Décès du syndicaliste Dieudonné Lokossou: Témoignages

Par LANATION,

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LOKOSSOU Dieudonné, syndicaliste

Noël Chadaré, Sg de la Cosi-Bénin

« C’est un amoureux de la justice… »
Ce qu’il faut retenir de lui, c’est sa sincérité, son honnêteté et son courage. C’est un homme qui n’a pas sa langue dans la poche, quand il est convaincu qu’il faut mener un combat contre l’injustice. Vous pouvez tout dire, vous ne pourrez pas lui faire changer d’avis. Il se lance parce qu’il est convaincu qu’il faut lutter contre l’injustice. Il est audacieux, plein d’humanité et très sensible à ceux qui souffrent. Il est très compatissant, très solidaire et sociable. C’est un homme qui passe tout son temps à aller au secours des autres. Tant qu’il y a des combats à mener, il est là. Même à la retraite, vous constatez qu’il continue de se prononcer sur des situations, au niveau national et international. C’est un amoureux de la justice. Il laisse un grand vide. Les gens comme lui sont rares. Ce n’est pas pour faire des éloges. A la famille, j’adresse mes condoléances.

Guillaume Attigbé, ancien secrétaire général de la Csa, actuel président du Cnds

« C’est un exemple que la jeunesse doit pouvoir suivre … »
C’est avec surprise et consternation que j’ai appris la triste nouvelle ce matin au réveil. Le camarade Lokossou était encore chez moi à mon domicile il y a quelques jours, où moi-même j’étais alité. Très attachant, le camarade Lokossou Dieudonné a été celui que j’ai toujours qualifié de meilleur collaborateur que j’ai connu au plan syndical. Honnête homme, très dévoué à la cause de la classe ouvrière, Dieudonné, à mon avis, a beaucoup apporté aux travailleurs, que ce soit au plan national ou au-delà de nos frontières. Il est un responsable syndical très honnête.
Son honnêteté est connue de tout le monde. Il n’a pas sa langue dans la poche. Il est un combattant intrépide et je pense que c’est un exemple que les syndicalistes d’aujourd’hui, la jeunesse, surtout celle-là qui s’engage dans la lutte ouvrière doit pouvoir suivre. Lokossou dans nos rangs est unique en son genre. Avec lui, il n’y a pas de sujet tabou, il y va comme il l’entend. Donc, c’est une grande perte que nous venons de subir avec sa disparition, parce que personne ne s’y attendait. Il a traversé des épreuves plus rudes mais s’en était toujours sorti. C’est une courte maladie de 48 h pratiquement qui l’a emporté. Donc, je présente mes condoléances à sa famille, à tous ses proches, à la classe ouvrière béninoise. Que son âme repose en paix.
Avec mon prédécesseur M. Ibrahima Zakari, nous l’avons démarché en son temps, parce que son syndicat, celui de la Sonacop était un syndicat autonome et nous avons remarqué de par les actes qu’il posait, qu’il était quand même quelqu’un avec qui on pouvait composer. Donc, on est allé le chercher dans les années 1996-1997 après la naissance de la Csa-Bénin et très tôt, il s’est distingué quand il est rentré dans l’organisation. Et surtout par rapport à la structuration du secteur privé, à l’affiliation des organisations syndicales de ce secteur, il a beaucoup apporté et c’est ce qui lui a valu cette promotion. La Csa-Bénin, n’oubliez pas avec les premières élections professionnelles, était sortie première Centrale syndicale dans le secteur privé. C’est ça qui lui a donné cette promotion-là, car quelqu’un qui a autant apporté, qui a consolidé les bases de l’organisation comme il l’a fait, il faut lui donner ce qu’il mérite. Donc, c’était un mérite. Il a travaillé à l’enracinement de la Confédération. Ce n’est pas une promotion par hasard, mais c’est tout un mérite.

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Paul Essè Iko, ex secrétaire général de la Cstb

« C’est un homme de courage, de poigne… »
Nous avons de l’amertume. Nous sommes un peu désarçonnés parce que Dieudonné Lokossou est un camarade, un frère. Il est un responsable syndical d’une trempe telle que le Bénin en aura besoin pendant longtemps. Quand on nait homme, pèlerin de ce monde, c’est juste pour confronter son caractère, ses actions et ses activités face à la rudesse des hommes qui vous oppriment, face aux problèmes causés par la non satisfaction des revendications et c’est ce à quoi, avec Dieudonné Lokossou, nous nous attachons. C’est dire que nous essayons de lutter avec courage et entrain.
Lokossou Dieudonné s’est révélé à la Sonacop, puis lorsqu’il s’est agi de remplacer le Sg de la Csa, il s’est aussi fait entendre. C’est un homme de courage, de poigne, avec qui nous avons fait face au régime de Boni Yayi qui n’a pas voulu satisfaire les revendications. Dieudonné Lokossou a pu apporter sa part au combat libérateur au Bénin. Il a toujours dit, je ne suis pas Pcb mais je leur tire chapeau et je les aime. Pour rappel, lorsque Boni Yayi est parti en guerre contre le port des habits rouges, Lokossou a publiquement dit : «Le rouge c’est la vérité ». Donc, il nous aime. Il travaille avec nous. Il constate que nous avons notre point de vue, notre audience et il respecte cela.
Il n’est plus secrétaire général mais il continue de lutter à nos côtés pour les problèmes essentiels. C’est une perte pour nous. Je souhaite toujours à cette occasion que la jeunesse prenne exemple sur ceux qui ont pu consacrer leur vie à lutter pour la justice, la démocratie. Lokossou est parti, que la terre lui soit légère. Et si dans l’au-delà il existe une rencontre avec les anciens, qu’il nous salue Gaston Azoua et tous les autres camarades qui nous ont laissés. Alors, je dis paix à son âme et que sa postérité vive.

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Alexandre Adjinan, président de la Commission nationale des jeunes de Cosi-Bénin :

« C’est une surprise désagréable pour la jeunesse syndicale… »
C’est avec tristesse et grand émoi que j’ai appris la nouvelle du décès du doyen Dieudonné Lokossou, ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin). Je dois avouer que je ne m’attendais pas à sa mort en ce moment, en cette période parce que j’estime que nous avons encore besoin de lui pour quelques années, afin qu’il puisse nous nourrir de ses expériences et de ses conseils. C’est une surprise désagréable pour le monde syndical béninois, pour la jeunesse syndicale dont nous faisons partie, pour tous les travailleurs du Bénin. C’est dur que face à cette volonté de l’Eternel des armées, nous humains soyons impuissants.
Ce que je retiens du camarade Sg Dieudonné Lokossou, c’est la combativité, le courage, la détermination, le franc parler parce que le camarade Dieudonné Lokossou a le charisme d’un secrétaire général confédéral et je me souviens de ses différentes interventions lors des mouvements de grève ou des conférences de presse organisées par les organisations syndicales pour se prononcer sur un sujet d’actualité et lié au monde syndical, politique ou social. Je retiens que c’est quelqu’un qui dit ce qu’il pense, qui est trop direct, qui est sincère, qui ne sait pas tourner autour du pot. Il crache ce qu’il pense et qui vient du fond de son cœur. Le doyen, comme j’ai l’habitude de l’appeler, vous dit la vérité. C’est une valeur que nous venons de perdre et moi particulièrement j’ai toujours bénéficié de ses conseils puisque je suis devenu proche de lui.
Dieudonné Lokossou a beaucoup d’estime pour le jeune syndicaliste que je suis. Il va beaucoup nous manquer et me manquer particulièrement parce qu’il a dit, à plusieurs reprises, que je suis un jeune syndicaliste qu’il a découvert, mais que je suis pour lui un fils. Donc, c’est un papa que moi j’ai perdu, que nous avons perdu et ça fait vraiment mal, il va beaucoup nous manquer.
C’est un grand leader qui sait collaborer avec ses camarades de lutte. Il est sincère en amitié. Lorsqu’il veut vous soutenir, il met les moyens pour le faire. Donc, il est vraiment sociable et il n’est pas que défenseur des travailleurs. C’est un homme qui a beaucoup de qualités sur le plan social. Il sait sauvegarder la fraternité, le vivre-ensemble. C’est une grande valeur que nous avons perdue. On ne s’y attendait pas. Mais Dieu en a décidé autrement. Nous allons souffrir de ce départ que nous qualifions de prématuré.

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Propos recueillis par Arnaud DOUMANHOUN & Fulbert ADJIMEHOSSOU