Détection automatique des fuites d’eau: Une solution technologique en expérimentation

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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KANONTIN VENCESLAS et KLIKA ANGE

La commune de Sakété va bientôt expérimenter un système automatique de détection de fuites d’eau en adduction d’eau villageoise. L’innovation est l’oeuvre de la start-up Cercle d’Innovation en Informatique et Electronique (C2I) qui a remporté le 1er prix Innovation de l’eau, décerné en cette année, par le Partenariat national de l’eau (Pne).
Cadre de concertation de tous les partenaires impliqués dans le secteur de l’eau, le Pne soutient l’initiative et son implémentation dans la commune de Sakété. Dans un contexte où les pannes liées aux fuites d’eau sont récurrentes et occasionnent souvent de grosses pertes en eau, ce système doit pouvoir aider les techniciens à détecter avec précision et rapidité les fuites. Ils gagneraient ainsi le précieux temps consacré à la recherche de la fuite pour vite s’attaquer à la résolution du problème. Cette solution technologique vient confirmer l’efficacité de la start-up C2I qui a déjà réalisé plusieurs innovations et reçu de nombreux prix au plan national et international. La sirène automatique fut l’une des premières créations de la start-up. L’idée de la sirène automatique est venue du constat que les surveillants dans les écoles doivent appuyer la sirène à tout moment. « Nous avons alors réalisé un système électronique qui se déclenche toute seule, sonne et s’arrête automatiquement. Une fois programmée, elle joue ce rôle tout au long de l’année scolaire. Elle ne sonne pas pendant les congés, les jours fériés et les week-ends, et peut être spécialement déclenchée à distance à partir d’un smartphone », explique Venceslas Kanontin, ingénieur en conception électronique et responsable de la start-up C2I. L’expérience de la sirène automatique a été un véritable déclencheur, une porte ouverte sur d’autres idées.
L’une des plus récentes innovations de C2I, c’est la mise en place d’un système intelligent d’irrigation qui consiste à arroser les champs automatiquement à base d’une application. C’est un système électronique qui permet de donner la quantité d’eau exacte qu’il faut aux plants. Le système a été développé. C’est d’ailleurs sur la base de ce projet que la start-up a été retenue pour participer au projet IncubIma de Sèmè City. Composée d’une équipe jeune et dynamique, C2I est dans l’ingénierie informatique et surtout dans l’innovation. Lancée en 2016, cette start-up travaille sur le développement des applications web et mobiles, la conception électronique, le graphisme et le réseau informatique…La particularité de la start-up, c’est la synergie entre les applications et les équipements pour impacter le monde.

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Un environnement favorable, un parcours élogieux

L’année 2016 sonne comme le début d’une ère de gloire pour les start-up. Jamais des gouvernants n’avaient accordé autant d’attention au numérique. L’environnement devient propice et les concepteurs laissent leur potentiel s’éclore. Après un quinquennat d’existence, les lauriers de la start-up C2I ne se comptent plus. « Il faut avouer que, depuis 2016, nous avons saisi beaucoup d’opportunités grâce à la révolution numérique et technologique soutenue par le gouvernement. La même année, nous avons été primés “Meilleure start-up” par le ministère de l’Economie numérique et de la Communication parce que nous avions développé une application portant sur l’hymne national. Ce qui nous a permis d’avoir un ordinateur. Cela nous a vraiment encouragés, car nous avions commencé sans équipements », relate Venceslas Kanontin.
Revigorée par ses premiers succès, C2I prend son envol et confirme ses performances. En 2017, C2I a postulé pour le projet Préci-Agri et a été primée “Meilleure start-up en Agri challenge”. « C’est ce qui nous a permis de voyager, d’aller à Barcelone, de rencontrer des partenaires techniques et financiers », ajoute Venceslas Kanontin. Les fruits tiennent la promesse des fleurs, la motivation s’en trouve décuplée, les ambitions s’étendent désormais à l’international. C2I se montre à la hauteur et remporte, en 2018, au plan international, le 1er prix d’innovation Africa start-up Tour (Astour) et le 1er prix du salon international des incubateurs et start-up numériques ; puis au plan national, le 1er prix d’innovation en e-agri au Bénin.
Les prix n’ont pas plombé la curiosité et la soif de perfectionnement de la start-up C2I. La jeune entreprise aura l’opportunité en 2020 de profiter de l’une des grosses initiatives du gouvernement dans le secteur de l’innovation : Sèmè City. Sans l’ombre d’une hésitation. Venceslas Kanontin soutient : « Par rapport à ce qui se faisait avant, je pense que les start-up ont vraiment beaucoup plus d’opportunités ». Il salue d’ailleurs la création du ministère du Numérique et de la Digitalisation qui joue un rôle capital dans la promotion des start-up.
Par ailleurs, le manager de la start-up C2I relève deux difficultés majeures. « Nos universités ne forment pas encore assez bien. Quand tu es concepteur et que tu veux faire une réalisation ou que tu as fini de réaliser, pour embaucher d’autres personnes qui puissent reproduire la réalisation, tu es obligé de les former encore », note Venceslas Kanontin. Illustrant le deuxième obstacle que rencontrent les innovateurs, il poursuit : « Nous Béninois et Africains en général, on a en tête que ce que fait le Béninois ou l’Africain n’est pas de bonne qualité. Par contre, quand on entend que le produit vient de l’Occident, on pense que ça doit être un produit de qualité », regrette le Ceo de la start-up C2I.

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