Diner-débat de l’AgriFam: Les décideurs politiques mobilisés autour de l’igname

Par LANATION,

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La Plate-forme nationale des organisations paysannes et les producteurs agricoles (PNOPPA) et le projet AgriFam ont initié, jeudi 6 octobre à Cotonou, un diner-débat de plaidoyer pour la promotion de la filière igname. Il était question de sensibiliser les décideurs politiques sur les avantages comparatifs et les contraintes liées au développement de cette spéculation.

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La relance de la production vivrière est un leitmotiv des organisations paysannes. Mais la filière igname intéresse plus particulièrement la Plate-forme des organisations paysannes et de producteurs agricoles (PNOPPA) qui, grâce au soutien du projet AgriFam, a lancé un plaidoyer auprès des décideurs politiques pour sa réorganisation. Autour d’un diner-débat, membres du gouvernement, chercheurs et responsables d’organisations de producteurs ont pris langue pour échanger des vues sur les mesures urgentes à prendre pour faire de l’igname l’une des filières porteuses au Bénin. « L’igname aujourd’hui est très importante dans l’alimentation, il suffit de parcourir les coins de rue de Cotonou pour s’en convaincre », reconnait Delphin Koudandé, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Pour avoir été coordonnateur du projet AgriFam qui accompagne la filière, il soutient que le gouvernement auquel il appartient est bien conscient de la nécessité de soutenir cette culture.

« Nous sommes dans le processus de faire remonter l’igname comme une filière à part entière d’autant que nous sommes aujourd’hui le quatrième producteur mondial », assure-t-il.
Bien que l’igname soit retenue parmi les treize filières du Plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA), cette spéculation reste orpheline de l’accompagnement de l’Etat, fait observer Léopold Lokossou, président de la PNOPPA. Grâce au projet AgriFam, salue-t-il, des efforts ont été déployés pour soutenir des producteurs et mettre en place des outils de valorisation de l’igname. L’enjeu aujourd’hui, soutient le leader paysan, c’est que le gouvernement prenne la balle au bond afin d’aider les producteurs à lever les contraintes liées au développement de cette filière. « Ce que nous voulons, c’est qu’on consomme ce que nous produisons pour nous encourager. Nous voulons être rémunérés à la hauteur des efforts que nous fournissons parce qu’un pays ne peut pas confier son ventre à l’importation », pointe-t-il.

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Soutenir la filière !

Les difficultés actuelles de la filière tiennent notamment aux tracasseries routières, aux problèmes de positionnement sur les marchés, à la baisse de la fertilité des sols, à l’absence de financement. Si la demande en l’igname s’est accrue ces dernières années, Anne Floquet, agroéconomiste, s’inquiète du déclin éventuel de l’offre si rien n’est fait pour accompagner les acteurs. Patrice Adébola, directeur général de l’Institut national de la recherche agricole du Bénin (INRAB) a décliné les actions entreprises par le projet AgriFam dans la commune de Tchaourou, la plus grande commune productrice d’igname du pays. Les notes de politiques établies par les acteurs soutiennent l’urgence d’élaborer des propositions techniques de fertilisation organo-minérale spécifiques aux cultures d’igname, de proposer des variétés performantes et veiller à la qualité sanitaire des semenceaux, et d’intégrer ces technologies dans les programmes d’appui-conseil aux producteurs et autres acteurs. De même, la levée des contraintes liées à l’accès au marché et l’investissement dans les infrastructures de commercialisation pourront aider à mieux positionner l’igname dont la demande ne cesse d’augmenter.
Représentant le chef de l’Etat, le ministre Joseph Djogbénou indique que le devenir de l’igname intéresse le gouvernement parce que cela intéresse la société. « Promouvoir l’igname, c’est renforcer la solidarité nationale, c’est asseoir l’identité nationale. Le gouvernement est disposé à accueillir les préoccupations des acteurs pour porter loin la filière igname », rassure le ministre.
Dans les grandes villes du pays, l’igname et ses dérivés arrivent en troisième position dans les dépenses de consommation des céréales et tubercules, après le riz et le maïs. On l’estime à plus de trois millions de tonnes de production en 2013, faisant passer le Bénin au quatrième rang des producteurs mondiaux, après le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire. La part de l’igname au PIB est de l’ordre de 6% en 2010.