Crise au conseil communale de Lokossa: « Ce sont des intérêts individuels qui divisent », selon le préfet Komlan Zinsou

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Indexé souvent dans la crise qui secoue le conseil communal de Lokossa comme celui qui empêche la destitution du maire Pierre Awadji, le préfet du Mono, Komlan Zinsou, a accepté de nous entretenir sur ce sujet. Dans cette interview, il appelle les frondeurs à réviser leur position.

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La Nation : Depuis juin dernier, une majorité de dix conseillers communaux de Lokossa, chef-lieu de votre département, entretient une fronde contre le maire. Le processus du développement est quelque peu bloqué mais vous semblez ne pas vous y intéresser. Etes-vous indifférent à la crise ?

Komlan Zinsou : Effectivement, il y a blocage au niveau du Conseil communal de Lokossa. Je n’y suis pas indifférent. J’ai été amené à échanger avec quelques-uns des frondeurs qui m’ont dit pourquoi ils ont adopté ce comportement. J’ai rencontré également le maire à plusieurs reprises ensuite, le député Dakpè Sossou. De même, des sages de la ville sont venus me voir au sujet de la crise. A tout ce monde, j’ai dit que le conseil communal, c’est le lieu de la politique, le lieu où on discute des problèmes de la cité. Par conséquent, les conseillers communaux, doivent penser d’abord au développement de la commune de Lokossa, aux intérêts de la population quel que soit ce qui fâche. Mais ce n’est pas aujourd’hui le cas et ça me préoccupe. Je ne dors pas depuis que cette crise est née. De toute façon, je vais poursuivre la sensibilisation pour que les uns et les autres reviennent à de meilleurs sentiments.

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De vos différents échanges avez-vous perçu la pertinence des raisons qui fondent cette crise ?

Les raisons énoncées, franchement, ne m’ont pas convaincu. Parce que la satisfaction de ces intérêts-là ne va pas avoir un impact sur toute la population. Ce sont des intérêts individuels qui divisent les conseillers. Cela gêne un peu. C’est pourquoi je demande aux frondeurs de revoir leur position et de continuer à échanger avec le maire. Je suis sûr que ce dernier finira par les écouter. Et par rapport aux avantages qu’ils réclament, que le maire lâche un peu du lest pour que la vie reprenne à Lokossa.

Les frondeurs souhaitent désormais que le chef de l’Etat ou l’autorité ministérielle se penche sur la situation de Lokossa et que soit enclenchée la procédure de révocation du maire Pierre Awadji. La solution à la crise dépasse-t-elle le préfet que vous êtes ?

La solution est dans nos pieds. Pourquoi ils appellent le chef de l’Etat. Moi, je le représente valablement ici. Leurs accusations ne sont pas suffisantes. Ils n’ont qu’à revoir leurs ambitions.
En fait, le souhait des frondeurs, c’est que je puisse les aider à révoquer le maire. Mais tant que la personne n’a pas commis une faute lourde, je vais me fonder sur quoi ? Je ne vais pas avancer ce que je ne peux prouver. La hiérarchie nous a déjà saisi et nous a demandé de voir dans la gestion. Mais, nous n’avons pas trouvé de faute lourde, pour le moment.
Ce qui se passe actuellement au niveau du conseil communal de Lokossa n’est pas intéressant. Mais que la population comprenne que c’est le lieu de la politique. Toutefois, je la rassure que tout va évoluer avec la sensibilisation. Ensemble avec les sages, les cadres, nous allons régler ce problème. Aux frondeurs, je demande de ne pas être trop exigeants et extrémistes.

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