Crise politique en Guinée et au Mali : la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao lève le ton

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Aurélien Agbénonci faisant le point de la conférence extraordinaire des chefs d’Etat de la Cedeao

Au terme de sa session extraordinaire tenue le 16 septembre dernier, la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao a réaffirmé le maintien de ses sanctions à l’égard de la Guinée. Elle reste ferme sur le retour à l’ordre constitutionnel aussi bien en Guinée qu’au Mali, selon des échéances bien rigides.

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La conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement a décidé de maintenir la suspension de la Guinée de toutes les instances de la Cedeao jusqu’à la restauration de l’ordre constitutionnel dans ce pays. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé d’imposer un délai de 6 mois pour les élections présidentielle et législatives afin de restaurer l’ordre constitutionnel en Guinée. C’est ce qui ressort du point fait, vendredi 17 septembre dernier, par Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, de retour du sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao. La Conférence a également décidé d’interdire la participation du fameux Cnrd aux prochaines élections et de prendre des sanctions ciblées, conformément au protocole de la Cedeao, contre les auteurs de ce coup d’Etat. Il s’agit non seulement d’identifier les responsables du coup d’Etat, de geler leurs avoirs, de restreindre leur circulation et leurs voyages dans l’espace de la Cedeao mais aussi d’étendre ces mesures restrictives à leurs familles. La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement a alors sollicité l’appui de l’Union africaine, des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’ensemble des partenaires pour la mise en œuvre de ces sanctions. La Cedeao va accompagner le processus de restauration de l’ordre constitutionnel dans ce pays. La conférence étudiera la nécessité de désigner un facilitateur pour la médiation. Par ailleurs, la Conférence a demandé au président en exercice d’effectuer une visite en Guinée en compagnie de quelques chefs d’Etat volontaires pour écouter les membres de cette junte et obtenir d’eux le respect des décisions prises.
Cette deuxième session extraordinaire organisée en présentiel témoigne du grand intérêt que la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement porte à la situation politique en Guinée. Dès le lendemain du coup d’Etat, le président en exercice de la Conférence, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo avait diligemment organisé un premier sommet par visioconférence le 8 septembre dernier, pour connaître de la situation avec ses pairs. Au cours de cette session en présentiel, la conférence a pris connaissance du rapport de la mission de haut niveau menée le 10 septembre dernier. La mission a pu rencontrer le colonel qui a pris le pouvoir en Guinée et le président Alpha Condé qui jouit d’une bonne santé mais dont la situation ne peut se perpétuer sous ce régime.

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Des inquiétudes sur la situation au Mali

Se prononçant sur la situation au Mali, la conférence s’est montrée préoccupée par quelques libertés observées dans la conduite de la junte au pouvoir… Un dérapage est à craindre. Les chefs d’Etat ont alors maintenu le délai de février 2022 pour l’organisation des élections qui vont rétablir l’ordre constitutionnel au Mali. « Sur le plan sécuritaire, les chefs d’Etat se sont penchés sur les velléités du gouvernement actuel du Mali de recourir à des forces extra-gouvernementales étrangères pour assurer la sécurité interne… Les chefs d’Etat ont montré leur vive préoccupation », rapporte le ministre Aurélien Agbénonci. C’est une situation qui ne conforte pas la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement car la question de la sécurité est gérée conjointement dans l’espace communautaire. Aurélien Agbénonci précise qu’à l’occasion de ce sommet, il a marqué l’accord du président Patrice Talon à l’ensemble des décisions prises par la conférence. « Mais le président de la République m’a également autorisé à m’exprimer sur le fait que le Bénin condamne la rupture dans les ordres constitutionnels dans nos pays. On ne peut pas développer nos pays si l’on retourne à cet ordre décadent d’il y a quelques années, qui faisait que nos pays étaient le théâtre de coups d’Etat qui portent atteinte à tout effort de développement. Le Bénin a souhaité que le pacte de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance soit renforcé et revu pour que des mesures claires soient prises en amont et en aval pour prévenir les situations qui conduisent à ces coups d’Etat», a-t-il ajouté. Les chefs d’Etat ont d’ailleurs prévu se revoir lors d’une retraite pour se pencher sur toutes les causes de ces dérives dans la gouvernance des Etats.

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