Discours au dévoilement de monuments : «Mettre un terme à une aberration»

Par LANATION,

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Monsieur le président Nicéphore Dieudonné Soglo,
Madame la vice-présidente de la République,
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les présidents des institutions de la République,
Honorables députés,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs, représentant du Corps diplomatique,
Mesdames et messieurs, chers invités,
Madame Claudine Talon, ma chère épouse,
Merci à tous d’honorer de votre présence cette cérémonie de translation des reliques immatérielles de nos héros, du monument aux morts de Plakondji à ici, au Jardin de Mathieu. La présente cérémonie, plus que l’inauguration de ce monument, constitue une étape majeure dans la vie de notre pays parce qu’il s’agit de la translation, du transfert des reliques immatérielles de nos héros, de l’ancien monument aux morts situé à Plakondji à ici, au Jardin de Mathieu, en ce jour.
Mes chers aînés et chers compatriotes,
Pendant plus de 60 ans, nous avons rendu hommage à nos héros à Plakondji, au pied d’un monument érigé par l’envahisseur à la gloire de ses soldats qui ont décimé les nôtres.
En réalité, ce monument aux morts de Plakondji ne nous concerne pas ; il nous a plutôt toujours défiés, a toujours ravivé nos peines et nous n’avons pas à nous consoler de ce qu’il serait aussi celui des combattants de la première et de la deuxième Guerres mondiales.
Il est chronologiquement, surtout et avant tout, le monument dédié aux soldats déployés par l’envahisseur pour soumettre nos ancêtres.
Il date d’avant 1903 ! Je n’ai pas la date exacte de sa construction.
Pendant plus de 60 ans donc, les Chefs d’Etat du Bénin ont, tous les 1ers août, à l’occasion de notre fête nationale commémorative de notre indépendance, déposé une gerbe au pied de ce monument-là dédié aux Français et assimilés, morts pour la gloire de la France.
En réalité, ces gerbes déposées par nos mains ont plutôt célébré et honoré nos bourreaux.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le monument aux morts est, dans la conception Française, assimilé à la sépulture du soldat inconnu.
L’Arc de Triomphe à Paris est un monument à la gloire de la France triomphaliste et de ses soldats morts pour cette cause.
En dessous de l’Arc, à Paris donc, il y a une tombe contenant la dépouille d’un soldat français inconnu, preuve de ce que le monument aux morts français est assimilable au mausolée du soldat français inconnu mort pour la France.
Telle est la symbolique des monuments aux morts français et celui de Plakondji n’y déroge pas.
Chers compatriotes,
Comme il n’est jamais tard pour réparer et que chaque génération a le devoir d’apporter sa contribution à la construction de la maison commune, nous allons en cette année 2022, mettre un terme définitif à une aberration qui n’a que trop duré.

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Désormais c’est ici, en ce lieu empreint de notre histoire politique, au pied de cet obélisque qu’artistiquement le monde entier a emprunté au génie égyptien, que sera déposée chaque 1er août, la gerbe à la mémoire de nos héros.
Nos héros, ce sont nos soldats tombés les armes à la main pour la défense de notre pays. Ce sont aussi ceux d’entre nous, Béninois, qui se sont particulièrement distingués et se sont dévoués à la cause nationale d’une manière ou d’une autre, et qui ne sont plus de ce monde.
Ce monument-ci est le leur, et c’est avec le cœur autrement rempli que je reviendrai ici dans 48 heures pour honorer leur mémoire, déposer la gerbe au nom du peuple béninois tout entier.
N’ayons pas honte de ce que nous avons fait 60 ans durant en allant honorer l’envahisseur, en confusion avec les nôtres. Nous sommes des hommes, c’est persister dans l’erreur qui est une faute. Aujourd’hui c’est réparé et le monument aux morts français restera pour ceux qui ont servi la gloire de la France. Pour les nôtres, ce sera définitivement ici et en tout autre lieu que nous choisirons pour ériger tout monument à leur gloire et à leur honneur.
Je saisis, mes chers compatriotes, avec enthousiasme cette occasion toute particulière pour souhaiter, de ce jardin, Le jardin de Mathieu, bonne fête nationale à tous et prier le ciel de nous accorder davantage de grâces.
Vive le Bénin !
Merci.»

Monsieur le président Nicéphore Dieudonné Soglo,
Madame la vice-présidente de la République,
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les présidents des institutions de la République,
Honorables députés,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs, représentant du Corps diplomatique,
Mesdames et messieurs, chers invités,
Madame Claudine Talon, ma chère épouse,
Merci à tous d’honorer de votre présence cette cérémonie de translation des reliques immatérielles de nos héros, du monument aux morts de Plakondji à ici, au Jardin de Mathieu. La présente cérémonie, plus que l’inauguration de ce monument, constitue une étape majeure dans la vie de notre pays parce qu’il s’agit de la translation, du transfert des reliques immatérielles de nos héros, de l’ancien monument aux morts situé à Plakondji à ici, au Jardin de Mathieu, en ce jour.
Mes chers aînés et chers compatriotes,
Pendant plus de 60 ans, nous avons rendu hommage à nos héros à Plakondji, au pied d’un monument érigé par l’envahisseur à la gloire de ses soldats qui ont décimé les nôtres.
En réalité, ce monument aux morts de Plakondji ne nous concerne pas ; il nous a plutôt toujours défiés, a toujours ravivé nos peines et nous n’avons pas à nous consoler de ce qu’il serait aussi celui des combattants de la première et de la deuxième Guerres mondiales.
Il est chronologiquement, surtout et avant tout, le monument dédié aux soldats déployés par l’envahisseur pour soumettre nos ancêtres.
Il date d’avant 1903 ! Je n’ai pas la date exacte de sa construction.
Pendant plus de 60 ans donc, les Chefs d’Etat du Bénin ont, tous les 1ers août, à l’occasion de notre fête nationale commémorative de notre indépendance, déposé une gerbe au pied de ce monument-là dédié aux Français et assimilés, morts pour la gloire de la France.
En réalité, ces gerbes déposées par nos mains ont plutôt célébré et honoré nos bourreaux.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le monument aux morts est, dans la conception Française, assimilé à la sépulture du soldat inconnu.
L’Arc de Triomphe à Paris est un monument à la gloire de la France triomphaliste et de ses soldats morts pour cette cause.
En dessous de l’Arc, à Paris donc, il y a une tombe contenant la dépouille d’un soldat français inconnu, preuve de ce que le monument aux morts français est assimilable au mausolée du soldat français inconnu mort pour la France.
Telle est la symbolique des monuments aux morts français et celui de Plakondji n’y déroge pas.
Chers compatriotes,
Comme il n’est jamais tard pour réparer et que chaque génération a le devoir d’apporter sa contribution à la construction de la maison commune, nous allons en cette année 2022, mettre un terme définitif à une aberration qui n’a que trop duré.

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Désormais c’est ici, en ce lieu empreint de notre histoire politique, au pied de cet obélisque qu’artistiquement le monde entier a emprunté au génie égyptien, que sera déposée chaque 1er août, la gerbe à la mémoire de nos héros.
Nos héros, ce sont nos soldats tombés les armes à la main pour la défense de notre pays. Ce sont aussi ceux d’entre nous, Béninois, qui se sont particulièrement distingués et se sont dévoués à la cause nationale d’une manière ou d’une autre, et qui ne sont plus de ce monde.
Ce monument-ci est le leur, et c’est avec le cœur autrement rempli que je reviendrai ici dans 48 heures pour honorer leur mémoire, déposer la gerbe au nom du peuple béninois tout entier.
N’ayons pas honte de ce que nous avons fait 60 ans durant en allant honorer l’envahisseur, en confusion avec les nôtres. Nous sommes des hommes, c’est persister dans l’erreur qui est une faute. Aujourd’hui c’est réparé et le monument aux morts français restera pour ceux qui ont servi la gloire de la France. Pour les nôtres, ce sera définitivement ici et en tout autre lieu que nous choisirons pour ériger tout monument à leur gloire et à leur honneur.
Je saisis, mes chers compatriotes, avec enthousiasme cette occasion toute particulière pour souhaiter, de ce jardin, Le jardin de Mathieu, bonne fête nationale à tous et prier le ciel de nous accorder davantage de grâces.
Vive le Bénin !
Merci.»