Décès d’Adrien Ahanhanzo Glèlè : Un combattant pour la transparence s’en est allé

Par Fulbert Adjimehossou,

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Son combat s’est achevé. Adrien Ahanhanzo Glèlè s’en est allé, ce dimanche 4 septembre, après avoir consacré toute sa vie à servir et à lutter pour de nobles causes. « Nous irons jusqu’au bout», disait-il dans une interview accordée à la journaliste Nelly Bassily en mars 2006. Il forçait en ce moment avec d’autres acteurs de la société civile la main au régime de feu Mathieu Kérékou pour l’organisation à bonne date de l’élection présidentielle. Le Professeur Adrien Ahanhanzo Glèlè a laissé beaucoup de traces en matière de veille citoyenne, de promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Le troisième président de Transparency Bénin, qui a succédé à l’ancien ministre Roger Gbégnonvi, s’est beaucoup battu pour les questions de développement. « J’étais un homme politique très engagé dans le développement de mon pays. J’ai commencé l’action au niveau des partis politiques auxquels j’ai appartenu. Et je me rends compte très vite que les partis politiques deviennent la propriété de celui qui est à la tête. Et ça, je ne peux pas supporter. Et comme je ne peux pas non plus croiser les bras, et que j’ai des compétences à apporter à mon pays, je me suis engagé dans une organisation non gouvernementale qui fait un travail qui correspond à mon tempérament et à ma vision, c’est-à-dire Transparency International Bénin », justifiait-il. Avant d’en arriver là, l’ingénieur agronome a excercé de hautes fonctions au sommet de l’Etat, comme celle de ministre du Développement rural. Adrien Ahanhanzo Glèlè a été aussi secrétaire général de la Commission nationale permanente de la Francophonie, correspondant national de l’Organisation internationale de la francophonie. il fut aussi représentant personnel du président de la République du Bénin au Conseil permanent de la Francophonie à Paris. Son combat au sein du Réseau des structures et Institutions nationales en charge de la Francophonie en Afrique de l’Ouest a été remarquable. Si l’engagement du Bénin au sein de la Francophonie en Afrique de l’Ouest est apprécié de tout le monde, c’est parce que le Professeur Adrien Ahanhanzo Glèlè a vraiment marqué le terrain. Ceux qui l’ont connu à la Commission nationale permanente de la Francophonie du Bénin retiennent de lui son humilité, son engagement et sa détermination. L’homme de science est un modèle pour beaucoup de chercheurs, proches de lui ou non. « C’est à cause de lui que j’ai fait l’agronomie. C’est un agronome formé à Toulouse. Il était parmi les meilleurs avec Amoussou Bruno. Il est caractérisé par la franchise», témoigne Professeur Corneille Ahanhanzo Glèlè, spécialiste de biotechnologie végétale et de sélection génétique végétale.

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Encadré

Jean-Baptiste Elias, Président du Fonac « C’est un homme de caractère » Adrien Ahanhanzo Glèlè est un acteur principal de la société civile. Il fut président de Transparency International Bénin. Je voudrais présenter au nom du Front des organisations nationales contre la corruption (Fonac) à sa famille et à toute la société civile, mes condoléances les plus attristées. C’est une perte que nous venons d’avoir. Je rappelle qu’il fut ministre dans ce pays. Il a été président de la Commission chargée du dossier de corruption de plusieurs milliards de FCfa qui a touché un certain nombre de caciques du régime en place à l’époque. Ça lui a valu beaucoup d’inimitié, mais Adrien Ahanhanzo Glèlè est un homme de caractère qui n’a pas trahi la cause de la société civile. Il s’est toujours rangé dans le camp de l’honneur et de l’intégrité pour que notre pays puisse se retrouver dans le concert des nations afin qu’à défaut de cesser, la corruption puisse diminuer sensiblement.

Feu ministre Adrien Ahanhanzo Glèlè

C’est une grande perte pour le pays, parce que de par sa formation d’ingénieur agronome, il a tenu beaucoup de postes de responsabilité. Dans sa vie également, il a été condamné à mort sous la Révolution. Heureusement que la sentence n’a pas été exécutée. Ceux qui sont à l’origine de cette condamnation sont pour la plupart décédés avant lui. Que son âme repose en paix et que nous puissions prendre exemple sur lui. Nous qui travaillons dans le domaine de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption devrons continuer le travail qu’il a entamé pour que notre pays puisse avoir les moyens nécessaires pour s’auto-suffire et se développer. Je voudrais saluer sa mémoire. Ce qui le caractérise, c’est la rigueur et le travail bien fait. Il a des principes qu’il faudrait respecter. Quand il est convaincu de quelque chose, il y va avec foi et détermination