Débat d’orientation budgétaire au Parlement: 1567,1 milliards F Cfa de ressources intérieures pour 2022

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Les elus du peuples

Les députés ont pris acte ce mardi, des perspectives économiques et financières de l’Etat pour la période 2022-2024. Le cadrage macro-économique devrait afficher spécifiquement pour l’année 2022, un montant de 1567,1 milliards F Cfa de ressources intérieures du budget général contre 1428,8 milliards F Cfa en 2021. Le ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, était devant la Représentation nationale dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire 2022.

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Les ressources totales du budget général de l’Etat devraient afficher une hausse de 12,6 % en moyenne annuelle sur la période 2022-2024. Spécifiquement pour 2022, elles s’afficheraient à 1 567,1 milliards F Cfa contre 1 428,8 milliards F Cfa en 2021, soit une hausse de 9,7 %. Les dépenses du budget général connaitraient un taux de progression moyen de
9,7 % sur la période 2022-2024. C’est du moins ce qui ressort du Débat d’orientation budgétaire 2022 ce mardi à l’Assemblée nationale.
Selon le rapport présenté à la plénière par la Commission des Finances et des Echanges qui a étudié les différents documents budgétaires transmis au Parlement par le gouvernement, on retient que la politique de mobilisation de ressources se focalisera d’une part sur la sécurisation des ressources collectées, l’élargissement de l’assiette fiscale et la promotion du civisme fiscal d’autre part. A l’horizon 2024, les ressources du budget général atteindraient 2 036,562 milliards F Cfa. Au niveau des charges, elles s’afficheraient à 2 347,885 milliards F Cfa en 2024 contre 1 880 milliards F Cfa en 2022, soit une hausse de 24,8 %. Sur la base de l’évolution des ressources et des charges du budget général, le déficit budgétaire devrait enregistrer une amélioration, note le rapport. Il s’établirait à 312,9 milliards F Cfa en 2022 et passerait à 311,3 milliards F Cfa en 2024 contre 350,2 milliards F Cfa en 2021.
Ces prévisions découlent des perspectives économiques et financières de l’Etat pour la période 2022-2024. Elles tiennent compte des orientations économiques du budget de l’Etat, gestion 2022 et du cadrage macroéconomique à moyen terme 2022-2024 avec en point de mire la situation dans le monde, en Afrique subsaharienne, au Nigeria et dans la zone Uemoa.

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L’heure de l’industrialisation

On retient qu’au plan national, le gouvernement tient compte de tous les scénarii de croissance. Il y a d’abord le scénario de référence qui suppose un retour progressif de l’économie à son sentier de croissance d’avant la crise de la Covid-19. Il considère une reprise entourée d’incertitudes en 2021, notamment au plan sanitaire, qui va s’accélérer toutefois dans le temps en lien avec la découverte de vaccins anti-Covid, les campagnes de vaccination en cours dans plusieurs pays dont le Bénin et la poursuite de la mise en œuvre des gestes barrières à la propagation de la maladie. Dans ce scénario, le taux de croissance s’affichera à 7,0 % en 2022 et ressortirait à 7,5 % à l’horizon 2024. Il y a ensuite le scénario pessimiste intégrant le risque lié à la situation sanitaire, dont la découverte et la propagation de nouvelles variantes de la Covid-19. Il suppose la survenance d’autres risques dans des conditions financières peu avantageuses et peu propices à la célérité adéquate des grands chantiers de l’Etat. Dans ce scénario, le taux de croissance de l’économie devrait s’afficher à 4,5 % en 2022 contre
4,2 % en 2021 et atteindrait
5,0 % à l’horizon 2024. Enfin, le scénario optimiste suppose un retour à la trajectoire de l’économie d’avant crise dès 2021 et l’atteinte progressive du sentier de croissance du Programme national de développement. Ce scénario suppose, selon la Commission des Finances et des Echanges, une forte atténuation sanitaire dès 2021, une évolution favorable des autres risques qui pèsent sur l’économie, dans des conditions climatiques et des conditions financières particulièrement avantageuses, propres à une mise en œuvre rapide des réformes structurelles et des investissements structurants. Dans ce scénario, le taux de croissance s’afficherait à 7,6 % en 2021 et 9,5 % en 2024.

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Augmenter le Smig

Les objectifs de la politique économique du gouvernement sur la période 2022-2024 intègrent également la stratégie financière des collectivités locales, la stratégie d’endettement, la situation financière des entreprises publiques, les perspectives de la Caisse nationale de Sécurité sociale (Cnss) et celles au niveau du Fonds national des retraites du Bénin (Fnrb).
Les députés, au cours du débat général, ont salué la pertinence des options économiques envisagées. Ils ont félicité le gouvernement pour ses efforts dont les fruits sont visibles depuis 2017 à travers les réformes et les vastes chantiers de développement. Toutefois, les députés ont posé quelques préoccupations notamment les raisons de l’inflation sur le marché ; la nécessité d’augmenter le Smig et les pensions pour atténuer la souffrance de la population; le déficit d’industrialisation notamment celui de la transformation surtout du coton ; l’état d’avancement du projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, la fermeture de certaines ambassades à l’étranger et l’urgence pour l’Etat d’accompagner les mairies dans leur plan de développement communal.
Le ministre d’Etat Romulad Wadagni a apporté des éléments de réponses à toutes ces préoccupations pour dissiper les inquiétudes des députés. Selon lui, la transformation des produits agricoles à travers de grandes industries, la poursuite des réformes qui font aujourd’hui du Bénin un pays envié et le renforcement du social constituent les trois piliers importants des actions du gouvernement pour les cinq prochaines années. Romuald Wadagni reconnait que le développement de l’économie passe obligatoirement par l’élargissement du secteur de l’industrie. C’est-à-dire une industriation sélective et ciblée sur les atouts du secteur primaire. C’est pour cela, informe-t-il, que la zone industrielle de Glo-Djigbé a été créée et destinée à la transformation des produits agricoles surtout du coton en produit fini. Par rapport à l’augmentation du Smig, l’argentier national révèle que les discussions à propos qui avaient été suspendues avec le Patronat pour cause de la Covid-19 ont déjà repris. En attendant l’aboutissement des échanges, les fonctionnaires gagne-petit constateront un changement positif sur leur salaire à partir de 2022 avec la révision en vue de la grille salariale, assure le ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances.