Derniers hommages au feu Professeur Félix Iroko:Le monde universitaire rend témoignage à une fierté nationale

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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L’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin a organisé, vendredi 11 décembre dernier, une majestueuse cérémonie d’hommages au feu Professeur Félix Iroko. Décédé des suites d’un accident, la mémoire de l’historien de haut rang, a été honorée par d’éminentes personnalités politiques, un impressionnant collège de professeurs et une forte délégation d’étudiants.

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A personne exceptionnelle, hommages exceptionnels ! Dans l’après-midi du vendredi 11 décembre dernier, l’insigne procession de la dépouille mortelle, de la Bourse du Travail à la grande salle du Hall des Arts, suffit à témoigner du rang du disparu : feu Felix Iroko, un homme pas des moindres, un historien pas des moindres, un professeur pas des moindres. Les derniers hommages rendus à l’académicien disparu, étaient bien dignes de son rang. « Il fut un grand enseignant d’histoire qui a formé plusieurs générations; un grand maître dont les qualités et l’art d’enseigner plaisent à ceux qu’il a tenus en Histoire… », en témoigne le représentant des étudiants du Professeur Félix Iroko. Ancien étudiant de l’académicien, Dr Justin Avolonto a salué la mémoire d’un homme humble qui savait se débarrasser de ses titres ronflants, pourtant mérités, pour se mettre au service de la science.

A sa suite, le Professeur Jérôme Alladayé a rappelé combien l’homme était attaché à l’histoire et à la science. « Cher professeur Iroko, repose en paix. Supplie Dieu d’accorder la force de surmonter ta disparition à ton épouse, tes enfants, ta famille, tes collègues, tes amis ainsi qu’à tes admirateurs plus nombreux que tu ne peux l’imaginer », va invoquer le professeur Jérôme Alladayé. En dépit de la douleur que provoque cette disparition, la famille du Professeur Félix Iroko garde l’espoir que l’homme a choisi la bonne part: l’éternité auprès du créateur qui donne la vie et reprend la vie. « Dominus dedit, Dominus abstulit, sit nomen Domini benedictus (Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni) », va d’ailleurs déclarer le président de l’Ansalb, le Professeur Mahouton Norbert Hounkonnou.

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Il a laissé un héritage insondable…

Doyenne de la Faculté des sciences humaines et sociales, la Professeure Odile Dossou Guedegbe, rend témoignage à Félix Iroko : « Un maitre du savoir s’en est allé… Le Professeur Félix Iroko est une icône scientifique que nous avons découverte en 1986 alors qu’il était mon professeur d’Histoire… Cher Professeur Félix Iroko, soyez fier des étudiants que vous avez formés et qui sont aujourd’hui des cadres… ». Représentant le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, le premier vice-recteur désigne le Professeur Félix Iroko comme un enseignant exceptionnel recruté à l’Université nationale du Bénin depuis 1973, qui est resté fidèle à sa vocation jusqu’à sa mort et a valorisé son savoir au-delà du continent africain. Le promoteur de la Haute école de commerce et de management, Aké Natondé, ajoute : « Cher Professeur Felix Iroko, vous avez marqué votre passage à la Haute école de commerce et de Management. Vous avez suscité l’admiration de vos étudiants… Votre pédagogie continue d’inspirer vos collègues professeurs…… ».

Aké Natondé fait savoir que l’illustre disparu a été directeur académique dans son école avant de devenir vice-président puis président du Conseil scientifique de l’établissement. Le président de l’Ansalb, Mahouton Norbert Hounkonnou, va également reconnaître les mérites de ce professeur hors pair, un érudit exceptionnel de l’histoire africaine, un utile homme pour sa nation et pour la communauté scientifique… « Sa vie fut courte mais de toute évidence, incontestablement riche, dense, immense… Nous restons dans l’espérance qu’il est dans la félicité éternelle », a soutenu Norbert Hounkonnou. Le savoir du disparu fait l’unanimité. « Je suis venu saluer l’intelligence, la passion du savoir, le désir de faire connaître son pays. Le Professeur Félix Iroko l’a fait avec humilité, méthodologie et engagement… Qu’il repose en paix !» ; c’est le témoignage du président de l’Union progressiste, Bruno Amoussou. A tour de rôle, le ministre de la Culture, du Tourisme et des Arts, Jean-Michel Abimbola et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Éléonore Yayi Ladékan vont rappeler que l’académicien disparu est une personnalité de grande envergure dont la science a abreuvé tant de générations ; une bibliothèque et une fierté nationale.

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Qui est Félix Iroko ?

Né en 1946 à Zè, Abiola Félix Iroko est un historien béninois, originaire de Kétou. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur les civilisations de l’Afrique de l’Ouest et sur l’esclavage en Afrique. Dépeignant l’homme et ses œuvres, Dr Emery Patrick Effiboley, chef du département d’Histoire et d’Archéologie fait savoir que Félix Iroko est titulaire d’une Licence ès-lettres en sciences humaines, d’une Maitrise en la même matière, d’un doctorat en Histoire puis d’un Doctorat de lettres et de sciences humaines de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Félix Iroko était Professeur au département d’Histoire et d’Archéologie de l’Université d’Abomey-Calavi. Il a gravi tous les échelons du Cames et a fait valoir ses droits à la retraite le 1er octobre 2012 après plus de quarante ans de fonction.

Le Professeur Félix Iroko est auteur de plus de 60 publications dans les revues internationales de renom, d’environ 600 articles de vulgarisation scientifique et d’une vingtaine d’ouvrages. Entre autres ouvrages qu’on doit au célèbre historien : «L’homme et les termitières en Afrique» paru en 1996; «Les cauris en Afrique Occidentale du dixième au vingtième siècle», paru en 1988 ; «Le président Mathieu Kérékou, un homme hors du commun» paru en 2001; «Les villes yoruba du
Dahomey : l’exemple de Ketu» paru en 1975 avec Ogunsola John Igue ; «La côte des esclaves et la traite atlantique : les faits et le jugement de l’histoire», paru en 2003. Conseiller au titre de la première mandature du Conseil économique et social,
Félix Iroko était membre de l’Association des historiens africains, membre fondateur de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin dont il a été le secrétaire perpétuel adjoint de 2010 en 2014. Celui que le monde universitaire pleure, est décédé le 13 novembre dernier des suites d’un accident, avec près d’une dizaine d’ouvrages encore en projet.