Difficultés dans le secteur des mines, des carrières et du pétrole: Coopération minière et projets transfrontaliers comme alternatives

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La mise en commun des énergies pour permettre aux pays de tirer profit des expériences respectives

Le Bénin accueille du 19 au 21 juillet, le Salon international des mines, des carrières et du pétrole (Semica). Ce rendez-vous mobilise patrons de multinationales, managers de grands groupes, acteurs des secteurs des mines et du pétrole autour des enjeux et potentialités du sous-sol africain.

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A l’ouverture des travaux du Salon international des mines, des carrières et du pétrole (Semica), Oumarou Idani, ministre en charge des Mines du Burkina Faso, s’est fondé sur la symbolique de la jarre trouée du roi Guézo pour expliquer la pertinence et l’importance d’une telle rencontre pour le développement des pays africains.

Selon lui, chacun de ces pays doit apporter du sien, pour une mise en commun des énergies afin que les pays puissent profiter réciproquement de leurs expériences respectives. Oumarou Idani se plaint de l’inexistence de projets transfrontaliers dans le secteur des mines, mais aussi et surtout du fait que dans les gouvernements, ledit secteur soit logé à la plus mauvaise enseigne alors que les gouvernants espèrent en tirer un grand profit. Le Semica, poursuit-il, devrait être donc le point de départ pour la promotion de solutions novatrices de coopération entre les pays. « Les ambitions ne peuvent se réaliser sans des choix forts », indique-t-il.
Les participants à ce salon, pour la plupart, sont des acteurs des mines, des hydrocarbures et du pétrole, des responsables de multinationales et autres grands groupes s’investissant déjà ou en quête d’investissements.
Philippe Ouédraogo, président du directoire du salon, s’est particulièrement réjoui de la marque de confiance du gouvernement béninois aux organisateurs. Lesquels, s’est-il engagé, promettent de faire en sorte que la destination Bénin soit prisée par les grands groupes.
Dans la même veine, Sam Séidou Adambi, ministre en charge des Mines du Bénin, prône une structuration dans le secteur pour en tirer le meilleur profit. Conscient des limites actuels dans le secteur, il mise, de son côté, sur les réformes pour révéler les trésors miniers des pays. Lesquels, poursuit-il, représentent en valeur le plus grand commerce au monde.

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Les potentialités minières du continent

Le Semica a prévu une série de panels, de communications et d’échanges sur des thématiques liées aux enjeux et objectifs du salon. Un panel de haut niveau sur « les potentialités minières et pétrolières en Afrique » a été animé par Latfallah Layousse, président directeur général de la Nouvelle cimenterie du Bénin S.A (Nocibe). Pour lui, il s’agit d’une problématique dont la complexité et les enjeux qu’elle recouvre sur les plans économique, financier, juridique et social doivent être dûment identifiés, cernés, encadrés avec toute la r igueur nécessaire aussi bien dans la définition des conditions de leur mise en valeur que de la préservation sur le long terme de ces ressources naturelles.
Il faut aussi envisager, suggère Latfallah Layousse, une réactualisation autant du Code minier communautaire que des codes miniers nationaux en tenant compte de l’évolution du secteur, des mutations qui l’affectent, « notamment les dérégulations déstabilisatrices induites par un marché international assujetti aux désordres de la mondialisation, contribuant très souvent au renchérissement des prix de certaines matières premières stratégiques ». L’objectif visé, précise-t-il, c’est de promouvoir un Code minier qui garde son attractivité et son exemplarité et qui, tout en intégrant les préoccupations des Etats et des populations, offre une sécurité juridique et économique inaltérable aux investisseurs. « Le secteur privé n’est pas un adversaire, mais un partenaire et un partenaire de choix. Le poids des inerties de toute nature et des rapports de méfiance doivent être éradiqués et appartenir définitivement au passé », prône-t-il ensuite?

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Nocibe, un modèle de cimenterie écolo

Le stand proposé par la cimenterie Nocibe S.A a fait l’objet d’une attraction de la part des autorités et officielles et présentes lors de la visite. Plusieurs exposants et participants étrangers ont trouvé également un intérêt à cette industrie respectueuse du développement durable dans toutes ses actions.
Elle dispose en effet d’une usine verte, utilisant une technologie de dernière génération et donc respectueuse de l’environnement. Elle procède au tri et au recyclage des déchets et à l’utilisation des déchets biodégradables à l’usine pour la fabrication du compost servant comme engrais organique pour les maraîchers. Dans le même temps, les carrières exploitées sont revitalisées à travers les campagnes de reboisement suivies par son département Qualité. Nocibe S.A fait également montre d’une responsabilisé sociale très forte à travers la satisfaction de certains besoins sociaux communautaires : construction de salles de classe, mise à disposition de médecins et d’ambulance pour des évacuations sanitaires, fourniture d’eau potable à la population, don de ciment à certaines Ong, réfection des pistes de déserte rurale…
Si historiquement, le Bénin a été l’un des premiers pays en Afrique à mettre en œuvre une politique industrielle avec l’installation d’unités de production cimentière dès les années 70, c’est avec Nocibe S.A pour un investissement structurant et innovant de 200 milliards de francs Cfa pour une production de 1,5 million de tonnes, que le Bénin s’est positionné pour la première fois, dans ce domaine, en tant que plateforme de production et d’exportation du secteur cimentier. « Il ne s’agit pas seulement de produire du ciment en assurant désormais l’autosuffisance de ce produit dans l’espace national béninois, mais de veiller tout autant à la qualité du ciment produit, sa conformité aux meilleurs standards internationaux et à son accessibilité », soutiennent les responsables de la société.