en instruction tel que requis par le ministère public et celle de la remise en liberté provisoire des deux prévenus sollicitée par la défense?

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