Djamel Belayachi à propos des Infox : « Le fact-checking est un défi pour tout le monde »

Par Ariel GBAGUIDI,

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Djamel BelayachiDjamel Belayachi

Le monde entier commémore, ce 2 avril 2022, la Journée internationale du fact-checking, un ensemble de pratiques et d’outils de vérification de l’information. Djamel Belayachi, journaliste pour Les Observateurs de France 24, revient ici sur l’enjeu et le défi, aussi bien pour les médias que pour le citoyen.

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La Nation : Quel est l’enjeu autour du fact-checking ?

Djamel Belayachi : A Les Observateurs de France 24 qui est un média participatif, nous menons des enquêtes à partir d’informations qui sont signalées par des citoyens de par le monde. Ils nous envoient des photos et des vidéos, sur lesquelles nous menons des enquêtes. Mais depuis quelques années, nous nous sommes rendu compte que dans le lot des images sur lesquelles ils nous demandaient d’enquêter, il y avait beaucoup d’images sorties de leur contexte et qui sont fausses. C’est ce qui nous a poussés à créer une nouvelle rubrique qui s’appelle « Info Intox », qui est une rubrique de fact-checking. Cette rubrique est devenue un volet important de notre travail.
L’enjeu pour nous, c’est éducatif. On a senti la nécessité d’éduquer surtout les jeunes au média. Aujourd’hui, ce ne sont plus les médias classiques que nous avons connus il y a 20, 30 ans : les chaînes de télévision, les radios et la presse écrite, mais des médias (officieux) sur Internet et sur les réseaux sociaux. Il y a un nombre important de personnes qui postent sur Tweeter, Facebook, WhatsApp. Il y a des gens qui publient aussi sur Instagram et différentes plateformes. Un nombre très important d’images circulent sur les réseaux sociaux, et il arrive souvent que des citoyens consomment ces informations comme si elles étaient vraies. Donc, c’est là que le rôle du journaliste devient primordial pour dire attention, ces médias ne sont pas des organes de presse, des journalistes. Ce sont des informations qui ne sont pas vérifiées. D’où la nécessité d’insister auprès du public, par exemple auprès des lycéens qui utilisent beaucoup les réseaux sociaux, pour leur aspect ludique comme actuellement Tik Tok qui est un média très partagé par les lycéens et étudiants. Il faut donc les sensibiliser à la nécessité de vérifier les images qu’ils reçoivent et de ne pas systématiquement les partager.

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On sait que ce sont surtout les journalistes qui sont engagés dans la lutte, mais en quoi le citoyen peut aussi s’approprier les outils du fact-checking pour réduire la portée d’une fausse information qui circule ?

Je vous donne un exemple concret. Quand nous faisons les sujets pour déconstruire une fausse information, que ça soit dans un article, dans le cadre de notre mission ou d’un sujet vidéo, au-delà du fait de dire attention cette vidéo est fausse, on explique toujours comment nous sommes parvenus à découvrir qu’une information est fausse. Donc, nous donnons toujours des outils. Par exemple, on peut dire : voilà, ici, nous avons utilisé la recherche d’image inversée, et voici comment on effectue une recherche d’image inversée. Parce qu’au final, ce sont des outils qui ne sont pas très compliqués à maîtriser et qui sont en accès libre. Tous les citoyens peuvent se les approprier et les utiliser pour vérifier. Donc, premièrement, on insiste sur le réflexe : ne jamais partager une information si elle n’est pas vérifiée et avérée, et deuxièmement nous montrons comment faire pour vérifier.

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Avec la menace des fausses informations, est-ce que le fact-checking sera à la fois un défi pour les journalistes et les citoyens ?

Oui ! Moi, je dirai que c’est un défi pour tout le monde surtout pour l’avenir parce que malheureusement, les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux peuvent avoir des répercussions dans la vie réelle. Il faut faire attention surtout aux discours de haine, aux fausses informations qui peuvent inciter à la haine contre une communauté religieuse, ethnique, etc. Donc, pour tout ce qu’on sent derrière qu’il y a un discours de haine, il faut faire très attention et vérifier, et ne pas partager.