Criet/Affaire bradage de 39 ha à Abomey-Calavi: Barnabé Dassigli et Jean-Claude Codjia ont déposé (L’audience se poursuit le 27 juillet prochain)

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a poursuivi ce mardi, l’audition notamment du préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia et de l’ex-ministre en charge de la Décentralisation, Barnabé Dassigli en leur qualité de sachants cités dans l’affaire de bradage d’un domaine de 39 hectares pourtant sous-main de justice à Abomey-Calavi. Le procès qui a commencé mardi 6 juillet dernier a été renvoyé au 27 juillet prochain, après près de dix heures de débat.

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L’audience de l’affaire de bradage d’un domaine de 39 hectares pourtant sous-main de justice à Abomey-Calavi a connu ce mardi, comme attendu, la comparution du préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia et de l’ancien ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Barnabé Dassigli. Ces derniers avaient été cités, mardi 6 juillet dernier, par l’ex-maire d’Abomey-Calavi, principal accusé dans ce dossier, qui déclarait avoir agi sur instruction de ses supérieurs hiérarchiques. Le préfet Jean-Claude Codjia a été le premier à avoir déposé ce mardi à la barre. Il a reconnu avoir effectivement instruit l’ex-maire de procéder au lotissement de la zone sur la base d’une décision de justice du Tribunal de première instance de Cotonou en faveur de dame Kpohinto Zossou qui serait la présumée propriétaire du domaine sis dans la Zoca. Sauf qu’il précise lui aussi avoir également exécuté les instructions de son ministre de tutelle d’alors, Barnabé Dassigli. Jean-Claude Codjia a étayé son argumentaire par une correspondance datant de novembre 2016 et signée du ministre d’alors. Il a expliqué que sa participation a juste concerné la répercussion d’une injonction de sa hiérarchie à Georges Bada. Il n’a plus eu de suite par rapport à l’exécution de cette instruction jusqu’à l’éclatement de l’affaire le 7 décembre 2020. C’est à cette date, confie le préfet, qu’il a eu connaissance de l’ordonnance de mesures conservatoires du Tribunal de première instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi demandant de surseoir à toute action dans le domaine.
« C’est ici que j’apprends que des membres du conseil communal d’Abomey-Calavi se sont partagé des parcelles dans le dossier », a ajouté le préfet de l’Atlantique. Jean-Claude Codjia estime que Georges Bada n’a pas eu recours à l’assistance-conseil comme cela se doit dans la conduite de ce dossier.

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Dassigli s’écroule à la barre

Le préfet cèdera ensuite la barre à l’ex-ministre Barnabé Dassigli. Ce dernier a déclaré avoir reçu le 3 mai 2016 une correspondance de l’ex-préfet de l’Atlantique-Littoral, Epiphane Quenum. Il tenait ce courrier de la part de son prédécesseur, Véronique Brun Hachémé, précédemment ministre en charge de la Décentralisation. Epiphane Quenum lui demandait à travers cette correspondance de mai 2016 l’exécution de trois décisions dont celle relative au domaine des 39 hectares. Barnabé Dassigli renseigne la cour que c’est suite à cette correspondance qu’il a saisi en novembre 2016, le préfet Jean-Claude Codjia à l’effet d’exécuter la décision de justice rendue au profit de dame Kpohinto Zossou également parmi les prévenus. La cour poursuivait l’audition de l’ex-ministre en charge de la Décentralisation quand celui-ci s’est subitement écroulé et a perdu connaissance à la barre. L’audience a été aussitôt suspendue. Barnabé Dassigli a été évacué de la salle et n’y est plus revenu après son malaise. Il est rentré chez lui tout comme le préfet de l’Atlantique. Les deux n’ont d’ailleurs pas été inquiétés par leur audition puisqu’ils intervenaient en tant que simples sachants et non témoins encore moins prévenus.
La cour a poursuivi le procès avec l’audition des autres prévenus qui n’ont pas été jusque-là écoutés. Elle a écouté les uns et les autres pour faire certainement sa religion sur le degré d’implication de chacun d’eux dans l’affaire, dont la plupart sont des membres du conseil communal d’Abomey-Calavi ou cadres de l’administration locale. Le débat a révélé que plusieurs des inculpés se sont retrouvés avec une ou plusieurs parcelles dans la zone querellée et morcelée. Sur les 325 parcelles issues du morcellement du domaine dans la Zoca, dame Kpohinto-Zossou, la présumée propriétaire, jure n’avoir obtenu que 110. Le reste des parcelles est resté dans l’engrenage du conseil communal d’Abomey-Calavi.

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