Desserrement des mesures barrières contre le Covid-19: Les nouvelles exigences de la vie en commun !

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Hier mardi 2 juin, le temps était au dégel quant aux mesures de restriction prises pour freiner la propagation de la maladie à coronavirus. Les transports en commun ont repris du service. Les lieux de culte ont rouvert à la grande satisfaction des fidèles et les bars ont renoué avec la clientèle. Joie et soulagement étaient le plat de résistance de cette journée, même si la menace de la maladie plane encore et oblige à la méfiance.

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Eglise Saint Michel. Plusieurs minutes sont passées après douze heures. Le quatrième culte de cette matinée venait de prendre fin. Dame Symphorose Aguia Daho y a pris part, au même titre que quelques autres fidèles. L’église n’a pas encore renoué avec ses grandes affluences. Pour cette première journée d’ouverture, elle est à demi-pleine. A l’intérieur, le respect de la distanciation sociale est de mise.
Les salutations, accolades et autres échanges de fin de culte n’ont pas eu lieu. Comme
Symphorose Aguia Daho, la plupart des fidèles sont repartis aussitôt après la célébration. Renouer avec l’église est un gros soulagement pour cette mère de famille, enseignante à la retraite qui y était régulière avant la crise du Covid-19. Depuis des semaines, cette habitude a été rangée au placard et ce mardi, dame
Symphorose reprend le chemin de l’église, interrogative et même émotive. Derrière son silence, elle dit chercher des réponses à « ce mal qui a réussi à interrompre les célébrations ecclésiastiques ». Une interrogation de courte durée qui laisse place à « la joie de revoir à nouveau l’église ouverte ». Occasion pour elle de reprendre ses prières quotidiennes pour le succès à l’examen du Baccalauréat de sa dernière-née. « J’implore la Vierge Marie pour elle parce que le succès à cet examen lui permettra de poursuivre ses études à l’étranger et j’y tiens fermement », confie la mère de famille, déroulant son chapelet devant la statue de Notre-Dame de Fatima.
Ce lieu de culte n’est pas le seul à rouvrir ses portes. Bien d’autres dans la ville de Cotonou ont renoué avec les célébrations dès la matinée de ce mardi. Sur cette reprise de la vie ecclésiale, les rares célébrants rencontrés ont préféré l’omerta, sans doute trop occupés à remettre de l’ordre dans le temple du Seigneur.

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Dimanche, on mettra le feu !

Les paroisses catholiques étaient à la mi-journée de ce mardi, quasiment les seules à renouer avec les célébrations. Dans les temples méthodistes sillonnés dans la ville de Cotonou par exemple, « aucune célébration pour l’heure », indique une administrative. « Les premiers cultes n’auront lieu que le dimanche prochain », laisse entendre Ebenezer Faton, membre du comité paroissial d’une église. Ce premier culte ne passera pas inaperçu. « Ce qui est sûr, le culte du dimanche prochain qui sera le premier après la fermeture des églises ne sera pas une célébration ordinaire. On mettra le feu et on doit célébrer la nouvelle vie de l’église », confie-t-il euphorique. La période de la fermeture des églises, selon lui, doit être assimilée à une « traversée de désert » et il faut donc « des actions de grâces », explique-t-il. Mieux, poursuit ce responsable paroissial, tous ceux qui ont été témoins de la fermeture des lieux de culte ne sont plus en vie pour être dans l’ambiance de la réouverture. Un autre motif de célébration, ajoute-t-il. Du côté des églises évangéliques, elles étaient presque toutes fermées encore en cette matinée du mardi. Idem pour les mosquées qui n’affichaient aucune activité encore.

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Timide reprise pour les transports en commun

Tout porte à croire que la grosse pluie qui s’est abattue sur la ville de Cotonou ce mardi matin est la cause de l’absence des passagers au rond point de la place de l’Etoile rouge, lieu habituellement bondé de passagers en partance pour l’intérieur du pays les matins. Mais à écouter les habitués des lieux, notamment les racoleurs et les conducteurs des bus, le Covid-19 a porté un coup dur au secteur. « Beaucoup de voyageurs sont encore sous l’emprise de la peur, surtout qu’il faut passer de longues heures assis durant le trajet », explique Ousmane Amouda, responsable d’une compagnie de transport. Ce premier jour de reprise des activités, sa compagnie n’a enregistré que cinq voyageurs en position départ pour Parakou. «C’est vrai que nous ne pouvons plus charger plein parce qu’il faut respecter la distanciation sociale, mais on ne peut pas rouler sur plus de 400 kilomètres avec cinq personnes », fait-il observer. Deux solutions s’imposaient à lui : retarder l’heure du départ et reverser les voyageurs dans un autre bus ou les confier à une autre compagnie. Au bout d’une heure d’attente, la première solution s’est révélée inopérante, laissant ainsi envisager la seconde. D’ailleurs, la plupart des compagnies de transport ont revu leurs tarifs à la hausse. Deux ou trois mille francs Cfa ont été ajoutés au tarif habituel suivant les destinations et selon les compagnies. Avec soixante places, elles ne peuvent embarquer désormais que 30 passagers, ont-elles expliqué. « Suite aux mesures prises pour éviter la propagation du Covid-19 et en respect de l’observance de la distance de un mètre au moins, nous portons à la connaissance de nos fidèles clients que les transports ont connu une nouvelle tarification », indique dans un message publié sur les réseaux sociaux une des compagnies de transport qui le fait suivre de ses nouveaux prix.

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