Dernières consultations sur les Finances publiques béninoises: Les recommandations du Conseil d’administration du FMI au Bénin

Par Bruno SEWADE,

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Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations avec le Bénin au titre de l’année 2015. Au terme de ces consultations, les administrateurs, selon un communiqué du Fonds, attendent avec intérêt la poursuite des mesures destinées à améliorer la qualité et l’actualité des données économiques, en particulier celles relatives aux secteurs budgétaire et extérieur. C’était le 11 décembre dernier au siège de l’institution à Washington, selon un communiqué en date du 16 décembre.

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Pour la troisième année consécutive, le Bénin devrait enregistrer en 2015 un solide taux de croissance, de l’ordre de 5%, en dépit des récents vents contraires provoqués par le ralentissement de l’économie du Nigeria, son principal partenaire commercial. C’est l’une des remarques des dernières consultations du Fonds monétaire international (FMI) avec le Bénin.

Selon un communiqué du Fonds en date du 16 décembre dernier, l’augmentation de l’investissement public devrait maintenir en 2016, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel aux alentours de 5,5%. L’inflation quant à elle, devrait rester modérée.
Globalement, les perspectives à moyen terme sont aussi positives, mais exposées à d’importants risques, dont un ralentissement plus marqué de l’économie nigériane et des retards dans la mise en place des réformes structurelles, lesquels pourraient affaiblir la dynamique de croissance, indique le communiqué.
Les faibles niveaux d’endettement, précise le communiqué, donnent la possibilité au gouvernement de mettre en œuvre ses plans ambitieux d’accroître davantage les investissements dans le moyen terme.
En effet, pour mettre en place ses plans d’investissement pour 2015 malgré la sous- performance des recettes, le gouvernement a fortement augmenté le montant d’obligations émises sur le marché financier régional afin de financer des dépenses d’investissement plus élevées avant les élections de février 2016. La dépendance de l’Etat vis-à-vis du marché financier régional pour le financement de son budget a été facilitée par la politique monétaire accommodante de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

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Les politiques prudentes saluées

Selon le communiqué du FMI, les administrateurs saluent les politiques prudentes des autorités qui ont contribué à de solides résultats macro-économiques. Toutefois, une croissance plus forte, durable, et plus inclusive est indispensable pour réduire la pauvreté, face à un environnement plus difficile, y compris le ralentissement économique du Nigeria voisin. Ils soulignent la nécessité d’intensifier les progrès pour améliorer la gestion de la politique budgétaire et d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles pour renforcer le climat des affaires et promouvoir une plus grande diversification.
Les administrateurs reconnaissent que le plan d’intensification des investissements en infrastructures des autorités béninoises est bien placé pour renforcer la croissance et que la politique budgétaire prudente du passé apporte une certaine marge de manœuvre pour financer des investissements plus élevés. Cependant, ils recommandent d’augmenter ces investissements de façon plus graduelle et priorisée. Cela donnerait plus de temps pour améliorer davantage la gestion des finances publiques, qui est fondamentale pour assurer des investissements de haute qualité ayant une forte incidence sur la croissance économique.
Les administrateurs recommandent également la prudence face à la forte hausse du financement sur ressources intérieures, et soulignent qu’il convient de surveiller de près l’augmentation des coûts budgétaires que représente ce financement par rapport au financement concessionnel. De même que les risques macro-financiers qui y sont associés du fait des liens entre l’État et les banques.
Les administrateurs soutiennent les efforts de réformes structurelles des finances publiques entreprises par les autorités et les invitent à les mettre en œuvre dans les délais appropriés. Compte tenu de l’accroissement de la dette pour financer les investissements, ils soulignent la nécessité de mobiliser des recettes intérieures, en intensifiant encore les réformes fiscales et douanières, pour assurer la viabilité budgétaire à moyen terme.
Il sera également important de renforcer davantage la gestion de la dette, y compris l’élargissement de la couverture pour inclure la dette des entreprises publiques, afin d’assurer le suivi des risques.

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Poursuivre les améliorations du climat des affaires

Les administrateurs préconisent de poursuivre les améliorations du climat des affaires et des infrastructures du marché financier pour consolider les fondements d’une croissance plus diversifiée, tirée par le secteur privé. L’accélération de la mise en place d’une centrale de risques et de la réforme des titres de propriété contribueraient considérablement à améliorer l’inclusion financière et à soutenir l’accroissement du crédit au secteur privé, de même qu’une accélération de la réforme judiciaire faciliterait le respect des contrats et l’approfondissement du secteur financier. Les administrateurs font remarquer que les améliorations du climat des affaires, ainsi que le paiement par l’État de ses obligations envers les banques et les entreprises privées dans les délais, aideraient à réduire le nombre élevé de créances improductives. Ils invitent également à un renforcement du contrôle, compte-tenu des risques de concentration du crédit, et préconisent des mesures pour améliorer la surveillance du secteur de la micro-finance de façon à ce qu’il puisse continuer à jouer son rôle d’aide à l’accès aux services financiers pour les ménages à faible revenu?