Descente dans des carrières de sable dans l’Atlantique: Le préfet Jean-Claude Codjia rappelle les exploitants à l’ordre

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Le préfet Jean-Claude Codjia invitant les promoteurs de carrières à s’acquitter de leurs redevances

Assisté de différents acteurs impliqués dans le dragage du sable, le préfet du département de l’Atlantique Jean-Claude Codjia a visité, ce mercredi 13 juin, quelques carrières de sable dans les communes d’Abomey-Calavi et de Ouidah. Cette tournée inscrite dans le cadre des descentes périodiques du préfet vise à vérifier si les opérations minières se font dans le respect de la réglementation en vigueur.

« Ce site n’est pas à jour vis-à-vis des œuvres sociocommunautaires. Vous me le fermez jusqu’à ce qu’il régularise sa situation à la banque », a instruit le préfet Jean-Claude Codjia aux forces de l’ordre, suite au constat fait hier sur le périmètre minier exploité par la société Verborag sise à Adounko. Il est reproché au promoteur de ce site Théodore Agazousson, le non paiement du minimum de 30 % requis à ce jour, au titre des souscriptions des exploitants aux œuvres sociales pour l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines. « En effet, les promoteurs ont l’obligation de respecter les clauses de la convention qu’ils ont librement signée et qui les autorise à s’installer », a indiqué le préfet de l’Atlantique. Entres autres exigences, ils doivent respecter les heures d’exploitation : 6 h à 22 h et les heures de vente : 6 h à 18 h ; s’acquitter des fonds destinés aux actions sociocommunautaires et à l’indemnisation des propriétaires, payer régulièrement les redevances minières… 

Dans chacun des dix périmètres miniers visités, il s’agissait pour la délégation conduite par le préfet du département de l’Atlantique de vérifier si la convention est valide, si les heures d’ouverture et de fermeture sont respectées, si les fonds relatifs aux œuvres sociales, aux indemnisations de propriétaires et aux redevances minières sont versés. C’est suite à ce contrôle que le préfet a prononcé la fermeture ipso facto de la société Verborag.
Parmi les dix sites parcourus, seulement deux étaient en règle. Il s’agit de la société Afritec dirigée par Expédit Bossa et de la société Minex-Bénin managée par le président des promoteurs de carrières, Corneille Codjo. Le préfet a salué leur exemplarité, invitant les autres promoteurs à leur emboîter le pas. Il a tenu à remercier de manière particulière l’équipe managériale de la société Minex-Bénin qui accomplit bien au-delà des œuvres sociales attendues. Tout en les rassurant de l’accompagnement de son administration pour le développement de Togbin et environs, il a plaidé pour que la société Minex-Bénin œuvre pour l’approvisionnement en eau potable des populations riveraines.

Huit entreprises en situation irrégulière

Outre la société Verborag, sept autres sociétés ont été mises en demeure. Il s’agit de la société Logistique Assurance située au quartier Amanhou, Od Sarl à Togbin, Bmr Sarl et Grâce de Jehovah à Togbin Daho, les sociétés Ibp de Togbin Kpèvi et Sad d’Akogbato. Tous ces sites ont été fermés pour non paiement des fonds relatifs aux œuvres sociales. Par ailleurs, il a été constaté que des particuliers résident sur certains périmètres miniers. L’autorité préfectorale s’est alors engagée à prendre des mesures diligentes pour leur déguerpissement.
A en croire le préfet, les sanctions à l’encontre de ces huit sociétés en situation d’irrégularité ne visent pas à les décourager mais à les inciter à jouer leur partition dans l’amélioration des conditions de vie des populations. Car la contribution des promoteurs de carrière dans l’économie nationale n’est pas négligeable. « C’est une activité importante. Avec les opérations de dragage, le lit des cours d’eau et bas-fonds est plus profond et cela permet de contenir l’eau et de limiter les inondations.
En outre, les populations riveraines bénéficient d’un plus large espace remblayé, d’œuvres sociales telles la construction d’écoles ou de centres de santé… », a précisé le préfet Jean-Claude Codjia. Pour la circonstance, il était accompagné des représentants de la direction générale des Mines, de l’Agence béninoise de l’Environnement, de l’Institut géographique national, du Comité national de suivi du dragage, et du président des promoteurs de carrière?

L’urgence d’une inspection approfondie !

Essentiellement financier, le contrôle effectué par la délégation du préfet n’est pas allé au fond des problèmes environnementaux et de gestion. Sur tous les sites visités, les populations ont fustigé les opérations minières qui, au lieu d’améliorer leur cadre de vie, le détériorent davantage. D’aucuns reprochent aux promoteurs de dégrader les voies et d’élargir l’envergure des bas-fonds. D’autres avancent que les promoteurs dépassent la profondeur requise pour l’extraction de sable. Des accusations qui méritent une inspection technique. Hélas ! L’Etat ne disposerait même pas du matériel requis pour le contrôle de profondeur, selon Clément Kotan, spécialiste des questions d’environnement et membre de la délégation.
Les commentaires des populations et des promoteurs de carrière laissent envisager une crise larvée qui existe non seulement entre les populations et les promoteurs mais aussi entre les promoteurs et le Comité national de suivi du dragage. L’un des promoteurs n’a pas hésité à crier haro sur le Comité national de suivi du dragage.
Par ailleurs, il a été constaté sur certains sites miniers que des lotissements ont été effectués. Interpellé sur la question, le chef de l’arrondissement de Godomey fait savoir que les domaines ont été agréés par l’Institut géographique national. Il renvoie ainsi l’Etat représenté par le préfet à se référer à l’Ign, un institut de l’Etat.