Crise au sein du football: Le chef de l’Etat s’implique, des groupes affichent leur réticence

Par Sabin LOUMEDJINON,

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A la suite du congrès électif à rebondissement le 10 juin dernier et les remous qui en ont suivi, le chef de l’Etat, le président Patrice Talon a tenté de sonner la fin de la récréation au niveau de la Fédération béninoise de football. En présence du ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence, Pascal Irenée Koupaki et le ministre en charge des Sports Oswald Homéky, le président Patrice Talon, en bon père de famille soucieux de l’avenir de la jeunesse passionnée de cette discipline a rencontré, au palais de la Présidence, les différents protagonistes de la crise. Il s’agit des camps Victorien Attolou, celui du député Augustin Ahouanvoébla et de Moucharafou Anjorin.

Des heures durant, le chef de l’Etat a patiemment écouté chacune des parties. Et a mieux appréhendé la profondeur de la dissension et l’ampleur du désastre au sein de la famille du football national. Puis, il leur propose ce qu’il croit nécessaire et bon pour sauver la situation, et arpenter le chemin d’un règlement définitif de ce qu’il convient d’appeler la longue crise du football béninois. Comme solution immédiate donc, le président de la République a proposé la mise en place d’un Comité transitoire consensuel (Ctc). Cet énième comité au chevet du football national sera fait de 21 membres et composé comme suit : les 15 membres du bureau issu du Congrès électif querellé du 10 juin dernier plus 6 autres membres dont 3 pour le camp Attolou et 3 pour le camp Ahouanvoébla.

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Inquiétudes et suspicions

Instruction est donnée au ministre des Sports pour préparer les textes devant donner un contenu audit comité et lui assigner une mission. Le président Patrice Talon promet de s’impliquer personnellement pour que les décisions issues dudit comité soient prises de façon collégiale sans que le camp majoritaire (les 15 issus du bureau d’Anjorin) n’impose son véto à chaque fois. Ce comité que propose le chef de l’Etat dispose d’un mandat de 2 ans.
Devant l’autorité, certains ont émis des inquiétudes. Ils se demandaient si la Fifa allait accepter cette proposition. C’est-à-dire un comité transitoire élargi jusqu’à 21 membres. Mais le président Talon a vite fait de les rassurer, précisant qu’il a auparavant eu des discussions avec certains milieux du football mondial.
Mais le hic est qu’une fois sortie du cabinet présidentiel les avis ont commencé à diverger. Certains estiment qu’accepter la chose telle quelle, c’est cautionner l’élection contestée de Moucharafou Anjorin et son équipe. Mieux, ils évoquent cette ordonnance du tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo qui a interdit la tenue du congrès querellé. «Ce n’est pas bien de braver une décision de justice», précisent-ils. Pour d’autres par contre, c’est normal de contester un bureau et accepter dans le même temps de travailler avec lui. Pour cela, ils auraient souhaité que les autorités ne reconnaissent pas l’élection du bureau de Moucharaf Anjorin, afin que chacune des parties prenantes au conflit dispose d’un quota équitable au sein du comité transitoire consensuel. Ils font même la concession d’accorder la majorité de 9 membres sur les 15 au camp Anjorin, «Mais accepter la totalité des membres de son bureau au sein du Ctc n’est pas normal», révèlent-ils.
Mieux, ils ne veulent pas braver l’autorité de la justice de leur pays. C’est dire donc que la proposition du chef de l’Etat «n’est pas satisfaisant» pour les deux autres camps, soutiennent-ils.
En attendant que les choses se concrétisent avec la rédaction du nouveau texte devant régir le nouveau comité à mettre sur pied pour le règlement de la crise, il y a lieu de signaler que beaucoup de divergences restent encore à aplanir.
Vivement que tout se passe bien. Que l’intérêt national pour une fois prime sur ceux des protagonistes.… pour l’amour de la patrie commune, le seul que tout le monde revendique: le Bénin!