David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale: « Nous allons investir 150 milliards de dollars en Afrique »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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David Malpass, président de la Banque mondiale, a réitéré, jeudi dernier, l’engagement du Groupe à contribuer à la relance post-Covid en Afrique. Le continent devrait bénéficier de 150 milliards de dollars et des mesures relatives à la gestion de la dette pour la reprise économique.

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« Nous avons l’intention d’investir et de mobiliser environ 150 milliards de dollars en Afrique pour soutenir le redressement du continent après la pandémie et son développement à long terme », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale. C’était à la faveur d’une table ronde régionale sur les médias en Afrique de l’Ouest et centrale, tenue jeudi 20 mai dernier par visioconférence.
David Malpass réitère ainsi l’engagement pris, mardi 18 mai dernier, lors du Sommet du financement des économies africaines à Paris. Il souligne qu’une grande partie de ces ressources sera affectée « par le biais de subventions et de prêts à taux zéro à long terme de l’Association internationale de développement (Ida), qui continue d’assurer de solides flux nets positifs vers l’Afrique ».
Pour ce faire, annonce-t-il, une vingtième reconstitution « ambitieuse et réussie » des ressources de l’Association internationale de développement (Ida-20) se fera d’ici décembre 2021. Elle permettra de fournir les financements concessionnels et les subventions dont les pays africains ont besoin.
Depuis le début de la pandémie de Covid-19, rappelle M. Malpass, la Banque a mis à la disposition des pays africains plus de 24 milliards de dollars pour soutenir leurs systèmes sanitaires et leur reprise économique. Le Groupe appuie les pays pour l’achat et le déploiement des vaccins. Six projets ont déjà été approuvés, notamment pour le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire et la Gambie, et beaucoup d’autres devraient l’être en juin. Au total, 38 pays africains dont 18 en Afrique de l’Ouest et centrale ont demandé le soutien financier de la Banque mondiale, pour rattraper le retard dans l’accès à la vaccination.

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De la dette

La viabilité et la transparence de la dette seront essentielles pour attirer de nouveaux financements et investissements, selon David Malpass. En Afrique de l’Ouest et centrale, précise-t-il, la dette publique a presque triplé au cours de la dernière décennie, passant de 109 milliards de dollars américains en 2010 à 306 milliards de dollars en 2019, soit de 34,1 % à 56,4 % du Produit intérieur brut (Pib). Neuf pays sont évalués à haut risque de surendettement en 2019 contre trois en 2010.
Avec la Covid-19, les risques persistent. « La situation de la dette va certainement se détériorer davantage », analyse le président de la Banque mondiale. « Les solutions globales en la matière comporteront au moins quatre éléments : la suspension, la réduction, le règlement et la transparence de la dette », préconise-t-il.
A l’en croire, seize pays d’Afrique de l’Ouest et centrale ont demandé à participer à l’Initiative de suspension du service de la dette (Issd) du G20 soutenue par la Banque mondiale, qui a fourni aux pays un espace budgétaire pour faire face à l’impact de la pandémie à partir d’avril 2021. Au-delà, une solution permanente est nécessaire pour réduire l’ampleur de la dette dans les pays les plus pauvres.
La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi) coordonnent étroitement leurs efforts pour aider le G20 à mettre en œuvre le Cadre commun de réduction de la dette, assure David Malpass. Le succès du Cadre commun repose sur une pleine participation du secteur privé et sur l’amélioration de la transparence de la dette à travers la divulgation des données, estime-t-il.

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Action climatique : l’incontournable !

La lutte contre le changement climatique s’avère importante en Afrique de l’Ouest et du Centre, indique David Malpass. D’ici 2030, projette-t-il, 26 millions de personnes supplémentaires risquent d’être poussées sous le seuil de la pauvreté dans la région, avec les sécheresses, les inondations et l’érosion côtière induites par le réchauffement climatique. « Nous travaillons avec les pays pour renforcer leur capacité d’absorber, d’adapter et de transformer les systèmes en réponse au changement climatique», fait savoir le président de la Banque mondiale.
L’institution a adopté un Plan d’action sur le climat pour la période de 2021-2025 à travers lequel elle consacrera au moins 35 % de ses financements à l’action climatique pour contrer les chocs. Elle veillera également à ce que 50 % de ces financements soutiennent l’adaptation et la résilience.
Le Groupe de la Banque mondiale compte ainsi promouvoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi qu’une transition réussie vers un développement sobre en carbone. Les priorités portent sur les systèmes de l’énergie, l’agriculture, l’urbanisme, le transport et l’industrie qui contribuent à plus de
90 % des émissions mondiales.

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