Dialogue de haut niveau « Nourrir l’Afrique » 2021: Renforcer les systèmes agricoles pour la sécurité alimentaire

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Gilbert F. Houngbo, président Fida

« Nourrir l’Afrique : leadership pour intensifier les innovations réussies », c’est le thème d’un dialogue de haut niveau qui réunit, les 29 et 30 avril, des dirigeants africains et du monde. Il est question de renforcer les systèmes alimentaires à travers une agriculture climato-intelligente axée sur la technologie.

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Quelque 246 millions d’Africains se couchent chaque nuit le ventre vide. Ce chiffre montre l’ampleur de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique qui regorge des 60 % des terres arables au monde.
La pandémie de Covid-19 a exacerbé la situation déjà critique du fait des effets pervers du changement climatique, de l’aggravation de la fragilité et de la multiplication des conflits et d’événements comme l’invasion de criquets.
Ainsi se présente la problématique au centre du dialogue de haut niveau « Nourrir l’Afrique» édition 2021 qu’organisent, les 29 et 30 avril par visioconférence, la Banque africaine de développement (Bad) et le Fonds international de développement agricole (Fida), en partenariat avec le Forum pour la recherche agricole en Afrique (Fara) et le Partenariat mondial de recherche pour le développement (Cgiar).
Sous la modération d’Agnes Kalibata, envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies, les échanges entre les chefs d’Etat, les ministres de l’Agriculture, de l’Economie et des Finances du continent et autres responsables d’institutions panafricaines et mondiales, se déroulent autour du thème « Nourrir l’Afrique : leadership pour intensifier les innovations réussies ».

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L’Afrique doit trouver les voies et moyens pour lutter non seulement contre la pandémie de Covid-19 mais aussi et surtout la faim qui fait peser une menace plus grande sur le continent, a souligné Akinwumi A. Adesina, président de la Bad à l’ouverture de l’événement. Pour ce faire, il faut renforcer de toute urgence les systèmes alimentaires dans le cadre des efforts déployés pour surmonter la pandémie et renforcer sa résilience des pays africains, indique-t-il.
Chiffres à l’appui, il souligne que d’énormes efforts ont été fournis mais ils sont loin de combler les attentes. D’où il importe d’adopter des politiques adéquates et une synergie d’actions pour favoriser l’accès au financement, le développement de la recherche agricole et la dissémination des résultats, la créativité des jeunes et des femmes dans l’agriculture et la transformation agro-alimentaire. Le président de la Bad insiste sur le financement et la mise à disposition des technologies d’amélioration des variétés de culture et de transformation agricole au profit des agriculteurs et autres promoteurs de l’agrobusiness.

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Recherche et opportunités

Pour atteindre l’objectif ‘’faim zéro’’ sur le continent, M. Adesina dit compter sur le leadership des hauts dirigeants et un partenariat multilatéral puissant.
L’ancien ministre togolais, Gilbert F. Houngbo, président de la Fida, s’est appesanti sur l’importance et l’apport de la recherche dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, l’accès aux marchés des produits et la réduction des importations. La lutte contre le gaspillage alimentaire sur le continent reste également un cheval de bataille, estime-t-il.

Pour Tony Blair, ancien premier ministre du Royaume-Uni (1997- 2007) et président exécutif de l’Institute for Global Change (Igc), il importe que la technologie africaine encore sous-estimée et sous-exploitée se développe surplace sur le continent, notamment en termes d’irrigation, de fertilisants. La création de bonnes circonstances pour les entreprises qui s’intéressent à ces technologies, le développement des centres de recherche et une meilleure gouvernance du secteur agricole sont aussi nécessaires pour profiter des opportunités, ajoute-t-il.

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Au terme des travaux, des recommandations seront faites en vue d’étendre les activités de recherche, de développement agricole et de transformation, les circuits de financement et les partenariats qui devront favoriser la transformation des systèmes alimentaires africains par la technologie et l’innovation. Cela passe par des engagements politiques au plus haut niveau des dirigeants pour reproduire les modèles de réussite en Afrique et une vision commune pour mobiliser les ressources nécessaires.