Dr Yantibossi Kiansi, anthropo-écologue: « Le parc Pendjari est mieux géré aujourd’hui »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Dr Yantibossi Kiansi, anthropo-écologue: « Le parc Pendjari est mieux géré aujourd’hui »

Yantibossi Kiansi

Dr Yantibossi Kiansi, anthropo-écologue, est ancien secrétaire exécutif de l’Union des Associations villageoises de gestion des réserves de faune (U-Avigref). Il apprécie la gestion de la réserve de biosphère de la Pendjari confiée depuis cinq ans à African Park Network (Apn).

LIRE AUSSI:  Présidentielle de 2021: Des acteurs déplorent les violences enregistrées

La Nation : L’accord entre le gouvernement béninois et African Parks Network (Apn) pour la réhabilitation du parc national de la Penjari a suscité des remous en son temps. Qu’en dites-vous après quelques années de mise en œuvre ?

Dr Yantibossi Kiansi : C’est une communication négative des faux nationalistes qui voulaient qu’on continue avec la même méthode de gestion qui ne marchait pas. La loi n° 2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin dit clairement que le plan d’aménagement d’une aire protégée est mis en place par l’administration chargée de la gestion de la faune, mais la mise en œuvre peut être aussi confiée à une personne physique ou morale habilitée à cet effet, notamment à une Ong ou à une association. Ainsi, l’Union des Associations villageoises de gestion des réserves de faune (U-Avigref) aurait pu se voir confier la gestion du parc par exemple. L’essentiel est que cette structure soit capable ou dispose des moyens pour gérer et que le plan d’aménagement soit conforme aux prescriptions du texte portant sa création. Et la loi dit que cette décision de confier à une structure doit être faite sur la base d’un contrat approuvé par décret pris en Conseil des ministres. Ce qui a été fait. African Parks, c’est quand-même une organisation bien connue, qui a l’expérience qu’il faut. Et elle le démontre à travers les résultats.

LIRE AUSSI:  Siège rénové de la Cour constitutionnelle:Le site remis au président Joseph Djogbénou

Peut-on dire que le parc est aujourd’hui mieux géré ?

Oui. Je pense que le parc est mieux géré que par le passé. Le Centre national de gestion des réserves de faune (Cenagref) n’avait pas de moyens. C’est quand il y a projet qu’il fonctionnait. S’il n’y en a pas, on tourne en rond. Ici, on a vu des véhicules garés pendant des mois sans avoir de l’essence. Je me rappelle qu’il y a une fois, nous au niveau des Avigref, on a donné 10 millions F Cfa au Cenagref pour qu’il puisse fonctionner. Jusque-là le Cenagref doit les 10 millions F Cfa à l’U-Avigref. A un moment donné, on avait constaté que cela ne fonctionnait pas alors que nous autres pouvions avoir des partenaires à l’extérieur. A l’heure actuelle, African Parks arrive à mobiliser des ressources pour une meilleure gestion du parc.

Comment Apn travaille-t-elle avec les Avigref ?

Sur la base de partenariat, comme cela a toujours été le cas avec le Cenagref. Les recettes du fonctionnement servent aussi à l’U-Avigref. Et, il n’est pas dit que l’U-Avigref ne peut pas chercher d’autres moyens pour s’auto-gérer.

LIRE AUSSI:  Croissance économique : Les perspectives du Bénin, selon la Bad

Il a été dit que les partenaires, notamment les Allemands, ont abandonné les projets qui étaient en cours. Qu’en est-il exactement ?

Les Allemands ont appuyé le parc, il faut le reconnaître. Ce sont eux qui ont même soutenu la cogestion. Mais à un moment donné, eux-mêmes étaient à court de moyens. Du côté du Cenagref, il y avait une déception parce que la gestion était opaque. On ne voyait pas le Cenagref prendre le lead, mais plutôt un Cenagref budgétivore et qui prend peu d’initiatives.
Avec la Coopération allemande, on a créé la Fondation des Savanes ouest-africaines (Fsoa). On a mobilisé des ressources pour gérer durablement le parc.
Le fonds continue par exister et ne finance pas seulement les parcs au Bénin, mais aussi au Burkina…. C’est parce que les moyens des projets ne devraient pas suffire qu’on a pensé à l’idée de la Fondation. Aujourd’hui, cette fondation continue à financer le parc à travers l’Apn. Le gouvernement mobilise une partie des fonds et les partenaires techniques et financiers apportent aussi des ressources.