Dialogue interreligieux et interculturel: Promouvoir la paix permanente dans le monde à partir du Bénin

Par LANATION,

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13 mai 2008-13 mai 2015, 7ans que disparaissait Bernardin Cardinal Gantin. En cette date anniversaire, mercredi dernier, le professeur Albert Tévoédjrè, ancien médiateur de la République, a annoncé la tenue à Cotonou, du 26 au 28 mai prochain, d’un symposium international sur le dialogue interreligieux. Avec pour leitmotiv «COEXISTER, la clé du dialogue», ce symposium découle du projet «Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel».

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Suivant les têtes de ponts du symposium interreligieux à venir, «le phénomène du terrorisme radical à connotation religieuse a pris une envergure si dévastatrice dans notre monde, que la communauté internationale s’est obligée à adopter des méthodes fortes pour espérer l’endiguer avec des moyens militaires que mettent en place des coalitions de forces d’Etats épris de paix». Mais « lorsque l’on sait que des peuples séparés par l’histoire ou la guerre se sont réconciliés bien des décennies plus tard, cela signifie que la paix est toujours possible. Et le chemin pour y parvenir est celui incontournable du dialogue…» Voilà pourquoi « vivre ensemble pour agir ensemble», est l’objectif ultime visé par le projet. A propos duquel le médiateur émérite Albert Tévoédjrè indique que le choix de la date pour procéder à l’annonce officielle relève d’un bel ordonnancement des choses par la providence, le souvenir de Bernardin Cardinal Gantin, étant célébré; son nom évoquant le service à tous justifie-t-il.

Diango Sissoko, ancien Premier ministre et médiateur malien, associé à cette initiative, porte témoignage de l’engagement permanent d’Albert Tévoédjrè pour la paix, aussi bien au Bénin que dans le monde. Et relève le caractère universel de son idée d’organiser ce symposium qui, assurément, rendra service à l’humanité entière.
Quant au représentant de l’UNESCO, Yed Yao, il fait observer que la plupart des pays de la CEDEAO ont connu des violences de tous ordres au cours des dix dernières années, ce qui est nuisible au développement. Pis, les jeunesses de ces pays ont souvent été détournées de leurs objectifs pour se retrouver dans les conflits. Mais le dialogue interreligieux à promouvoir par ce symposium sera sans doute de nature à inverser la donne, assure-t-il.

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Une initiative pratique

Déjà, Albert Tévoédjrè vante cette idée béninoise de dialogue interreligieux, appréciée par l’ONU dans une résolution du 15 décembre 2014, et portée par l’Union Africaine qui a décidé de l’appuyer. Ce qui en atteste de la dimension mondiale, l’UNESCO ayant par ailleurs décidé de parrainer l’initiative dont les discussions et décisions ne manqueront pas d’impacter le monde entier.
Le monde intéressé d’ailleurs par la démarche novatrice. En témoignent les 200 participants de l’extérieur qui y prennent part, contre les 60 initialement prévus. Mieux, se satisfait Albert Tévoédjrè, toutes les religions ont tenu à être au symposium, signe que ce sera vraiment un dialogue interreligieux inclusif. Précisément, sont attendus à cette rencontre, des représentants d’organismes du Système des Nations Unies, du Saint Siège, de l’Union Africaine et des organisations de la sous-région. De même, des chercheurs, universitaires de grande renommée, intellectuels de haut rang, membres de cercles de philosophie, professionnels des médias, membres d’associations et/ou d’ONG spécialistes de la question en provenance d’Asie, d’Amérique, d’Europe ou d’Afrique, des religieux, des spiritualistes… Autant de participants qui viendront avec des propositions concrètes pour enrichir les débats.
En tout cas, renseignent les organisateurs, l’initiative veut s’appuyer sur le dialogue interreligieux et interculturel pour tisser la paix autour de préoccupations concrètes de développement et de la lutte contre la pauvreté.

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Un manifeste de Cotonou

En clair, l’initiative prise par le Bénin vise à rapprocher davantage les peuples dans le respect de la diversité de leurs croyances et de leurs cultures. Raison de la prise en compte, pour la première fois et pleinement, des religions endogènes et des spiritualités de découverte. Ainsi cette initiative vise à promouvoir les expériences de vie entre chrétiens, musulmans et les adeptes des autres religions. C’est pourquoi elle donnera lieu à un Manifeste de Cotonou pour la tolérance, le dialogue et la rencontre. Ceci dans le but de promouvoir et accomplir entre adeptes des confessions religieuses, des œuvres communes ; sensibiliser les jeunes du continent, région par région, sur les enjeux et défis du vivre ensemble par le dialogue interreligieux et interculturel ; promouvoir une culture opérationnelle de la laïcité ; promouvoir des mécanismes et des mesures de sécurité préventives associant les forces publiques et des groupes citoyens de vigilance sociale…